A propos du projet "La langue allemande - porte d'accès à l'emploi"

« Il faut une meilleure coordination entre la formation et le marché de l’emploi »

Mejdi BekriLa langue allemande – porte d‘accès à l’emploi
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Comment avez vous eu l’idée de ce projet ? Comment la langue allemande peut-elle aider à trouver un emploi ? Comment pourrait-on, de manière générale, améliorer la situation sur le marché de l’emploi en Tunisie ? Nous avons rencontré les organisateurs Véronique Chavane (responsable pour le programme « Pacte pour l’emploi en Tunisie » chez Sequa), Aicha Jaidi (responsable de projet RH à l’AHK), Michael Reiter (chef de projet au Goethe-Institut) et Christiane Bohrer (directrice du Goethe-Institut Tunis) dans les locaux du Goethe-Institut à Tunis pour dresser un premier bilan.


Le projet « La langue allemande - porte d’accès à l’emploi » fait partie du Pacte pour l’emploi : Quels sont les idées et les objectifs du Pacte pour l’emploi ?

Chavane : Après la révolution tunisienne début 2011, le gouvernement allemand a réagi très vite et décidé de soutenir la Tunisie dans son processus de transformation. Avec des fonds octroyés pour les années 2012 et 2013, différents projets devraient être réalisés notamment dans la promotion de l’emploi et de la formation professionnelle. La Sequa a été chargée avec l’élaboration d’un projet et nous avons cherché des partenaires allemands avec une expérience dans la formation professionnelle et la promotion de l’emploi avec l’idée de créer des liens de partenariat entre les institutions de formation tunisiennes et allemandes. C’est ainsi que nous avons conçu le Pacte pour l’emploi qui réunit quatre projets différents pilotés par des organisations allemandes.
Bohrer : Le projet « La langue allemande - porte d’accès à l’emploi » s’inscrit dans le Partenariat pour la transformation entre l’Allemagne et la Tunisie même s’il a existé avant le partenariat. Tout de suite après la révolution nous avons constaté que la Tunisie avait besoin de créer des emplois pour les jeunes diplômés universitaires et nous – l’AHK et le Goethe-Institut - avons commencé de réfléchir ensemble sur notre engagement. A ce propos, il faut surtout souligner le rôle majeur de la gérante de l’AHK Mme Ossenbrink et mon prédécesseur Mme Junghänel qui au courant de l’année 2011 ont développé l’idée et conçu et organisé le projet « La langue allemande - porte d’accès à l’emploi ». Bien sûr, nous étions très contents de la création du Pacte pour l’emploi et du fait que notre projet a pu être intégré dans ce pacte.

La base commune de tous les projets du Pacte pour l’emploi est l’amélioration de la situation professionnelle des diplômés en Tunisie. De manière générale, comment jugez-vous la situation sur le marché de l’emploi en Tunisie ?

Chavane : En Tunisie, le taux de chômage des jeunes est très élevé. En moyenne, on parle d’un taux de 35% pour les 18 à 35 ans, dans les régions défavorisées ce taux peut même atteindre les 50%.
Bohrer : Pour les diplômes de l’enseignement supérieur le taux est de 45%.
Chavane : Il y a beaucoup de jeunes qui ont un diplôme mais qui ne trouvent pas d’emplois, d’abord parce qu’ils n’ont pas les profils demandés pour les postes vacants et puis parce que les universités produisent beaucoup de diplômés dans des filières dont le marché n’a pas besoin. C’est ce déséquilibre entre la formation et le marché qu’il faut garder à l’esprit.

Comment avez-vous eu l’idée de « La langue allemande - porte d’accès à l’emploi » ?

Bohrer : Le projet est basé sur un constat : d’un côte, le taux de chômage chez les diplômés universitaires et de l’autre, une forte demande de la part des entreprises allemandes ou en relation avec l’Allemagne en Tunisie pour des personnes compétentes. Notre idée était de créer une plus value en permettant à ces diplômés bien formés d’apprendre l’allemand pour leur faciliter l’accès à ces entreprises.
Reiter : Certes, l’allemand est enseigné dans des écoles tunisiennes, malheureusement la qualité de cet enseignement laisse parfois désirer, de sorte que même des jeunes qui ont fait deux ou trois ans d’allemand, n’ont souvent que des connaissances très basiques. En même temps, de nombreuses entreprises, notamment les équipementiers automobiles et le secteur des technologies de l’information, cherchent des professionnels compétents avec les qualifications adéquates. Les entretiens menés avec les entreprises nous ont appris qu’ils favorisent l’allemand avant l’anglais ou le français parce qu’elles coopèrent étroitement avec l’Allemagne. Par conséquent, un jeune diplômé bien formé qui en outre maîtrise la langue allemande a de bonnes chances de trouver un travail dans une entreprise allemande en Tunisie.
Chavane : La coopération avec les entreprises est un élément clé dans les quatre projets du Pacte pour l’emploi. En Tunisie, la formation professionnelle et l’éducation ont été trop longtemps gérés par l’Etat qui n’a pas su adapter l’offre aux besoins du marché. Face à cet énorme écart entre l’offre et la demande, nous avons pris les besoins des entreprises comme point de départ de notre réflexion. Bien évidemment, il est plus difficile d’identifier et de mobiliser les entreprises du privé mais, à mon avis, c’est le seul moyen pour lutter durablement contre le chômage.

Qu’elles sont ces entreprises, ici en Tunisie ?

Jaidi : L’AHK dispose d’un grand réseau de 560 entreprises membres en Tunisie, des entreprises allemandes mais également des entreprises tunisiennes en contact étroit avec l’Allemagne. Les entreprises allemandes s’intéressent beaucoup à ce projet car elles ont besoin, notamment au niveau du management, de personnes qui maîtrisent l’allemand pour pouvoir communiquer avec la maison-mère et garantir ainsi le transfert du savoir.
Bohrer : Nous cherchons des entreprises qui veulent embaucher. Le leitmotiv du projet, c’est les besoins des entreprises. De quelle main d’œuvre qualifiée les entreprises installées en Tunisie ont-elles besoin ? S’il s’agit d’une entreprise qui produit des pièces auto, elle n’a pas besoin d’un chimiste agroalimentaire mais des ingénieurs pour la production, le management et l’administration ! Les profils très demandés sont ceux en relation avec la mécanique, la mécatronique et l’ingénierie et dans le domaine des technologies de l’information – la demande existe !

Sans coopération avec les institutions locales, ces projets sont peu durables. Comment partagez-vous les tâches ? Qui sont vos partenaires du côté tunisien ?

Reiter : Le projet est piloté par le GI et l’AHK. Une coopération très étroite avec les entreprises pendant toute la durée du projet – de la sélection jusqu’à la fin du cours – est capitale ; cette partie est assurée par l’AHK. Elle est en contact avec les entreprises, c’est la compétence de l’AHK – elle s’occupe de l’analyse des besoins, organise le placement des participants et le coaching.
Le Goethe-Institut est responsable de l’organisation de l’ensemble du projet et notamment des cours de langue, autrement dit de la conception et de la mise en place des cours mais également de l’identification des participants.
Chavane : Nous travaillons en collaboration avec le Ministère de la formation professionnelle et de l’emploi (MFPE) et, à travers ce ministère, avec des institutions telles que l’ANETI, l‘ATFP, le CENAFFIF et le CNFCPP. L'ANETI nous aide dans l’identification des candidats et l‘AFTP, l‘Agence tunisienne pour la formation professionnelle, nous soutient dans la recherche des locaux.

Comment avez-vous procédé pour organiser les cours ?

Reiter : Dans le cadre d’un projet pilote nous avons fait certaines expériences que nous avons évaluées et en fonction desquelles nous avons réadapté le projet.
Un cycle de cours passe par plusieurs phases. Au début, il y a l’analyse des besoins auprès des entreprises. Ensuite, il faut identifier les candidats appropriés. L’expérience nous a montré qu’il est très important d’intégrer les entreprises, dès le début, dans ce processus pour que, une fois le cours terminé, les candidats puissent effectivement trouver un emploi. Le troisième point concerne la mise en œuvre des cours de langue et le quatrième le placement et le coaching.

Comment avez-vous organisé la procédure de candidature ?

Reiter : Les candidats ont du télécharger les formulaires de candidature, c’était le premier petit obstacle qui nous a permis d’avoir des personnes motivées comme candidats. Cet aspect n’est pas uniquement important pour les entreprises qui cherchent des collaborateurs motivés : il faut aussi une très grande motivation pour suivre un cours pendant 6 mois et apprendre une langue complètement nouvelle. Le cours a lieu tous les jours pendant 4 à 5 heures, cela exige une grande concentration qui ne laisse pas beaucoup de temps pour autre chose. La question de l’auto-motivation a été abordée dans le formulaire de candidature. Ainsi avons-nous demandé comment certaines compétences ont été acquises au lieu de demander simplement si le candidat disposait de ces compétences.

Quelle était l’acceptation du cours ?

Reiter : Le 25 juin 2012 nous avons lancé deux cours avec 20 participants chacun, un à Tunis et un autre à Sousse, la région avec la plus forte demande côté entreprises. La participation a été mise en concours, entre autre sur le site web de l’ANETI, nous savons reçu environ 500 candidatures.

Comment avez-vous sélectionné les candidats ?

Reiter : Parmi les 500 candidats, seuls 200 ont rempli les critères formels, autrement dit : ils ont rempli le formulaire de candidature, nous l’ont envoyé et joint leur diplôme et les différents documents universitaires demandés. Nous avons fait une comparaison sur la base d’un système à points. Après cette première évaluation, les 120 meilleurs candidats ont été invités à un entretien qui nous a permis de nous faire une idée personnelle des candidats. Environ 90 personnes se sont présentées à cet entretien. Après une phase de sélection intensive, les profils des personnes retenues ont été envoyés aux entreprises participantes. Par la suite, nous avons organisé une bourse de l’emploi à Tunis et à Sousse pour permettre aux représentants des entreprises de rencontrer les candidats dont le profil avait attiré leur attention. Finalement, l’opinion des entreprises sur les candidats a été décisive dans la composition du cours.

Quel était l’engagement des entreprises ?

Reiter : Il nous fallait des entreprises qui s’engagent, car nous ne voulions pas former des candidats qui ensuite ne trouveraient pas d’emploi. Nous voulions que les entreprises s’engagent moralement avant le début du cours à embaucher les candidats qu’elles avaient choisis. A cette fin, nous avons développé une déclaration d’intention.

Est-ce qu’il y a déjà des participants qui ont trouvé un travail grâce à ce cours ?

Jaidi: Nous avons organisé des rencontres avec les représentants des entreprises et les participants au cours desquelles les entreprises ont eu l’occasion de se présenter. Nous avons également réalisé des visites dans les entreprises. Pour les cours lancés en juin 2012, onze participants ont déjà eu l’occasion de faire un stage de demi-journée dans les entreprises. Pour nous, c’est un développement positif, notamment par rapport à un possible recrutement à la fin du cours.
Reiter : Bien entendu, nous ne pouvons pas donner des instructions aux entreprises. Les entreprises négocient les différents modèles contractuels avec les candidats et nous ne pouvons pas influencer le type de contrat qui est signé. 50% des participants ont déjà reçu une déclaration d’intention et sont en contact étroit avec l’entreprise, pour tous les autres nous cherchons toujours des placements. A la fin des cours, une deuxième bourse de l’emploi sera organisée.

Quels sont les compétences que les entreprises demandent des participants ? Quels sont les critères qui facilitent l’embauche à la fin du cours ?

Jaidi : Il s’agit en premier lieu des compétences techniques. Les participants doivent être bons dans leurs domaines respectifs, mais la compétence sociale joue également un rôle important. De nombreux responsables HR nous ont confirmé que depuis la révolution la compétence sociale joue un rôle plus important. Avant, c’était surtout la compétence technique qui comptait. Aujourd’hui, les entreprises veulent des managers qui savent communiquer avec le personnel à tous les niveaux et sont capables de travailler en équipe. Nous avons donc décidé d’intégrer les soft skills dans le coaching. Beaucoup de jeunes ne savent pas comment se présenter. Ces choses ne sont pas enseignées à la fac.
Toutefois, ce sont les entreprises qui décident si elles veulent embaucher un candidat.

Vous semblez tous assez contents et agréablement surpris par le déroulement du cours – quand est-il de la motivation des participants au fil du projet ?

Reiter : C’est un grand travail que de motiver les participants dans la durée. Six mois, c’est une longue période ! Le Goethe-Institut travaille avec des professionnels très bien formés soutenus par le département de langue dans le cadre du co-teaching – tant au niveau professionnel que par rapport aux techniques.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?

Bohrer : Ni les entreprises ni les candidats ne sont des entités stables, bien ancrés dans la terre. Les candidats cherchent du travail. S’ils trouvent un emploi pendant les six mois de cours, ils risquent d’interrompre leur cours. Il se peut également qu’un candidat a de grandes compétences techniques, est très motivé, a déjà une déclaration d’intention d’une entreprise en poche mais ne réussit pas à l’examen …
Ceci dit, les participants qui ne réussissent pas à l’examen sont rares mais cela peut arriver. Et les entreprises embauchent en continue et si leurs besoins sont couverts avant la fin du cours, le candidat ne sera pas retenu !
Et puis, il y a les attentes non réalisées des deux côtés ! Il se peut, en effet, qu’une entreprise considère qu’un candidat soit bien adapté à l’entreprise, qu’il réussit à l’examen et qu’il est embauché. Puis, il s’avère que cela ne marche pas – dans ce cas, nous avons essayé. Les participants ont parfois des attentes qui ne peuvent pas toujours être satisfaites.

Par rapport à l’anglais, le russe et le chinois, quels sont les avantages de l’apprentissage de l’allemand ?

Bohrer : Les relations économiques entre l’Allemagne et la Tunisie sont toujours relativement bonnes. Entre 200 et 300 entreprises allemandes travaillent en Tunisie et l’AHK essaie constamment de mobiliser les entreprises en Allemagne à s’engager en Tunisie, à s’y installer. Grâce à ces relations économiques, la demande pour des personnes maîtrisant l’allemand dans le milieu des affaires en Tunisie est assez élevée.
En même temps, l’Allemagne a besoin d’une main d’œuvre qualifiée étrangère, notamment dans le domaine de l’ingénierie, de la médecine mais aussi dans d’autres secteurs. Un médecin qui veut réussir sa vie professionnelle en Allemagne a plus de chances s’il a fait un séjour à l’étranger – la même chose doit être vraie pour la Tunisie. Un médecin tunisien ou une infirmière qui ont travaillé quelques années dans un pays dans lequel leur profession est respectée et qui leur permet de parfaire leurs connaissances – et l’Allemagne a de nombreux atouts à offrir dans ce domaine – a de meilleures chances pour trouver un emploi en Tunisie. Avoir des connaissances d’allemand peut être un avantage professionnel. En fait, le mieux c’est d’apprendre l’allemand et l’anglais.
Chavane : Maîtriser l’allemand est en tout cas un plus ! L’Allemagne manque de main d’œuvre qualifiée. Le gouvernement allemand a mis en place un programme pour l'encouragement de la migration circulaire. Ce programme est destiné à diminuer à court terme le manque de main d’œuvre qualifiée en offrant à la main d’œuvre étrangères disposant des compétences requises des contrats de travail à durée limitée en Allemagne. Actuellement, le BMZ étudie aussi la région MENA pour identifier les pays et les secteurs offrant des fortes compétences. Toute personne bien formée dans un des domaines recherchés qui a déjà des connaissances de langue est plus rapidement opérationnelle et a plus de chances à trouver un emploi en Allemagne.

Quels sont les enseignements que vous avez tirés de ce projet ?

Bohrer : Tout d’abord il faut une meilleure coordination entre la formation et le marché de l’emploi qui concerne tous les secteurs. Prenons l’exemple du tourisme : le tourisme est un secteur d’activité important en Tunisie et j’espère qu’il le restera. Il est presque impensable de travailler dans le tourisme sans parler des langues étrangères. Il est donc d’autant plus étonnant que les programmes des écoles de tourisme n’en tiennent pas suffisamment compte. Les touristes allemands, russes, bref, tous les touristes ne parlant pas la langue du pays, s’attendent à un service dans leur langue – et non seulement au niveau du management. Même au bar d’un hôtel on a besoin de connaissances de langue. Il semble donc tout à fait judicieux que les écoles de tourisme incluent davantage ces connaissances dans leurs programmes. Idem pour d’autres secteurs économiques ! De manière générale, l’apprentissage des langues étrangères est un point important.

Quelles conséquences tirez-vous des expériences acquises dans ce projet ?

Reiter : Bien sûr, les soft skills s’apprennent, mais les bases pour la discipline au travail sont acquises au sein de la famille. Notre projet n’a qu’un effet ponctuel. Nous développons un concept de coaching, nous abordons certains sujets au cours d’un séminaire pendant un week-end. Les participants sont encouragés à formuler leurs objectifs personnels et professionnels, à écrire des lettres de motivation et des CV, de se présenter lors d’un entretien d’embauche, mais il s’agit aussi de soft skills tels que les techniques de communication, la discipline de la gestion du temps. Il s’agit de grands thèmes que l’on ne peut pas aborder en détail. Nous invitons également des représentants d’entreprise à parler de leurs entreprises mais malgré tout, nos possibilités dans le cadre du projet restent limitées.
Bohrer : Les défaillances que nous avons découvert dans le cadre du projet, indiquent la nécessité d’une réforme de l’enseignement. Cette réforme s’impose aussi pour mieux adapter la formation et le système éducatif au marché de l’emploi. Toutefois, pour habiliter les diplômés, indépendamment de la demande actuelle du marché pour certaines professions, à réussir leur entrée sur le marché du travail, ils ont besoin de certaines compétences sociales qu’il faudrait inclure dans les programmes d’études. Qu’un étudiant veut devenir ingénieur, enseignant ou secrétaire, dans tous les domaines il faut repenser les contenus des programmes pour que les études ne se résument pas en un exercice de style, mais deviennent le début de quelque chose d’utile. Il ne suffit pas d’acquérir des connaissances techniques dans sa spécialité, il faut aussi savoir comment les mettre en pratique concrètement dans une entreprise ou comment les utiliser en tant qu’indépendant.
Jaidi : Les entreprises et les universités doivent travailler davantage ensemble. Les universités pourraient proposer des formations dans l’enceinte de l’université pour préparer les candidats à la vie professionnelle, pour que toutes ces techniques et toutes ces connaissances s’intègrent naturellement dans les études.

Le partenariat pour la transformation prend fin en 2014. Qu’est-ce qui se passe après le cours ? Est-ce que vous avez prévu une suite ?

Chavane : Les gouvernements allemand et tunisien réfléchissent ensemble sur le suivi de ce projet pour transformer une mesure à court terme en un projet structurel. Il est encore trop tôt pour parler concrètement des projets futurs mais je pense que les deux partenaires sont très contents du projet et vont réfléchir ensemble sur les prochaines étapes. Nous voudrions bien entendu que l’on continue et que le succès du projet motive les participants tunisiens à dire : « C’est aussi notre enfant et nous voulons continuer », par exemple du côté de l’ATFP qui pourra intégrer l’enseignement des langues étrangères dans la formation professionnelle.
Jaidi: Evidemment, il serait souhaitable de pouvoir continuer et renforcer cette initiative pour produire un effet durable dans le domaine de la formation continue. L’AHK est également active dans d’autres projets, notamment dans le projet de la GIZ « Formation: Portail d'accès et d'amélioration de l'emploi ».
Bohrer : Aider quelques personnes à trouver un emploi n’est qu’une goûte dans la mer. A mon avis, il faut réfléchir à la durabilité et à la réforme du système éducatif.
La GIZ gère une série de projets sur la thématique de la réforme de la formation professionnelle et le Goethe-Institut participe, dans le cadre du Partenariat pour la transformation, à différents projets sur la formation initiale et continue, notamment pour les professions culturelles.
Toutefois, nous ne pouvons que donner des impulsions, le développement à long terme et la durabilité des projets dépendent des Tunisiens et de leur initiative.

Ce projet est-il transférable à d’autres pays ?

Bohrer : Cela dépend des besoins des entreprises ! Si la demande existe, le projet pourrait être transféré à d’autres pays.


Mejdi Bekri

Les personnes interviewées

Véronique Chavane est la responsable du Pacte pour l’emploi. Elle travaille depuis cinq ans pour sequa gGmbH en tant que gestionnaire de projet. Dans cette fonction elle a accompagné plusieurs projets de développement dans le domaine du secteur privé et de la formation professionnelle en Afrique du Nord, en Asie et en Amérique latine. En tant que responsable du Pacte pour l’emploi elle est notamment en charge de la coordination des différentes composantes du programme, de la distribution des informations aux partenaires allemands et tunisiens et des rapports de programme.

Christiane Bohrer a été nommée directrice du Goethe-Institut en Tunisie en septembre 2011. Dans cette fonction elle gère, entre autres, le projet « La langue allemande - porte d’accès à l’emploi ». Après plusieurs missions en Europe et notamment à Bucarest, Rome, Paris et Bruxelles, elle est rentrée au siège du Goethe-Institut en Allemagne où elle a été d’abord responsable du travail de bibliothèque et d’information des Goethe-Instituts à l’étranger avant de changer vers le département stratégie. Tunis est sa première affectation dans un pays non-européen.

Michael Reiter travaille depuis avril 2012 en tant que gestionnaire de projet pour le Goethe-Institut à Tunis où il s’occupe surtout de la coordination du projet « La langue allemande - porte d’accès à l’emploi ». Il est économiste d’entreprise et a un master en « formation pour adulte ». Il a une longue expérience comme consultant et gestionnaire de projet recueillie en Allemagne et à l’étranger dans différentes organisations privées et publiques de coopération internationale. A l’aide de ce projet, il espère pourvoir aider les participants à trouver une orientation dans leurs vies – tant au niveau professionnel que privé.

Aicha Jaidi travaille depuis novembre 2011 dans le domaine des RH pour l’AHK-Tunisie. Elle est notamment responsable du projet de coopération entre l’AHK Tunisie et le Goethe-Institut Tunis « La langue allemande - porte d’accès à l’emploi ». Aicha Jaidi a fait des études en économie d’entreprise au Danemark, en Allemagne et en France et elle possède une qualification en ressources humaines. Elle a acquis ses premières expériences professionnelles dans différentes institutions de coopération internationale allemandes et étrangères.

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    Au lendemain de la Révolution tunisienne, plus de 100 projets ont été lancés dans le cadre du Partenariat Pour La Transition, dépassant un volume financier de plus de 50 millions d’euros.