Schenkel, Andrea Maria

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Le parcours d’Andrea Maria Schenkel, née le 21 mars 1962 à Ratisbonne, tient de la « success story » chère à ses collègues américains : son premier livre, La ferme du crime, publié en 2006 (avec un tirage minimal !), est devenu le best-seller de l’année. Il a cumulé les prix littéraires (dont le fameux « Deutscher Krimi Preis » en 2007), a été adapté au théâtre, a été traduit dans une vingtaine de langues et doit faire l’objet d’un film à venir. L’histoire ne s’arrête pas là car le deuxième, Un tueur à Munich : Joseph Kalteis (2007), s’enligne pour suivre le même chemin (à un moment les deux romans occupaient les deux premières places des listes des meilleures ventes de romans en Allemagne, La ferme du crime s’étant vendu à plus de 300 000 exemplaires et Un tueur à Munich : Joseph Kalteis à plus de 150 000).

« Mais de quoi parle-t-elle pour susciter un tel engouement ? », vous direz-vous. Et bien Andrea Maria Schenkel se base sur des faits divers des années 1920 et 30 pour construire des romans polyphoniques. Dans La ferme du crime c’est une famille assassinée dans un hameau bavarois (l’auteur déplace juste les faits dans les années 1950) et dans Un tueur à Munich : Joseph Kalteis c’est l'histoire d'un tueur en série à Munich dans les années 1930. A chaque fois, l’auteur tourne habilement autour des faits, multipliant les protagonistes et les voix narratives, ancrant ses fictions dans le contexte socio-historique de l’époque, ce qui donne une certaine densité à ses livres qu’on pourrait qualifier de « romans-reportages ». Même si son troisième polar Bunker – sorti au printemps 2009 – n’est pas tiré d’un fait divers, l’auteur y garde une narration multiple et y explore une fois de plus les gouffres de l’âme humaine… on ne se refait pas.
(Christophe Dupuis)