Le cimetière Beechwood

  • Le cimetière Beechwood © Goethe-Institut Montreal
    Le cimetière Beechwood
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    Le cimetière Beechwood
  • Gerhard Herzberg dans le cimetière Beechwood © Goethe-Institut Montreal
    Gerhard Herzberg dans le cimetière Beechwood

Le cimetière Beechwood

Le cimetière Beechwood est un lieu paisible situé à dos de colline, il a été mis au service de la population en 1873. Depuis 1944, il est devenu le cimetière national des forces armées canadiennes. Récemment, en 2001, le cimetière Beechwood a été désigné lieu historique national en raison de son rôle important dans le patrimoine canadien. Son terrain d'une surface de 64,7 hectares est circonscrit par une bordure forestière. Dans la section 26, située entre l'étendue forestière et le cimetière militaire, le regard est attiré par les nombreuses pierres tombales où sont inscrits des noms dont l'origine est allemande.

Lorsqu'en 1863, Ottawa fut désignée pour être le siège du nouveau gouvernement canadien, il fut entendu que pour être à la hauteur de cet honneur, la ville d'Ottawa devait se doter d'une nouvelle infrastructure routière. À l'époque, les graviers utilisés pour l'aménagement des rues devaient être manuellement concassés dans la pierre à la grosseur désirée. Ce travail était non seulement pénible physiquement mais il était aussi peu considéré. La plupart des travailleurs refusaient de s'abaisser à effectuer de telles tâches. On devait donc se résoudre à employer des étrangers qui étaient prêts à travailler manuellement la pierre. L'on croit que des habitants de la Prusse-Occidentale, de la Poméranie, de la Posnanie, de la Silésie, de Mecklembourg et de la partie est de Brandebourg auraient effectué ces travaux. Ils gagnaient peu dans leur propre pays, moins encore que les travailleurs d'autres pays, par exemple ceux de l'Angleterre mais ils ne craignaient pas les durs labeurs. À cette époque, des représentants du gouvernement canadien furent détachés dans les régions de l'est de l'Allemagne afin de recruter cette main-d'oeuvre. Le poème « Stone Breaking' » de Duncan Campell Scott, fait écho à ces premiers travailleurs de la pierre qui étaient payés à la « toise » (unité de longueur de 6 pieds).
 
Le caveau de la famille Noffke Le caveau de la famille Noffke | © Goethe-Institut Montréal Il n'existe aucun recensement officiel de ces travailleurs allemands. On estime cependant qu'environ une centaine de familles vinrent s'établir à Ottawa. Pour se rassembler dans un même lieu de culte et de prière, au début des années 1870, la communauté allemande acheta un terrain sur la rue Wilbrod. Là, avec l'aide de la ville, ils construisirent l'église Saint-Paul.
 
Avec la crise économique des années 1870, il devint encore plus difficile pour ces travailleurs de faire vivre leur famille. La ville d'Ottawa se relevant très lentement de cette crise économique, la communauté allemande de Saint-Paul perdit alors la moitié de ses paroissiens. Ceux-ci quittèrent Ottawa pour aller gagner leur vie ailleurs. La liste des passagers des bateaux, les registres paroissiaux de l'église évangélique Saint-Paul ainsi que le recensement de 1901 témoignent de cette importante vague migratoire. Dans la section 26 du cimetière Beechwood se trouvent plusieurs caveaux de famille appartenant à ces travailleurs étrangers. Certains arborent des épigraphes en langue allemande. Ces hommes et ces femmes laissèrent derrière eux leur patrie avec l'espoir d'une vie meilleure. Nous ne saurons jamais s'ils ont pu réaliser ici leurs rêves ? La question reste ouverte. Mais comme dernière demeure et lieu de repos éternel, ne peut-on pas souhaiter lieu plus harmonieux.

Stone Breaking (Duncan Campell)

March wind rough
Clashed the trees,
Flung the snow;
Breaking stones,
In the cold,
Germans slow
Toiled and toiled;
Arrowy sun
Glanced and sprang,
One right blithe
German sang:
Songs of home,
Fatherland:
Syenite hard,
Weary lot,
Callous hand,
All forgot:
Hammers pound,
Ringing round;
Rise the heaps,
To his voice,
Bounds and leaps
Toise on toise:
Toil is long,
But dear God
Gives us song, 
At the end,
Gives us rest,
Toil is best.

(A History of the 19th Century Immigration and Settlement of Ottawa's German Community, Thomas W. Carkner, page 56)

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