TO s'éclate
Place: Toronto
Event: Toronto's new image in Quebec
Chaque fois que je pars à Toronto ou que j'en reviens (TO comme on l'appelle, prononcé Ti-oh), j'entends les mêmes commentaires. C'est systématique, obligatoire, comme ce réflexe archaïque qui nous prend lorsqu'on nous cogne sous le genou.
«Toronto? C'est platte»,«Toronto, pourquoi tu vas là?» «Toronto, es-tu obligée?» «Toronto? En week-end? Pauvre toi»
Nul besoin de préciser que les gens qui font ces commentaires ne sont en général, jamais allés à Toronto de leur vie.
Ou y sont allés il y a 20 ans.
(…)
Et si, pendant ce temps, loin du regard des Montréalais qui la snobent ou l'ignorent bêtement, Toronto était en train de devenir une ville aussi vibrante, culturellement parlant, que Montréal? Et peut-être même plus, à certains égards?
Voilà maintenant 15 ans que je vais à Toronto, au moins une fois par année, sinon plus. Au début, c'était pour le travail et j'en profitais pour découvrir la ville. Maintenant, j'y vais en week-end, comme d'autres vont à New York, pour me remplir la tête. Car Toronto est une ville qui allume, dont on revient vitaminé.
(…)
Il n'y a qu'à regarder les listes des activités culturelles dans les journaux, par exemple, pour voir à quel point la scène musicale torontoise, qui nous a donné les Cowboy Junkies, Barenaked Ladies, Broken Social Scene et Feist, est en vie. Et pour constater comment l'univers des arts visuels y est en pleine explosion.
Il n'y a d'ailleurs qu'à magasiner dans Queen Street Ouest - où j'ai découvert Lulu Lemon deux ans avant les Montréalais - pour faire du lèche-vitrine de galeries d'art comme jamais on ne peut le faire ici.
Et même si certains ne jurent que par Yorkville, chic et cher, où l'on se promène entre les boutiques Gucci, Prada et compagnie pour observer, rêver, étudier ce qui se passe, comme à New York, il suffit d'aller dans Arts & Design District pour constater que le commerce de design local et original - vêtements, meubles vintage, jouets, objets de maison, etc., - est en pleine effervescence. (…)
Côté hôtels, les Québécois penseront évidemment au Germain. Mais pour l'expérience torontoise, underground, très cool, très moderne, c'est au Drake ou au Gladstone qu'il faut aller. Ces hôtels d'artistes totalement éclatés, à la fois galeries, bars et studios, n'ont même pas le début d'un équivalent ici à Montréal.
Et pour manger? C'est la fête. Lâchez vos préjugés de steak trop cuit! Multiculturelle comme elle est, Toronto n'a pas le choix que de s'éclater. On le voit au St. Lawrence Market ou dans le quartier de Kensington Market, où vont s'approvisionner les restaurateurs de toutes les origines culturelles. Oui, il y a une vie hors du marché Jean-Talon.
Il y a même des odeurs. Comme celle du café du Bar Italia, rue College, des restos des quartiers chinois, ou des fish and chips de Chippy's préparés par des bums, que l'on grignote en déambulant dans Queen Ouest.
Évidemment, diront plusieurs, Toronto, c'est l'argent. OK. Et puis? L'argent qui permet de faire vivre toutes ces galeries, tous ces très bons restaurants, ces boutiques nouvelles et folles. L'argent qui permet aussi de faire rénover le Royal Ontario Museum, par l'architecte allemand Daniel Liebskind, le Art Gallery of Ontario, par Frank Gehry, et qui permet la construction de la nouvelle maison de ballet et d'opéra, le Four Seasons Center for the Performing Arts, à l'acoustique révolutionnaire.
Platte Toronto?
Event: Toronto's new image in Quebec
Chaque fois que je pars à Toronto ou que j'en reviens (TO comme on l'appelle, prononcé Ti-oh), j'entends les mêmes commentaires. C'est systématique, obligatoire, comme ce réflexe archaïque qui nous prend lorsqu'on nous cogne sous le genou.
«Toronto? C'est platte»,«Toronto, pourquoi tu vas là?» «Toronto, es-tu obligée?» «Toronto? En week-end? Pauvre toi»
Nul besoin de préciser que les gens qui font ces commentaires ne sont en général, jamais allés à Toronto de leur vie.
Ou y sont allés il y a 20 ans.
(…)
Et si, pendant ce temps, loin du regard des Montréalais qui la snobent ou l'ignorent bêtement, Toronto était en train de devenir une ville aussi vibrante, culturellement parlant, que Montréal? Et peut-être même plus, à certains égards?
Voilà maintenant 15 ans que je vais à Toronto, au moins une fois par année, sinon plus. Au début, c'était pour le travail et j'en profitais pour découvrir la ville. Maintenant, j'y vais en week-end, comme d'autres vont à New York, pour me remplir la tête. Car Toronto est une ville qui allume, dont on revient vitaminé.
(…)
Il n'y a qu'à regarder les listes des activités culturelles dans les journaux, par exemple, pour voir à quel point la scène musicale torontoise, qui nous a donné les Cowboy Junkies, Barenaked Ladies, Broken Social Scene et Feist, est en vie. Et pour constater comment l'univers des arts visuels y est en pleine explosion.
Il n'y a d'ailleurs qu'à magasiner dans Queen Street Ouest - où j'ai découvert Lulu Lemon deux ans avant les Montréalais - pour faire du lèche-vitrine de galeries d'art comme jamais on ne peut le faire ici.
Et même si certains ne jurent que par Yorkville, chic et cher, où l'on se promène entre les boutiques Gucci, Prada et compagnie pour observer, rêver, étudier ce qui se passe, comme à New York, il suffit d'aller dans Arts & Design District pour constater que le commerce de design local et original - vêtements, meubles vintage, jouets, objets de maison, etc., - est en pleine effervescence. (…)
Côté hôtels, les Québécois penseront évidemment au Germain. Mais pour l'expérience torontoise, underground, très cool, très moderne, c'est au Drake ou au Gladstone qu'il faut aller. Ces hôtels d'artistes totalement éclatés, à la fois galeries, bars et studios, n'ont même pas le début d'un équivalent ici à Montréal.
Et pour manger? C'est la fête. Lâchez vos préjugés de steak trop cuit! Multiculturelle comme elle est, Toronto n'a pas le choix que de s'éclater. On le voit au St. Lawrence Market ou dans le quartier de Kensington Market, où vont s'approvisionner les restaurateurs de toutes les origines culturelles. Oui, il y a une vie hors du marché Jean-Talon.
Il y a même des odeurs. Comme celle du café du Bar Italia, rue College, des restos des quartiers chinois, ou des fish and chips de Chippy's préparés par des bums, que l'on grignote en déambulant dans Queen Ouest.
Évidemment, diront plusieurs, Toronto, c'est l'argent. OK. Et puis? L'argent qui permet de faire vivre toutes ces galeries, tous ces très bons restaurants, ces boutiques nouvelles et folles. L'argent qui permet aussi de faire rénover le Royal Ontario Museum, par l'architecte allemand Daniel Liebskind, le Art Gallery of Ontario, par Frank Gehry, et qui permet la construction de la nouvelle maison de ballet et d'opéra, le Four Seasons Center for the Performing Arts, à l'acoustique révolutionnaire.
Platte Toronto?
by Marie-Claude Lortie, La Presse, 26 January 2007



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