Musique

Peut-on encore chanter en allemand?

La musique pop allemande n’a jamais été autant appréciée qu’aujourd’hui. Une nouvelle génération de musiciens semble avoir une approche de sa langue maternelle et de son pays, plus naturelle que la génération précédente.

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Réalisation: Kirsten Kummer
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Si le public manifeste son enthousiasme, des voix critiques s’élèvent pourtant. A-t-on en Allemagne le droit de chanter allemand et de tout chanter, même si ce n’est « que » pour distraire ? Le film interroge musiciens, critiques et scientifiques sur ce thème, actuellement sujet à controverse en Allemagne.

Depuis quelques temps, on parle en Allemagne d’appliquer un quota de diffusion radiophonique concernant la chanson allemande et la musique produite en Allemagne. Le quota radiophonique désigne une réglementation quantitative des programmes dans une station de radio. Il existe en France une loi publique qui fixe un rapport entre productions nationales et étrangères (40 / 60).

Déjà en 2002, le parti CSU, la Christlich soziale Union, exigeait l’application du modèle français à l’Allemagne, afin d’augmenter les chances des productions musicales nationales. Le gouvernement de l’état de Bavière prit l’initiative d’une loi, qui fut violemment discutée dans tous les groupes parlementaires.

Selon ses adeptes, cette loi favoriserait la diversité, contribuant ainsi à un enrichissement culturel. La création de tendances, un autre avantage de la radiodiffusion, donnerait alors à des groupes ou interprètes peu connus l’opportunité de faire un tube, ce dont profiterait l’ensemble de l’industrie musicale allemande. Pour finir, les artistes nationaux, eux aussi, auraient la possibilité d’être diffusés aux heures de forte écoute, habituellement réservées aux stars nord-américaines. Les opposants, pour leur part, considèrent le quota comme une atteinte grave à la liberté de radiodiffusion sur le plan législatif, et une régulation superflue de l’économie. La réglementation de la musique et de l’art dans une société moderne pluraliste leur parait extrêmement contestable. En 2003, une conférence des présidents du conseil des ministres opta en défaveur de ce projet.

A l’automne 2004, un groupe d’environ 500 musiciens, se mêlait au débat. En revendiquant de nouveau un quota radiophonique pour l’Allemagne, leur association Musiker in eigener Sache, un regroupement de musicien défendant leurs propres intérêts, déclencha un débat au Bundestag. En décembre 2004, le parlement vota finalement une motion d’engagement facultatif des stations de radio. D’après elle, les programmes contiendraient alors environ 35 pour cent de chansons allemandes ou de musique pop et rock produite en Allemagne, dont la moitié de nouveautés à mettre sur le compte de jeunes talents. Dans leur engagement, les radios resteraient toutefois libres de trouver un arrangement individuel, un décret ne pouvant être pris qu’au niveau des länder.

Malgré cela, le débat se poursuit. Une première association d’opposants issus du milieu musical, a lancé en 2005 la campagne I can’t relax in Deutschland, de crainte que les revendications touchant la chanson allemande ne masquent également des tendances nationalistes.
Goethe-Institut e. V. 2006
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