Nouveau théâtre allemand - Théâtre

Schwarzes Tier Traurigkeit (« La tristesse, noir animal »)

Quatre hommes, deux femmes et un bébé font une excursion dans la forêt. Ils sont tous beaux, ou bien riches, ou créatifs, les taquineries cyniques et le jeu sempiternel de l’amour et de la distance portent leur empreinte sur les conversations. Aujourd’hui, pour une fois, ils ont volontairement abandonné la ville pour vérifier ce que peut leur réserver une nuit en pleine nature.
C’est alors qu’une étincelle s’envole discrètement et provoque un incendie de forêt infernal. Les gens s’enfuient, ils sont séparés les uns des autres. Soudain, la seule chose qui compte est de sauver sa peau. L’expérience de la peur de mourir, de la solitude et de sa propre vulnérabilité face à une nature déchainée lâche les survivants dans une vie quotidienne qu’ils ne sont pas en mesure d’affronter.
(Felix Bloch Erben)
À propos de la pièce:
« La pièce est un tryptique : la fête, le feu et la ville. Au dialogue succède le chaos des voix intérieures, puis une vue en perspective, extérieure et distante, sur les personnages, qui ne parviennent plus à se rattacher au passé. La première partie, dialoguée, et le moment où le feu se déclenche, respectent toutes les deux dans leur développement une nécessité accessoire : avec la chaleur, la somnolence et la consommation d’alcool, la banalité des discussions se transforme en un discours spirituel et malveillant, étouffé aussi rapidement que la branche qui s’enflamme sous l’effet d’un mégot encore allumé. Et pourtant il y a très longtemps que l’étincelle a jailli sans qu’on la remarque, et le feu surprend les dormeurs.
(…) Les cinq premières minutes de la partie centrale, l’éclat lumineux, le cri, le corps, sont racontées à la deuxième personne du singulier. Alors qu’il semblait encore intact un instant plus tôt, l’individu se démembre au sens métaphorique comme au sens réaliste, physique et douloureux. Pour les survivants, c’est une sombre Odyssée qui commence. D’organisme lumineux et dangereux, la nature se transforme en un noir animal Tristesse. La mort du bébé est quant à elle racontée avec la distance que donne la troisième personne du singulier – il est vrai que dans le cas contraire, elle serait purement et simplement insupportable. (…) Une fois de retour à la ville, la plupart des survivants ne parviennent pas à reprendre leur place dans leur ancienne vie. Leurs discours se superposent, ils ne se parlent pratiquement plus les uns aux autres. Et lorsqu’ils le font, c’est par le biais de répondeurs téléphoniques ou de tierces personnes. (…) Mais il existe peut-être une toute petite chance de continuer à vivre – il est possible que l’art en ait le potentiel, qu’il soit capable de déployer l’inouï et l’inconcevable. »
(Beate Heine, Almanach de Theater Heute 2007)
Données techniques :
Création 27 octobre 2007, Schauspielhannover [Schauspiel de Hanovre]
Mise en scène Ingo Berk
Distribution 3 F, 5 H
Droits Felix Bloch Erben Verlag für Bühne, Film und Funk KG
Hardenbergstr. 6
10623 Berlin
Tél.: 030-313 9028
Fax: 030-312 9334
info@felix-bloch-erben.de
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