The Spoken Word Project

The Spoken Word Project © Goethe-Institut

The Spoken Word Project

Les histoires se créent en étant contées. Raconter des histoires c'est inventer des récits, les transmettre, les adapter et les modifier. Elles errent de par le monde, passent de personnes en personnes et transcendent aisément les frontières.
The Spoken Word Project

Au cours de ce processus, la forme de l'histoire change, le récit s'embellit de certains détails et en perd d'autres tandis que son centre de gravité et sa thématique évoluent. Les histoires contribuent à la création d'une identité commune et nourrissent un sentiment d'appartenance. Cependant, raconter une histoire ne se limite pas aux mots. L'impact du récit parlé est prolongé par les éléments performatifs que le narrateur utilise pour transmettre du sens, tels les gestes ou l'intonation.

Par ses réactions au récit, le public participe à son tour au processus de narration. La performance du conte est une tradition qui reste forte dans de nombreux pays d'Afrique sub-saharienne et qui a récemment été remise au goût du jour par le spoken-word. Cependant, malgré une activité intense et une exaltante créativité artistique, la scène spoken-word reste peu documentée et peu interconnectée au-delà des frontières nationales. 

Le but : garder trace des performances et mettre des artistes en relation

Le « Projet Spoken Word » veut identifier les possibilités de documenter cette forme d'art oral et en accentuer la visibilité dans la région comme à l'étranger. Les vidéos présentes sur ce site internet consignent à la fois les éléments textuels et performatifs de récits en spoken word tout en capturant les réactions du public. La question est de savoir comment le spoken word peut vivre, et même prospérer, sur le net. Le projet veut donc accroître les liens entre les scènes assez autonomes du mouvement spoken word dans différentes villes et pays d'Afrique sub-saharienne tout en démontrant l'importance acquise par le spoken-word sur le continent, favorisant par là une meilleure réception globale de cette forme artistique. D'autre part, le projet renforce les liens entre l'art traditionnel du conte, tel qu'il est encore largement pratiqué en Afrique de l'Ouest notamment, avec l'une de ses manifestations contemporaines : le spoken word.

L'idée : un festival panafricain

Le coup d'envoi de ce projet a pris la forme d'un événement réunissant une sélection d'artistes spoken word sud-africains à Johannesburg. Toutes les performances y ont été enregistrées sur film et un jury indépendant évaluant les soumissions a recompensé trois vainqueurs. Leurs contributions ont été mise en ligne sur ce site internet. Le projet a ensuite déménagé vers la ville de Tananarive à Madagascar. Là, après avoir regardé les vidéos de Johannesburg, les artistes malgaches ont inclus un élément de l'un des récit sud-africains à leur propre performance. Cette configuration se reproduira tout au long de l'année 2013 de par les six villes suivantes : Yaoundé (Cameroun), Luanda (Angola), Kampala (Ouganda), Nairobi (Kenya), Bamako (Mali) et Abidjan (Côte d'Ivoire).

Le principe clé : un récit multi-dimensionnel

Le passage de cet élément d'un artiste à un autre, d'un lieu à un autre constitue le principe-clé de ce projet. Un fil commun se crée, qui permet par là de tisser un récit plus profond, cohérent, étendu, multi-dimensionnel et, de ce fait, non hiérarchisé – un fil qui est une métaphore de la création et de la diffusion des récits traditionnels, et, plus loin, de l'art même de conter des histoires.