
Der Tod ist ein Postmann mit Hut
Klöpfer & Meyer, 2009
204 pages
(Alexia Valembois)
La mort est un facteur avec chapeau
Julio Rampf, guitariste quadragénaire vraisemblablement doué mais qui se définit lui-même comme un raté, survit péniblement en composant des arrangements musicaux pour des chaînes de restauration asiatiques ; il a plusieurs CD du genre à son palmarès, par exemple « Achtzehn Kostbarkeiten » (18 trésors de la musique) ou encore « Glück für die ganze Familie » (bonheur en famille). Allemand, il vit depuis plusieurs années à Innsbruck, en Autriche, où il a suivi sa compagne d'alors, Inès, dont il est à présent séparé. Sans amis, ni famille (sa mère est décédée et son père s'est suicidé sans raison apparente alors que lui-même n'était encore qu'adolescent) il mène une vie monotone et sans but. Jusqu'au jour où il commence à recevoir, chaque premier mercredi du mois, une lettre recommandée sans aucune indication concernant l'expéditeur et contenant invariablement une simple feuille blanche. Julio Rampf tente de démasquer ce mystérieux expéditeur en enquêtant sur les deux ou trois personnes de son entourage susceptibles de lui en vouloir. Mais faute d'élément, cette partie de "cluedo" tourne court. Il s'adresse alors à la police, incompétente dans ce type d'affaire dépourvue de menace ou d'agression, qui lui conseille de prendre l'avis de Koloman Steinbichler, policier retraité connu pour se passionner pour les affaires non élucidées. Steinbichler décide d'aider Julio Rampf pour mettre un peu d'animation dans son quotidien. Entre les deux hommes se noue peu à peu une amitié et la résolution des affaires (celle des lettres recommandées mais aussi la dernière affaire non élucidée sur laquelle Steinbichler a terminé sa carrière (une seconde histoire dans l'histoire) passe progressivement au second plan. L'histoire, amorcée comme un véritable polar, prend alors des allures de quête existentialiste. Quand Julio Rampf comprend que le fait d'attendre chaque mois la visite du facteur qui lui remettra sa mystérieuse lettre recommandée lui procure finalement une raison de vivre, toutes les questions qui ont été soulevées apparaissent finalement plus importantes que la réponse éventuelle qu'il pourrait trouver.
Coup de Cœur:
Pour conclure, il s'agit donc, contre toute attente, non pas d'un polar, mais d'un roman sur la solitude et la difficulté de vivre dans notre société moderne individualiste ; un roman surprenant qualifié à juste titre de «Seelenkrimi»


Biographie





