
© Regine Mosimann
Dans Minnie, Kettenbach joue avec les possibilités : ce représentant de commerce allemand aux États-Unis embarque dans sa voiture une jeune fille noire, crasseuse, paumée. S’en débarrasse. La retrouve sur son chemin, la chasse, la rattrape. Est-ce une gamine perdue ou une criminelle ? Qui a besoin de qui ? Qui est le riche, qui est la pauvre ? Dans ce road roman à l’américaine, Kettenbach montre qu’il manie tous les genres. Il s’essaie d’ailleurs encore à une autre spécialité, le polar à énigmes, avec Verglas noir. Dans ce roman-ci, c’est un pauvre sexagénaire opprimé tant par son épouse que par son patron qui est en proie au doute : la riche héritière qui détient son entreprise a-t-elle vraiment glissé sur une plaque de verglas, ou bien sa mort n’avait-elle rien de naturel ? Là encore, Kettenbach manie admirablement les différentes facettes de ses personnages, sème le doute, le rire, et provoque quelques grincements de dents : l’homme européen d’âge mûr ne sort indemne d’aucun de ses livres…
(Olivier Mannoni)







