Le Mur de Berlin dans le monde entier Symbole de liberté

Partie du Mur devant la Bibliothèque présidentielle Ronald Reagan, Simi Valley, Californie, USA;
Partie du Mur devant la Bibliothèque présidentielle Ronald Reagan, Simi Valley, Californie, USA; | © John Martorano/Ronald Reagan Presidential Library

Partout dans le monde, des pans du Mur rappellent l’époque de l’Allemagne divisée. Anna Kaminsky, directrice de la Fondation pour la remise à plat de la dictature est-allemande, parle des recherches effectuées dans le cadre de l’élaboration du catalogue « Die Berliner Mauer in der Welt » (Où est donc passé le Mur de Berlin ?).

Madame Kaminsky, comment répondez-vous à la question fréquemment posée par les visiteurs de Berlin « Où était-il exactement, le Mur ? »

Il est vrai qu’aussi bien les touristes que les Berlinois eux-mêmes ne trouvent pratiquement plus de traces du Mur dans la ville. Cependant, au moins dans le centre-ville,  les observateurs attentifs peuvent noter la présence d’une ligne pavée sillonnant les rues et trottoirs – cette dernière marque l’ancien tracé de la frontière. Ceux qui désirent avoir une meilleure idée de ce qu’était le Mur doivent se rendre à la Bernauer Strasse où se trouve un impressionnant mémorial qui montre le Mur et son impact sur le quotidien.

Quelle trouvaille reprise dans le catalogue « Die Berliner Mauer in der Welt » est particulièrement surprenante selon vous ?

Durant nos recherches, nous avons découvert beaucoup de monuments et mises en scène incroyables du Mur à travers le monde. Ce que je trouve particulièrement remarquable, c’est l’initiative de la section allemande de la NASA qui a nommé Chute du Mur, Révolution pacifique et Église Saint Nicolas des formations rocheuses découvertes sur Mars.
 

  • Bereits ein Jahr nach dem Mauerfall wurde im Parque de Berlín in Madrid ein Denkmal mit originalen Mauersegmenten errichtet. © Fanny Heidenreich
    Bereits ein Jahr nach dem Mauerfall wurde im Parque de Berlín in Madrid ein Denkmal mit originalen Mauersegmenten errichtet.
  • Fünf Mauersegmente stehen seit März 2014 im Friedenspark von Uijeongbu, Republik Korea. © Tobias Dollase/Bundesstiftung zur Aufarbeitung der SED-Diktatur
    Fünf Mauersegmente stehen seit März 2014 im Friedenspark von Uijeongbu, Republik Korea.
  • Ein Teil der Berliner Mauer auf dem Campus des Hawaii Community College in Honolulu, Hawaii; © Kevin W. Smith
    Ein Teil der Berliner Mauer auf dem Campus des Hawaii Community College in Honolulu, Hawaii;
  • Mauerteil im Park „Semljanoj Wal“ vor dem Andrej-Sacharow-Zentrum in Moskau; © Rainer Eppelmann / Bundesstiftung zur Aufarbeitung der SED-Diktatur
    Mauerteil im Park „Semljanoj Wal“ vor dem Andrej-Sacharow-Zentrum in Moskau;
  • Am Bahnhof von Monaco steht ebenfalls ein Fragment der Berliner Mauer. Wann und wie es ins Fürstentum kam, ließ sich nicht in Erfahrung bringen. © Elena Codecà
    Am Bahnhof von Monaco steht ebenfalls ein Fragment der Berliner Mauer. Wann und wie es ins Fürstentum kam, ließ sich nicht in Erfahrung bringen.
  • Das Segment vor dem Imperial War Museum in London stammt direkt vom Brandenburger Tor; © Fanny Heidenreich
    Das Segment vor dem Imperial War Museum in London stammt direkt vom Brandenburger Tor;
  • Seit 2004 steht im Park Léopld in Brüssel ein Mauerteil. Eine kleine Tafel erinnert an die Teilung Deutschlands und Europas. © Jens Schöne
    Seit 2004 steht im Park Léopld in Brüssel ein Mauerteil. Eine kleine Tafel erinnert an die Teilung Deutschlands und Europas.
  • Ein Segment der Berliner Mauer ist seit 2013 Teil des Gedenkkomplexes „Post-Bloc“ in Tirana, Albanien; © A. Kaminsky/Bundesstif. zur Aufarb. der SED-Diktatur
    Ein Segment der Berliner Mauer ist seit 2013 Teil des Gedenkkomplexes „Post-Bloc“ in Tirana, Albanien;
  • Zur Eröffnung des „Ronald Reagan Building and International Trade Center“ 1998 schenkte Daimler-Benz ein Segment der Berliner Mauer; © Kelly Cutchin
    Zur Eröffnung des „Ronald Reagan Building and International Trade Center“ 1998 schenkte Daimler-Benz ein Segment der Berliner Mauer;

Symbole unique de courage citoyen

Comment expliquez-vous la grande fascination qu’exerçait manifestement le Mur sur le monde entier ?

Durant la Guerre froide et la confrontation entre blocs est et ouest, le Mur était le symbole par excellence de l’inhumanité du régime communiste. Pour la plupart des gens, il était inconcevable qu’un peuple tout entier ait été « emmuré » pratiquement du jour au lendemain, que des familles aient été séparées pendant des années, et que ceux qui voulaient s’échapper aient été abattus de sang-froid. Déjà avant la Chute du Mur en 1989, les personnes venant visiter Berlin-Ouest venaient souvent voir le Mur pour jeter un œil « de l’autre côté » depuis les plateformes d’observation. Lorsque les habitants de la RDA ont forcé l’ouverture du Mur, ce dernier est soudain passé du symbole d’oppression et de servitude à celui de volonté de liberté et de courage citoyen. En outre, il ne faut pas oublier que nombre de destins tragiques sont associés au Mur. Pour beaucoup de gens, le Mur est un souvenir très personnel et concret.

Des fragments du Mur ont atterri un peu partout dans le monde de manière inexpliquée. Certains sont tombés dans l’oubli et sont à peine entretenus, d’autres ne sont que de minuscules morceaux. Tout ceci n’a pas dû faciliter la recherche. Comment avez-vous procédé ?

D’une part, nous avons personnellement mené les recherches. Dès que nous trouvions des morceaux du Mur lors de nos voyages, nous les recensions. Une tâche titanesque telle que celle-ci ne peut évidemment pas être accomplie sans l’aide d’autres pays et de sympathisans. Nous avons obtenu de nombreuses informations grâce aux représentations allemandes à l’étranger –ambassades, branches du Goethe-Institut, bureaux étrangers des fondations politiques – mais également aux partenaires locaux qui avaient entendu parler de notre projet. Il était en effet parfois bien compliqué de suivre le chemin qu’avaient emprunté les différentes parties du Mur, en particulier pour les segments qui furent immédiatement expatriés après la réunification allemande en 1990.

La recherche continue

Votre catalogue reprend plus de 240 segments situés dans 140 lieux. Croyez-vous avoir trouvé toutes les pièces du Mur ?

Non, c’était certainement impossible. Nous espérons cependant que ce catalogue incitera beaucoup de gens à nous transmettre des informations complémentaires sur des morceaux du Mur que nous ne connaissons pas encore. Dernièrement, nous avons reçu un nouvel indice provenant du Musée de la Guerre froide sur l’île danoise de Langeland selon lequel un segment peint du Mur tout entier se trouverait dans son hall d’entrée.

Vingt-cinq ans après la chute du Mur, nous entendons régulièrement que les jeunes Allemands connaissent mal la RDA. Souhaitez-vous parfois que certains des fragments du Mur éparpillés de par le monde soient acheminés à Berlin pour servir de témoins du passé ?

Je ne crois pas que le manque de connaissance s’atténuerait avec la présence de plus de morceaux du Mur à Berlin. Je miserais plutôt sur un programme scolaire portant sur le thème de la division de l’Allemagne et de la dictature communiste qui soit réellement abordé aux cours. D’autant plus que, comme le prouvent les sondages, la nouvelle génération est très intéressée par l’étude de leur passé proche.
 

Où est donc passé le Mur de Berlin ? Anna Kaminsky en mission pour la Fondation pour la remise à plat de la dictature est-allemande (Hrsg.), Berlin Story Verlag 2014