Uli Oesterle


Bandes dessinées d'Uli Oesterle
Frass (Bouffe, 2000) est un règlement de compte cynique et sans pitié avec le goût sans limite de la soi-disant haute société pour les plaisirs de Lucullus, ce qui s'applique au gourmet Serafin Brûte II et à sa recherche excentrique de la délectation. En quête de régals gustatifs de première classe, il voyage à travers le monde et Uli Oesterle nous livre ses dessins colorés et expressifs. Un coup du sort lourd de conséquences supprime toute limite à la concupiscence de Serafin qui ne recule plus devant rien, pas même devant le fait de tuer.
Pour la trilogie Hector Umbra. Der halbautomatische Wahnsinn (Hector Umbra - Folie semi-automatique, paru en 2003-2009), Uli Oesterle se sert avec virtuosité de figures de style appartenant aux genres des romans de détective et de science fiction. Cet album composé de plus de 200 pages repose sur un personnage de détective, une sorte de Mike Hamer munichois qui, de temps en temps, apprécie aussi de pouvoir porter un T-Shirt de Motörhead. Cette histoire existe maintenant sous forme de recueil.
Uli Oesterle enrichit son aventure obscure et mystérieuse avec des piques critiques contre la propagation des théories de la conspiration, du sensationnalisme des médias et de la culture de discothèque obnubilée par la mode. Au centre de sa série se trouve le personnage d'Hector Umbra, un peintre qui part à la recherche de son ami le DJ Osaka, subitement disparu. Umbra a beau avoir de gros biceps et être bâti comme une armoire normande, son enquête le pousse à atteindre ses limites physiques et psychiques. Ses investigations le mènent notamment dans un monde intermédiaire, celui des morts, où il est confronté à des extraterrestres peu amènes. Et pourtant, la réponse est sous son nez, dans un morceau qu'Osaka a fait tourner sur ses platines. Même dans le passage avec les horribles extraterrestres dont la physionomie rappelle les premières BD en scratchboard = (carte à gratter) de Caro et Jeunet, Uli Oesterle parvient à contrecarrer la société moderne et sa culture populaire.
En 2004, Uli Oesterle est nommé au Festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême pour la parution du premier chapitre d'Hector Umbra. La même année, il reçoit l'ICOM Independent Preis.
Après une formation de graphisme à l'Akademie für Gestaltung (Académie de graphisme) de Munich, il travaille depuis le début des années 90 en indépendant comme illustrateur, graphiste et auteur de BD.
Il vaut la peine d'étudier attentivement ses dessins anguleux dans la mesure où dès le début, d'importants détails et indices sont livrés presque incidemment au lecteur pour se densifier de plus en plus et s'assembler à la fin comme un puzzle.
est expert en culture et chroniqueur culturel, il conçoit des programmes de cinéma et des expositions sur le thème de la BD.
Copyright: Goethe-Institut Stockholm
Mai 2009
















