Nouveau théâtre allemand - Saison 2011/2012

Muttermale Fenster Blau
(« Taches de naissance fenêtre bleu »)

Un jeune homme en quête de son propre passé. Il passe la nuit dans une tente, devant la maison du grand-père, mais celui-ci ne le reconnaît pas tout de suite – beaucoup de temps a passé depuis la dernière fois où ils se sont vus. Le petit-fils devient un intrus qui menace de faire remonter au grand jour un passé refoulé. Pourquoi le grand-père a-t-il rompu le contact avec son petit-fils ? Une jeune femme peint la fenêtre en noir pour être encore plus près de celui qu'elle aime. Tous deux s'imaginent, en rêve, une impossible liaison amoureuse. Leurs deux destinées sont entrelacées de manière fatale. La rencontre avec son grand-père mène Ljöscha dans un voyage vers les abîmes insoupçonnés de sa propre biographie.
(Badisches Staatstheater Karlsruhe)

À propos de la pièce:
Dans Muttermale Fenster blau, il s'agissait, pour moi, d'explorer mes propres limites. Des choses que je ne pouvais pas comprendre ou auxquelles je ne pouvais pas répondre. J'ai fait une enquête sur la genèse de la famille, ou plus précisément sur la genèse des sentiments d'appartenance familiale, dont on nous suggère qu'ils sont aussi vieux que l'humanité elle-même. Mais ni la focalisation de la mère sur l'enfant, ni les relations père-fille ne sont soumises par nature à un schéma d'abandon de soi et de règles biologiques. Derrière chaque sentiment du devoir qui nous est inculqué se dessine une stratégie utile à la communauté. Dans cette pièce, mes conceptions morales se confrontent à l'écœurement inspiré par une société qui n'est pas capable de protéger l'individu, mais sans doute de le condamner et de l'expulser dès qu'il nuit à ses intérêts économiques – une société qui me crée des tabous moraux avant que je n'aie la possibilité de comprendre par moi-même ce qu'est ma morale.
(Marianna Salzmann, Magazin n° 3, Badisches Staatstheater Karlsruhe)



L'œuvre de Marianna Salzmann commence comme une pièce pour la jeunesse et se propose de raconter l'histoire d'un jeune garçon (ou d'un jeune homme ?) qui, à la recherche de son père, apparaît une nuit devant la maison de son grand-père. Sa pièce raconte par ailleurs, dans une deuxième ligne de scénario, l'histoire d'une relation amoureuse qui s'avèrera impossible et intenable. C'est seulement lorsque les deux niveaux convergent et fusionnent que le spectateur commence à deviner comment les deux lignes du récit pourraient être liées – et quel secret monstrueux relie les personnages.
(…)
D'une manière générale, c'est au spectateur qu'il revient de savoir jusqu'à quel point il aimerait assembler les éléments de puzzle que Marianna Salzmann déploie devant lui (…). Cette franchise n'est toutefois pas une faiblesse, mais tout au contraire la grande force de la pièce. Dans le même temps, l'auteur parvient à raconter avec empathie, et même avec tendresse, cette effarante histoire de rupture de tabou. Dans son langage personnel, linéaire, qui donne à chaque personnage une forme plastique avec un effort minimal, et avec un sens affirmé des lieux marquants où se déroule l'action (…), l'auteure laisse le motif de l'inceste prendre forme devant notre esprit sans miser sur des effets de choc évidents ou porter un jugement moral. »
(Extrait de la justification du jury du prix d'encouragement Kleist 2012)

Données techniques

Création 20 mai .2012, Badisches Staatstheater de Karlsruhe / Festival de la Ruhr de Recklinghausen
Mise en scène Carina Riedl
Distribution 1 femme, 3 hommes
Droits Verlag der Autoren GmbH
Taunusstraße 19
60329 Frankfurt a. M.
Tel. +49 69 23857420
Fax: +49 69 24277644
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Traductions Bibliothèque théâtrale