
Verena Stefan
Fremdschläfer. Roman
Ammann, 2007
220 pages
(Domaine suisse)
Plus de trente ans après son grand succès, "Häutungen", Mues (Editions des femmes), - devenu la bible du féminisme des pays de langue allemande - Verena Stefan est de retour, avec la même fraîcheur et une sensibilité hors du commun.
L'écrivain; qui avait jadis exploré une écriture féminine, nous emmène à l'étranger pour découvrir l'inconnu, le corps étranger, même dans son propre corps. Celle pour qui "l'immigrante n'est ni voyageur ni hôte, et dont le corps en garde la trace" fait en même temps connaissance de l'étranger , c'est-à-dire le Canada, plus exactement le Québec, et l'étranger dans son propre corps, c'est-à-dire le cancer. Cette double expérience, lié à un affaiblissement et donc une plus grande vulnérabilité, ainsi que l'amour pour une femme sont au centre de ce livre d'une grande force poétique. Verena Stefan possède l'art de faire surgir, en quelques phrases, une ambiance très dense. Des mots glanés, dans la langue originale du Québec, en français et en anglais, des sons, des parfums, des couleurs et ambiances au fil des saisons, est campé un décor plein de justesse et de sensualité. Il en va de même pour la Suisse. Berne, la ville natale apparaît sous un éclairage étonnant. L'histoire du père, étranger lui aussi, revient au fil des pérégrinations pour mener à la question de toute une vie : comment être l'enfant de quelqu'un qui n'existe pas ?


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