Volker Reiche

On reconnaît les fans de la série Strizz au fait qu’ils commencent par lire les strips de Volker Reiche avant de se consacrer aux articles de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Il faut dire que Volker Reiche commente toujours les évènements du jour dans les domaines de la politique, de la culture et de l'économie avec une plume aussi précise qu'aiguisée dans la rubrique culturelle et littéraire.
Au fil des années, il n'a eu de cesse d'élargir le panel de ses personnages qui entourent l'employé de bureau un peu naïf qui répond au nom de Strizz. Si les discussions de Strizz se limitaient au début à des échanges musclés avec Leo, son chef borné, c'est aujourd'hui Rafael, son neveu mineur qui vit avec lui, la star secrète de la série, qui est devenu le plus énervant des partenaires de dialogue. Le petit garçon, débordant d'énergie et vif comme l'éclair, a un grand faible pour les questions philosophiques. Avec sa collection de peluches et de figurines, il forme un « sextuor philosophique ». Sa curiosité d'enfant met véritablement les adultes dans l'embarras, même si, la plupart du temps, ce sont les platitudes et les tournures employées par les politiciens et les intellectuels qu'il remet en cause et qu'il démasque. L'éventail des personnages compte aussi l'amie de Strizz, Irmi, ainsi que les adversaires Paul le chat, Müller le teckel et Tassilo le chien des voisins. Chacun de ces personnages est tellement adorable qu'on les adopte tous immédiatement.
À la manière de la série culte américaine, Doonesbury, Volker Reiche intègre les évènements sociaux dans sa bande dessinée et les relie avec brio à la vie de ses nombreux personnages dont la diversité fait penser à l'univers de Canardville d'un Carl Bark. L'élégance du mélange de jeux de mots profonds, de satire politique et de personnages bien-aimés auxquels il donne en quelques traits toute une gamme de mimiques très expressives, repose très certainement sur sa longue expérience. Jusqu'à fin 2009, Strizz paraissait quotidiennement dans la FAZ. Aujourd'hui la série ne paraît plus que le samedi mais occupe en revanche une demi-page.
Au cours d'une carrière de presque 30 ans, Volker Reiche a dessiné pour les studios Disney ainsi que pour les revues satiriques Pardon et Hinz und Kunz. Il a aussi réalisé le personnage de Mecki pour le magazine TVHörzu. Volker Reiche a longtemps travaillé dans l'ombre et son nom n'était connu que de rares insiders. Avec Strizz, il n'a pas seulement atteint la popularité qui lui était due depuis longtemps, il reçoit, à juste titre, en 2004 le prix du meilleur comic strip de langue allemande et est consacré meilleur artiste BD de langue allemande en 2006 au Salon international de la bande dessinée d'Erlangen. En 2007, il se voit décerner le prix Olaf Gulbransson pour l'ensemble de son œuvre.est expert en culture et chroniqueur culturel, il conçoit des programmes de cinéma et des expositions sur le thème de la BD.
Copyright: Goethe-Institut Stockholm
Mai 2009
















