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Chapitre 5
Le premier jour "là-bas"

Le 10 novembre, un policier militaire américain garde stoïquement un point de contrôle allié, le « Checkpoint Charlie »
Le 10 novembre, un policier militaire américain garde stoïquement un point de contrôle allié, le « Checkpoint Charlie » | Photo: © Andreas Ludwig

Là où, lors de la construction du Mur, les chars soviétiques étaient face aux chars américains, les médias retransmettent aujourd’hui en direct le moment où les Berlinoises et Berlinois de l’Est affluent vers Berlin-Ouest. Ils veulent juste « aller voir ».

De Regine Hader et Dr. Andreas Ludwig

 Les plus âgés ont l’intention d’aller flâner à nouveau sur le Kurfürstendamm, ou bien de revoir des amis, des parents. Les plus jeunes découvrent de nouveaux endroits que le plan de la ville de Berlin-Est désignait par des surfaces blanches. Pendant ce temps-là, beaucoup de chaises de bureau restent vides et les machines dans les usines fonctionnent seules : les travailleurs visitent Berlin-Ouest. Impossible de penser à la routine habituelle. Mais certains ne veulent pas se mêler à l’agitation et "tiennent la garde" pour des raisons politiques.

Carte falsifiée par la sécurité de l'État. Il s'agissait d'empêcher la population de la RDA de recevoir des informations précises sur la frontière. Carte falsifiée par la sécurité de l'État. Il s'agissait d'empêcher la population de la RDA de recevoir des informations précises sur la frontière. | Photo (Détail): Tim Brakemeier © dpa – Fotoreport Dans les rues de Berlin-Ouest, des Trabant de Berlin-Est se meuvent entre les Golf et les BMW qui forment cet embouteillage nocturne. Quelques heures après les actualités du soir de la télévision occidentale, Berlin-Ouest fait penser à une gigantesque fête de rue. « C’est un mélange de sentiments différents. Lors de ma première visite, ce fut bien sûr une grande surprise de voir à quoi ressemblaient toutes ces nouvelles choses. Mais je ne suis pas non plus aveugle, et je voyais bien qu’il existait des problèmes différents de l’autre côté du Mur : ce qui est aujourd’hui notre système laisse des gens de côté ou crée de nouveaux problèmes. Tout changeait de A à Z. Tout ce qui était important auparavant ne l’était plus et inversement », se souvient Katharina Steinhäuser en parlant de sa première visite de Berlin-Ouest.

Embouteillages à Berlin-Ouest 9 novembre 1989, près de Kurfürstendamm Embouteillages à Berlin-Ouest 9 novembre 1989, près de Kurfürstendamm | Foto: Fumiko Matsuyama © wir-waren-so-frei.de Dans les jours qui suivent, les Berlinois de l’Ouest vont aller voir Berlin-Est. Au début, ils font encore des demandes pour des visites d’une journée afin d’obtenir un visa : ils passent la frontière et doivent changer de l’argent. Etant donné que plus personne ne veut contrôler ni supporter la colère ou les moqueries des candidats au voyage, les curieux vont bientôt assister à la disparition soudaine de toute forme d’ordre bureaucratique. Certains racontent même qu’ils sont entrés en présentant un permis de conduire à la place d’une carte d’identité, d’autres restent près du Mur, pour se convaincre qu’il est vraiment ouvert.

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Homme avec caméra à la frontière du secteur ouvert Homme avec caméra à la frontière du secteur ouvert | Photo: Andreas Ludwig