Elfriede Jelinek

Die Kontrakte des Kaufmanns ( « Les contrats du négociant »)

« Avec Die Kontrakte des Kaufmanns (« Les contrats du négociant »), Jelinek plonge dans l'univers des flux financiers déchaînés. Partant des scandales économiques des dernières années, cette enquêtrice implacable qu'est Jelinek se penche sur la rage spéculative des banquiers et des managers. Mais comme toujours, la vérité n'est qu'une rampe de lancement pour le jeu raffiné de l'outrance et d'une caricature qui relève souvent de la comédie. Car Jelinek montre des êtres tordus. Elle est proche de l'ivresse lorsqu'elle savoure le plaisir de décaler des valeurs inexistantes sur lesquelles elle dirige un jet de piques constant, et notamment l'avidité des petits porteurs à l'idée de toucher des intérêts qui semblent devoir croître à l'infini. Mais même s'ils ne veulent pas s'en rendre compte, la bulle a éclaté. L'heure a sonné, et l'historiographie – c'est-à-dire, chez Jelinek, l'état d'urgence de la parole – commence. Car ils n'ont que leur parole pour sauver leur peau. Et ici, nul n'est innocent. C'est précisément le fait que l'autre doive toujours être le responsable, et soi-même la victime, qui révèle leur propre compromission. »
(Schauspiel Köln)
À propos de la pièce :
« Avec ses plus de cent pages de texte en continu, l'opus magnum de Jelinek est à la fois essai, analyse, accusation, plaisanterie et jeu. Tantôt tirade haineuse, tantôt chant de douleur, tantôt outrage au public et, bien sûr, boucle redondante. Jelinek est inlassable et inflexible. Sa technique stylistique typique, consistant à imposer au langage des pirouettes toujours nouvelles au moyen des associations d'idées, devient ainsi un principe vital de fonctionnement. Il dévoile les contradictions qui habitent notre langage, ne serait-ce qu'au niveau sémantique, et dont la recherche est un plaisir intellectuel d'humoriste de cabaret : dans quelle mesure une « société » sert-elle aussi la société ? Et il révèle les contradictions au cœur de la chose elle-même : quel est ce monde dans lequel on négocie des « revendications » auxquelles on ne peut prétendre ? La spirale outrancière des mots, qui n'en laisse plus, parfois, qu'une enveloppe verbale relevant du calembour (…) n'est rien de moins que le reflet d'un système bancaire, immobilier et de crédit derrière lequel n'apparaissent plus au bout du compte que des valeurs creuses.»
(Vasco Boenisch, Theater der Zeit, juin 2009)


«Dans son work in progress, Die Kontrakte des Kaufmanns (« Les contrats du négociant »), elle [Elfriede Jelinek, N.d.l.R] place dans la bouche de petits porteurs, de godilleurs de la bourse et d'édiles de longs monologues qui décrivent la naïveté, l'absence de scrupules, le cynisme, l'obéissance au système et d'autres vérités liées au maniement de l'argent. Dans son style méandreux, fait d'intelligence et de calembours, d'analyse et d'attaque, naît ainsi le journal sans fin de la dénonciation d'un système, un journal que l'on a déjà utilisé dans de nombreux théâtres comme fonds de mise en scène.»
(Till Briegleb, Mülheimer Theatertage 2010)
Données techniques :
Création : 16 avril 2009, Schauspiel de Cologne ; 2 octobre 2009, Thalia Theater de Hambourg
Mise en scène : Nicolas Stemann
Distribution : variable
Droits : Rowohlt Theater Verlag
Hamburger Str. 17
21465 Reinbek
Postfach 1349
21453 Reinbek
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Traductions : Theaterbibliothek