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L'art à la radio
Nous - Ici

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© Rimini Protokoll

Qui décide concrètement qu’un jour sera un jour férié national? Qui décide de ce qui doit être célébré et comment? Qui participe à la célébration et qui en fait partie? Et comment une idée peut-elle devenir une tradition? En Allemagne, les drapeaux sont rarement agités, et les gens sont peu enclins à chanter l’hymne national. Il semble donc révélateur d’examiner la question de plus près et de s’interroger ailleurs. Comment les habitants de l’Équateur, du Nigeria, de la Nouvelle-Zélande, du Pakistan ou du Canada célèbrent-ils leur pays? Comment peut-on imaginer une nation? Quels rituels pourraient être inventés pour combler, marquer ou élargir le vide?

WIR - HIER / WE, HERE   

par Helgard Haug/Rimini Protokoll et Thilo Guschas

Pour célébrer le 70e anniversaire de la République populaire de Chine, 15 000 soldats ont marché au pas sur la place Tiananmen, des missiles nucléaires intercontinentaux ont défilé dans les rues, tandis que des hélicoptères et des avions de chasse militaires tonnaient dans la ville. L’Allemagne vient de célébrer le 30e anniversaire de la réunification et, pour la 30e fois, beaucoup ont affronté cette journée avec impuissance ou indifférence. « Canada 150 », la célébration du sesquicentenaire de la Confédération canadienne il y a quatre ans, a provoqué une critique permanente autour de l’identité nationale, de l’État et du colonialisme.

« Nous cherchons à éduquer et à sensibiliser les gens, même s’il peut être difficile d’engager les nouveaux arrivants et les immigrants dans une telle conversation, surtout les réfugiés qui fuient la violence, les dictatures et les pays déchirés par la guerre. Ils sont reconnaissants envers le Canada, mais il importe néanmoins de poser la question : qu’avez-vous appris sur l’héritage colonial canadien et sur les peuples autochtones? Nous essayons d’intégrer cette conversation dans le cadre de leur parcours d’installation. » — Sara Asalya, directrice exécutive de la Newcomer Students’ Association, basée à Toronto, dans le Toronto Star

Qui décide concrètement qu’un jour sera un jour férié national? Qui décide de ce qui doit être célébré et comment? Qui participe à la célébration et qui en fait partie? Et comment une idée peut-elle devenir une tradition? En Allemagne, les drapeaux sont rarement agités, et les gens sont peu enclins à chanter l’hymne national. Il semble donc révélateur d’examiner la question de plus près et de s’interroger ailleurs. Comment les habitants de l’Équateur, du Nigeria, de la Nouvelle-Zélande, du Pakistan ou du Canada célèbrent-ils leur pays? Comment peut-on imaginer une nation? Quels rituels pourraient être inventés pour combler, marquer ou élargir le vide?

Dans cette pièce radiophonique coécrite et mise en scène par Helgard Haug, du collectif berlinois Rimini Protokoll, pour la radio WDR, la psychologue Ronja Büchner, première enfant de l’Allemande réunifiée née à Leipzig en 1990, et l’historien Jan Plamper, qui propose un « nouveau nous », se demandent : « Comment et que pouvons-nous célébrer ICI? » Ensemble, ils se sont mis à la recherche. Ils ont écrit 194 messages demandant : « Comment votre pays fait-il la fête? » Ils ont contacté des apatrides, des vendeurs d’îles et des auteurs d’hymnes, ont fouillé dans les archives et dans leurs propres albums photo et ont fini par se poser la même question : « Qui sommes-nous ici? » Dans la pièce radiophonique qui en résulte, chacun des « nous » et « ici » contenus dans les réponses devient une construction : les voix et les positions sont entrelacées dans un nouveau récit, mais une rencontre réelle entre les participants n’a jamais eu lieu.

Écoutez la pièce radiophonique (en allemand) en quatre parties d’une demi-heure.

Épisode 1 

Épisode 2

Épisode 3

Épisode 4
 
 
Avec Ronja Büchner, Jan Plamper, Kefei Cao, Benedict Anderson, Thomas Braune, Katrin Büchner, Mike Gogulski, Valentin Groebner, Christoph Heuermann, Sota Omoigui, ainsi que les ambassadeurs, consuls et représentants des pays suivants :

Estonie, Finlande, Pakistan, Équateur, Kosovo, Canada, Danemark, Philippines, Indonésie, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Israël, Territoires palestiniens, Mexique, Corée du Sud, Malaisie, Seychelles, Grande-Bretagne et Taiwan.

De la fête du Canada aux élections fédérales allemandes qui verront la fin de l’ère Merkel cet automne, le Goethe-Institut Toronto accueille gratuitement « NOUS, ICI » et vous invite à partager vos idées et de vos réactions. Envoyez-nous un courriel avec vos idées sur qui, pourquoi et comment vos communautés célèbrent le pays d’origine et la nation — ou peut-être comment pourrait-on ou devrait-on les réimaginer. Qui sommes « nous, ici », maintenant?

Pour commencer, nous avons demandé aux représentants de trois pays européens au Canada (tout comme les représentants à Berlin qui ont participé aux interviews originales de « NOUS, ICI ») d’ajouter leurs voix sur la façon dont ils marquent les fêtes nationales au Canada, à travers les générations de migration, loin de chez eux :

« Au Danemark, nous célébrons le jour de la Constitution le 5 juin pour nous rappeler que notre constitution nous donne notre démocratie, le droit de vote, la liberté d’expression, l’égalité et d’autres droits et libertés. Avec de nombreux Danois du Canada et ami.e.s du Danemark, je célèbre le jour de la Constitution à Sunset Villa, un petit club communautaire danois situé à l’extérieur de Toronto qui existe depuis 1950. Les célébrations comprennent un bon dîner danois suivi d’un défilé mené par les membres de la Garde royale danoise. Des discours soulignent l’importance de la démocratie au Danemark. Le tout se termine par des danses folkloriques et d’autres divertissements. Dans l’ensemble, il s’agit d’une journée très joyeuse où tout le monde se réunit et se mélange les uns aux autres. ».
— Arne Nordtorp, Consul général honoraire du Danemark à Toronto

« Pour les Finlandais.e.s, peu importe le lieu, un discours solennel signifie la célébration de l’indépendance [de la Russie]. Le jour de l’indépendance tombe le 6 décembre, ce qui peut avoir un rapport avec cette solennité. Le dimanche le plus proche de cette date, il y a des services à l’église Agricola de Toronto, y compris le dépôt de couronnes à la mémoire des anciens combattants. Cette cérémonie est suivie d’un café et de discours. Le centre finlandais pour personnes âgées célèbre avec un conférencier invité; le président finlandais envoie un message vidéo en ligne pour saluer les Finlandais expatriés. Beaucoup de discours, mais nous n’en avons jamais assez pour marquer cette journée. » — Laura McSwiggan, Consule honoraire de Finlande à Toronto

Idée et texte : Helgard Haug et Thilo Guschas
Directrice : Helgard Haug
Composition : Frank Böhle
Dramaturgie : Martina Müller-Wallraf
Son et mixage : Werner Jäger et Jeanette Wirtz-Fabian


Une production de WDR Westdeutscher Rundfunk 2020


Lisez la transcription en allemand et en anglais.