Leseprobe

Nassera Belloula

(Algerien)

Aus: Mein Land (Auszug)
Übersetzt von Julia Pieper-Beucker



Es war die längste Reise, an die ich mich noch erinnere.

Ich reiste in einer schwarzen Nacht hin zu einem unbekannten Ziel.

Ich sah bald magische, bald verödete Landschaften vorbeiziehen, mal zeichneten sich an einer Wegbiegung gespenstische Hütten am Horizont ab, dann wieder wurden im Unendlichen die Felder von den Schatten eines kaum besternten Himmels verschlungen.

Meine Kinderaugen waren überwältigt von der gewaltigen Weite der unendlichen Landschaften. Ich entdeckte plötzlich die Unermesslichkeit des Universums, und es machte mir Angst. Die Hauptstadt entfernte sich, die Erinnerungen an sie verschwammen schon in meinem Gedächtnis, je weiter das Auto auf dieser länglichen und unendlichen Straße dahinfuhr. Auf der Rückbank des Autos an meine vier Schwestern und meine Mutter gedrängt, erschöpfte ich mich für mich allein in der Stille, die sich auf uns herabgesenkt hatte. Ich schloss die Augen, um mich wie von einer Pilgerfahrt auf meinen kleinen Platz zurückkehren und mit offenen Armen auf meine Freunde zulaufen zu sehen.

Ihre kleinen, doch so vertrauten Gesichter verblassten schon in meiner Erinnerung, und bald gelang es mir nicht mehr, ihre jugendlichen Züge zu unterscheiden. Als hätte mich das Schicksal vor einer weiteren Zerreißprobe bewahren wollen, denn damals wusste ich noch nicht, dass ich meine Freunde niemals wiedersehen würde.


Pays mien (extrait)


C'était le plus long voyage dont je me souviens encore. J'allais, par une nuit noire, vers une destination inconnue. Je voyais défiler des paysages tantôt magiques, tantôt désertiques, parfois au détour d'un chemin, des maisonnettes fantômatiques se profilaient à l'horizon et, parfois, dans l'infini, des prairies s'engloutissaient par les ombres d'un ciel à peine étoilé.

Mes yeux d'enfant étaient ébaubis par l'immensité des paysages infinis. Je découvris soudain que l'univers était si immense, et celà m'effrayait. La capitale s'éloignait, ses souvenirs s'estompaient déjà dans ma mémoire au fur et à mesure que la voiture filait sur cette route longiligne et interminable. Serrée contre mes quatre sœurs et ma mère à l'arrière de la voiture, je me consumais à part, dans le silence qui s'était abattu sur nous. Je fermais les yeux pour me voir revenir comme d'un pèlerinage vers ma placette, courant les bras ouverts vers mes amis.

Leurs petits visages pourtant si familiers s'effaçaient déjà de ma mémoire, et bientôt je n'arrivais plus à distinguer leurs traits juvéniles. Comme si le destin voulait me préserver d'un nouveau déchirement, car à cet instant-là, je ne savais pas encore que jamais plus, je ne reverrais mes amis.

 

 Andere Autoren aus Algerien