
Bien peu de gens savent pourtant que Schnebel, né le 14 mars 1930, a été pasteur, et ce même après l’obtention de son doctorat en musique.
Ses premières compositions, les cours qu’il suit à la Darmstädter Ferienkurse für Neue Musik et ses rencontres personnelles avec Boulez, Messiaen, Nono, Stockhausen, Varèse et Cage l’incite toutefois à se consacrer à la musique. À l’âge de 46 ans, il accepte le poste de professeur de musique expérimentale à la Hochschule der Künste de Berlin, poste créé spécialement pour lui et qu’il conservera jusqu’en 1995.
Dès ses premières compositions dans les années 1950, Schnebel développe des processus ouverts de production du son entre le ton et le bruit, tout en intégrant l’espace dans ses expérimentations. Les pièces conceptuelles qui suivent visent à libérer le matériau, tout en ouvrant de nouvelles voies au-delà du système sériel. Ses premières compositions sonores et vocales ainsi que ses très controversées pièces de musique-théâtre « Maulwerke » et « Körpersprache » en sont des exemples éloquents. Son intérêt pour le caractère figuratif de la musique en fait un pionnier de la composition synesthétique. Dès les années 1980, Schnebel transgresse les frontières entre la musique-théâtre, la performance et la poésie sonore. Que ce soit en tant que compositeur ou théologien, il demeure attaché à la tradition, ce qui ne l’a pas empêché de devenir un pionnier de la musique postmoderne.
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