Concert
Concert- Raoul K
M. Raoul K dans le cadre des festivités marquant les 50 ans du Goethe-Institut Côte d’Ivoire En partenariat avec Maquis Electronic et le Village Kiyi Mbock
Les premiers morceaux de Raoul, après sa décision de devenir son propre producteur, au lieu de simplement mettre les disques des autres, s’inspiraient encore des exemples des producteurs classiques nord-américains de deep house. Très vite, il ressent qu’il lui manque quelque chose pour que lui-même et son public puissent reconnaître sa voix bien à lui dans sa musique aussi. À cette époque-là, animés par la pression récurrente du monde de la dance-music pour qu'elle sonne différemment et se réinvente en permanence, certains producteurs européens ont commencé à incorporer des sons et motifs africains à leurs morceaux. Mais Raoul décide de dépasser cette approche folkloristico-ornementale et d’instaurer une véritable fusion entre la tradition musicale (ouest)-africaine et les techniques de production européennes d’actualité. Après un intense échange d'idées avec des producteurs amis, il se rend vite compte qu'il ne pourrait mettre en œuvre cette approche radicale qu'avec sa propre plate-forme. La création de son propre label « baobab music », en 2008, en est donc la conséquence logique.
Au cours de la préparation de ce qui allait devenir son premier album vraiment personnel, Raoul n’a de cesse de développer une stratégie de production qu'il a affinée depuis et qui a rendu possible le « Paradigme africain » : Raoul commence à produire quelques morceaux dans son studio à domicile avant de se rendre dans son pays d'origine, la Côte d'Ivoire, avec ces versions brutes dans ses bagages. Là-bas, il se met en quête de musiciens capables de jouer des instruments qui lui étaient familiers depuis sa jeunesse, mais aussi d’enregistrer quelque chose avec lui. Peu à peu se répand la rumeur qu’un jeune Ivoirien porte un vif intérêt aux instruments et aux styles de jeu traditionnels. Des contacts se nouent et un réseau – non limité à la seule Côte d’Ivoire – se constitue. Le premier maxisingle produit dans ces conditions – « Le Cercle Peul » – est un succès inattendu pour ce label qui vient de naître. Les maxis se succèdent, tout comme la coopération avec des musiciens et producteurs de nombreux pays et genres et, de plus en plus, des DJ-bookings, y compris une représentation au « Worldwide Festival » de Gilles Petterson.
Raoul a-t-il atteint son objectif ? Il semble que oui. Mais il en a encore un second, son grand rêve : un album personnel qui relate au monde son histoire, sa vision personnelle et politique, selon un format plutôt narratif. Sur son premier album paru sous son propre label, « Still Living In Slavery » (2014), il doit encore accepter des compromis entre " club " et " listening ", au point que l’urgence des affirmations se soumet occasionnellement à l’urgence du groove.
Entre-temps, Raoul a appris tout seul à jouer des instruments de musique qu’il utilise le plus fréquemment dans ses œuvres. Ce n’est que maintenant, avec « Le Paradigme africain », que Raoul peut formuler vraiment en toute autarcie ses visions de l'avenir, en échappant à toute contrainte : quelles sont les voies qui s’esquissent pour l'Afrique, de quelle manière devrait-on coopérer, quel est le concept qui laisse entrevoir le meilleur résultat pour tous les acteurs ? Des morceaux épiques, qui alternent entre des morceaux spoken word à la manière des griots et qui passent d’un paysage d’ambiance à l’autre, montrent à quel point Raoul prend au sérieux ses assertions et l'évolution musicale qu'il a réalisée au cours de ces douze dernières années.
Aujourd'hui, Raoul et son ami Rancido partent en tournée en Afrique de l'Ouest et ils font revenir en Afrique les morceaux qui s’abreuvent auprès de racines africaines. Rancido et Raoul ont fait connaissance à l'Amsterdam Dance Event en 2016, où ils ont été bookés ensemble comme DJ. Ils sont devenus amis, ont continué à travailler comme DJ ensemble et ont commencé à produire ensemble. Le « Tamale » inclus dans " African Paradigm " est leur première publication commune. La tournée des DJ organisée par le Goethe-Institut va mener les deux compères à Accra (Ghana), Dakar (Sénégal), Abidjan (Côte d'Ivoire), Ouagadougou (Burkina Faso) et Yaoundé (Cameroun).
Détails
Village Kiyi-Bock
Prix: 2000 Frs CFA- Gratuit avant minuit
+225 25 22 00 88 99 Info-Abidjan@goethe.de