Meine Schwester Sara

Résumé

Ma sœur Sara

Ruth Weiss
Meine Schwester Sara
Augsburg: Maro-Verlag, 2002
257 S.
ISBN 3-87512-260-7
Taschenbuchausgabe: Deutscher Taschenbuchverlag, 2004
A partir de 14 ans




Peu de temps après la fin de la 2ème guerre mondiale, la petite Sara Lehmann, quatre ans, arrive par bateau avec d’autres enfants orphelins allemands en Afrique du Sud. Elle est adoptée par la famille Boer Leroux et accueillie affectueusement. Le père est enthousiasmé par la fille adoptive blonde aux yeux bleus qu’il s’est commandée, surtout par le sang allemand pur qui profitera à son peuple ici. Comme ses papiers arrivent en retard, c’est seulement plus tard que le père apprend que Sara est en fait une enfant juive. En tant que père de famille strictement réformé et membre du gouvernement d’apartheid ainsi que du Broederbond, il est impossible pour lui de continuer à aimer cette enfant, et il lui retire dorénavant tout amour et toute affection sans jamais lui en donner les raisons.

Il revient ainsi au frère aîné Jo de s’occuper de Sara. Celui-ci, devenu entre-temps un vieil homme souffrant de leucémie, trouve une photo de Sara pendant qu’il est en train de ranger son appartement, et il se met alors à raconter l’histoire de la vie de celle-ci.

Le roman raconte la vie de Sara, son conflit avec l’apartheid, ses expériences dans la famille, à l’école et pendant ses études. Ce n’est que beaucoup plus tard - à l’occasion d’une audience au tribunal où elle est accusée d’avoir enfreint une loi de l’apartheid – qu’elle apprend son origine juive, et l’histoire prend alors une tournure tragique.

Rolf Annas, 2011
traduit par Issa Kourouma

    Analyse

    Ruth Weiss: Meine Schwester Sara
    (Ma sœur Sara)

    Ce roman jeunesse paru en 2002 aux Editions Maro est tout à fait aussi quelque chose pour des lecteurs adultes. Il repose sur des faits historiques et couvre essentiellement la période  allant de 1948, lorsque le Parti National parvint au pouvoir en Afrique du Sud, jusqu’à la révolte de Soweto en 1976. Cependant, comme l’histoire racontée se passe en 2002, le lecteur apprend en plus aussi quelque chose sur la fin de l’apartheid dans les années quatre-vingt-dix. Une table chronologique et un glossaire avec des explications sur des expressions, personnes et institutions sud-africaines permettent au lecteur de se familiariser d’avantage avec la matière.

    “Ma sœur Sara” est certainement le roman le plus célèbre de Ruth Weiss, qui est déjà devenu ces dernières années un livre de lecture au programme scolaire dans certains Länders allemands. Le roman réussit – avec peu de sentimentalité et sans paraître moralisateur – à se pencher sur le thème du racisme et à établir un lien entre le national-socialisme, avec la persécution des Juifs, et l’apartheid en Afrique du Sud.

    Ainsi, Weiss problématise d’une part l’importation d’idéaux nazis en Afrique du Sud à l’exemple d’innocents orphelins, dont un groupe de 83 enfants âgés de  deux à quatorze ans arriva effectivement en 1948 en Afrique du Sud pour apporter du “sang frais germano-aryen” au peuple des Afrikaners. Mais il s’agit d’autre part pour elle surtout de montrer ce à quoi mène le racisme lorsque aussi bien Sara, Juive de naissance, que la population noire du pays sont traités différemment et considérés comme étant inférieurs. Toutes les conséquences de cette discrimination apparaissent clairement dans le roman à travers le fait, notamment, que Sara, qui ne se sent coupable de rien et qui ne comprend pas pourquoi elle est traitée différemment, devient à travers son sens aigu de la justice une activiste contre l’apartheid et doit s’enfuir d’Afrique du Sud. Le conflit entre Sara et son père adoptif va si loin que celui-ci dénonce à la police sa fille, qui a couché avec son petit ami noir, transgressant ainsi les lois de l’apartheid, et témoigne même contre elle au cours d’une audience au tribunal.

    Le patriarche Dr. Zacharias Leroux est le chef de la famille. Ce qu’il dit a valeur de loi; il en est de même dans la politique raciste qu’il poursuit en tant que Secrétaire d’Etat. Sa croyance dans l’éducation chrétienne nationale et dans le bien-fondé de l’apartheid repose pour lui sur des valeurs données par Dieu et qui sont irrévocable. C’est la raison pour laquelle la conséquence de ses principes était de dénoncer sa fille.

    La structure du roman est elle aussi intéressante. La narration est faite à partir de la perspective du frère Jo, qui, devenu un vieil homme, trouve en rangeant son appartement une photo de famille sur laquelle se trouve aussi Sara. Il se met alors à raconter en une journée l’histoire de la vie de Sara, qui est très étroitement liée à la sienne, allant même jusqu’à une relation amoureuse qui n’a pu se concrétiser parce qu’elle ne lui dit que beaucoup trop tard qu’elle l’a toujours aimé.

    Il n’y a pas de happy end dans le roman.  Trois des personnages principaux meurent. D’abord, le petit ami de Sara, le très prometteur jeune écrivain Adam Simunya, est abattu par la police. Puis Sara et son père trouvent la mort pendant la révolte de Soweto. C’est seulement dans la mort, en tant que victimes du conflit de l’apartheid, qu’ils sont tous les deux de nouveau réunis lorsqu’ils sont identifiés par le frère Jo dans la même chambre froide de la morgue. 

    C’est certainement l’auteur elle-même qui parle comme psychanalyste dans le roman: “On peut transmettre de fausses valeurs aux gens, surtout lorsqu’il s’agit des jeunes… Et on peut tuer des gens quand on les catégorise comme des non-humains, quand on les considère comme de la vermine.” (P. 184). Le roman remplit une fonction importante, non seulement pour stimuler chez les élèves une discussion sur les valeurs, mais aussi pour faire amener les adultes à mener de nouvelles réflexions sur leurs relations avec leurs semblables et avec leurs propres enfants. Et il est accessoirement passionnant à lire.

    Rolf Annas, 2011
    traduit par Issa Kourouma

      Liens

      dtv: Ruth Weiss – Meine Schwester Sara   deutsch

      Informations de l’éditeur avec biographie, bibliographie, des commentaires de presse et des aides à l‘interprétation

      dtv: Unterrichtsmodelle   deutsch

      Modèle d’enseignement gratuit destiné aux enseignants sur „Ma sœur Sara“ à télécharger; enregistrement requis (gratuit)

      literaturzirkel.eu   deutsch

      échantillon d’écoute, portrait de l’orateur et critique de Matthias Werner

      WOZ – Die Wochenzeitung   deutsch

      Reportage de l’auteur sur ses visites dans des écoles allemandes et les entretiens qui y ont eu lieu sur son livre