
Non, ce n’est pas une erreur de composition : -ky, pseudonyme plus qu’abrégeant pour le Dr. Horst Bosetzky, sociologue et écrivain berlinois, est bien le nom de plume choisi par l’un des auteurs les plus prolixes du polar allemand. Plus de 35 romans policiers depuis 1971, à peu près le même nombre, sous divers autres pseudonymes, de romans-feuilletons et romans tout court, dont un dictionnaire de « ce qu’il faut vraiment savoir » sur Berlin. Ajoutons quelques livres de sociologie au titre aussi sexy que Notes de jeunes fonctionnaires sur leurs expériences regrettables dans l’administration municipale de Berlin, et l’on aura un portrait en livres de l’homme qui se cache derrière ce pseudo en deux lettres et un tiret. D’ailleurs, -ky écrit comme il vit, mêle longue pratique de la réalité berlinoise à ses connaissances littéraires, son goût du mystère (on le retrouve çà et là dans ses romans, tel Hitchcock, sous son pseudonyme ou sous son nom d’état civil) et celui de l’étude de terrain. Dans Pour le roi de Prusse, par exemple, -ky raconte l’histoire d’un commissaire réfugié dans une cabane à poules de la banlieue berlinoise, puis expédié, par métempsycose, à la cour de Frédéric le Grand. Dans Robin des Bois est mort, il nous emmène de nouveau dans le milieu berlinois, pour nous plonger dans les affres du terrorisme, dont il retourne les mécanismes avec la joie du sociologue pratiquant – « La grande aventure de notre vie était derrière nous », fait-il dire à l’un de ses héros repentis : « Elle avait fait de nous des êtres d’exception. » L’humour grinçant de -ky rythme ses romans ; aussi cassant qu’imaginatif, -ky ne perd pourtant jamais de vue la réalité politique et sociale de son pays.







