Les Porteurs de Masques de Abraham Abga

  • Abga 1 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 2 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 3 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 4 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 6 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 7 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 8 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 9 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 10 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 11 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 12 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 13 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 14 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)
  • Abga 15 @ Goethe-Institut Ouagadougou (Francois d'Assise Ouédraogo)

Le Kunstraum226 a accueilli en juillet une exposition de peinture de l’artiste Abraham Abga autour de l’enfance et de la formation de la personnalité. Cette exposition est un voyage au pays de l’enfance et de la mémoire tatouée sur le corps.

Abraham Abga est l’un des rares artistes burkinabè à avoir un cursus universitaire et qui a donc une connaissance de l’histoire de l’art. C’est aussi un artiste qui a une démarche qui peut être considérée comme une signature. En effet, pas besoin qu’il appose sa signature au bas  ou au dos de ses toiles… Entre cent, on reconnaitrait rapidement les siennes.  

Depuis quelques années, il a développé une démarche qui combine des dessins proches de la BD à un usage festif des couleurs chaudes qui éclaboussent et ruissellent sur toute la toile. Il fait aussi recours à l’écriture qui s’insère dans la toile et parfois même sur le corps des personnages.
Cette expo ne déroge pas à la règle. Elle est une variation sur le même motif. Sauf que tous les personnages sont des enfants pris dans l’espace public. Ici, un frère et une sœur se partagent un plat de nourriture, là des enfants de la rue tenant des boites de tomates pour mendier et ailleurs, trois enfants juchés sur des pneus. Tous ont le corps parcouru de signes. Ce sont les stigmates de la vie tatouée sur la peau. Cette expo nous renvoie au royaume de l’enfance. Avec ses amitiés, ses jeux et ses découvertes. Pour l’artiste Abga, c’est l’adolescent qui est le père de l’homme.

Contrairement aux expositions ultérieures de l’artiste, celle-ci comporte des toiles inachevées. Serait-ce le choix de convoquer l’esthétique de l’inachevé pour dire le désir de l’artiste de ne pas refermer cette parenthèse de l’enfance ?  Possible. Mais pourrait-on y voir aussi le signe d’une exposition qui n’est pas aller au bout de son projet ? Ces questions restent à être répondues par l’artiste seul qui annonçait son travail ainsi : « Les œuvres se focalisent sur des personnages peints avec des traits sur le corps pour montrer que chaque homme emmagasine des expériences qu’il acquiert au cours de sa vie. Les œuvres montreront également que notre passé sert à construire le futur à travers des masques anciens africains dans notre monde d’aujourd’hui. »

Pour cette expo  Abraham Abga a exploré le sujet de l’enfance en restant dans un univers familier, celui auquel le public est habitué et qui permet une lecture non-conceptuelle de ses œuvres.