Theaterlabor Bielefeld : “Body Fragments”
Place: Montreal
Event: With “Body Fragments”, Theaterbor Bielefeld materializes the pictorial universe of the painter Francis Bacon through performance. Co-presented with the Goethe-Institut Toronto.
(…) Certes pas des tableaux vivants, oh non! Plutôt l'univers de Francis Bacon, évoqué, induit, mis en chair. Et en corps d'humanité asphyxiée, tordue, souffrante, violente, bestiale, dissociée. En instinct et en cri. En solitude isolée ou communale et schizoïde. La pulsion par l'effet saisissant, par la substance du moment, en jet expressionniste.
L'univers noir, chancelant, les personnages morcelés de Bacon trouvent écho dans l'univers d'art minimal du Théâtrelabor. Sur scène, quatre praticables (au centre de chaque quart de plateau) rectangulaires de la taille de tables de cuisines. Fond noir. Par jeux de miroir, sur mantra surréel, une évolution ectoplasmique, distordue. Puis la laideur éructante, grimaçante, la corporalisation baconienne sur éclat d'âmes en clair obscur. D'un iconoclaste dantesque. Visages découpés de fils. Vestale trash sur cuvette mobile, en plongée statufiée. Personnages en récurrences verbales hoquetantes, scandées, beckettienne comédie infernale, hagard, prisonniers, perdus. Suspendus, torturés, automutilatoire, maso sur tables-présentoires. Entre autres. Le sang, la haine, la guerre, l'absurde solitude humaine, tout est là.
Comme pour l'oeuvre, l'univers est compact et asphyxiant. Moins d'une heure. Performance complètement atypique : un blende existentiel fécalisé par la vomitoire explosion d'un substantiel univers peint, vient hanter la barque de la réalité dans sa traversée d'un Styx artistique, sans compromis. Hermétique.
Très intéressant, déstabilisant, recherché, mettre sur scène un univers sur toile, brillante idée. Particulièrement accessible pour ceux connaissant l'oeuvre du peintre. À ce titre, il peut être intéressant d'examiner la petite exposition et les quelques bouquins dans le petit café du théâtre. (…)
Event: With “Body Fragments”, Theaterbor Bielefeld materializes the pictorial universe of the painter Francis Bacon through performance. Co-presented with the Goethe-Institut Toronto.
(…) Certes pas des tableaux vivants, oh non! Plutôt l'univers de Francis Bacon, évoqué, induit, mis en chair. Et en corps d'humanité asphyxiée, tordue, souffrante, violente, bestiale, dissociée. En instinct et en cri. En solitude isolée ou communale et schizoïde. La pulsion par l'effet saisissant, par la substance du moment, en jet expressionniste.
L'univers noir, chancelant, les personnages morcelés de Bacon trouvent écho dans l'univers d'art minimal du Théâtrelabor. Sur scène, quatre praticables (au centre de chaque quart de plateau) rectangulaires de la taille de tables de cuisines. Fond noir. Par jeux de miroir, sur mantra surréel, une évolution ectoplasmique, distordue. Puis la laideur éructante, grimaçante, la corporalisation baconienne sur éclat d'âmes en clair obscur. D'un iconoclaste dantesque. Visages découpés de fils. Vestale trash sur cuvette mobile, en plongée statufiée. Personnages en récurrences verbales hoquetantes, scandées, beckettienne comédie infernale, hagard, prisonniers, perdus. Suspendus, torturés, automutilatoire, maso sur tables-présentoires. Entre autres. Le sang, la haine, la guerre, l'absurde solitude humaine, tout est là.
Comme pour l'oeuvre, l'univers est compact et asphyxiant. Moins d'une heure. Performance complètement atypique : un blende existentiel fécalisé par la vomitoire explosion d'un substantiel univers peint, vient hanter la barque de la réalité dans sa traversée d'un Styx artistique, sans compromis. Hermétique.
Très intéressant, déstabilisant, recherché, mettre sur scène un univers sur toile, brillante idée. Particulièrement accessible pour ceux connaissant l'oeuvre du peintre. À ce titre, il peut être intéressant d'examiner la petite exposition et les quelques bouquins dans le petit café du théâtre. (…)
by Yves Rousseau, le Quatrieme, 6 February 2009



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