Assistant technique en chirugie
• M-A.Y. W : Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
• A.S.: Je m'appelle Axel Junior Segou. Je vis à Nuremberg et je suis une formation d'assistant technique en chirurgie dans un service chirurgical allemand.
• M-A.Y. W: Pourquoi avez-vous décidé de devenir assistant technique en chirurgie ?
• A.S.: J'ai d'abord fait beaucoup de recherches. J'ai constaté que la plupart des Ivoiriens et de nombreux autres étrangers en Allemagne suivent une formation dans le domaine des soins infirmiers ou du social. Je voulais essayer quelque chose de différent et explorer de nouvelles voies. C'est pourquoi j'ai choisi cette formation particulière. J'aime faire des choses qui sortent de l'ordinaire.
• M-A.Y. W: Comment s'est déroulée la procédure de candidature ?
• A.S.: J'ai regardé beaucoup de documentaires pour comprendre comment se déroule la formation, ce qu'on y apprend et quelles sont les tâches à accomplir. Je me suis posé beaucoup de questions : suis-je prêt ? Est-ce que je supporte la vue du sang ? Est-ce que je peux accepter que des patients arrivent, que nous fassions de notre mieux et que certains ne survivent quand même pas ? Ensuite, j'ai recherché différents hôpitaux qui proposent cette formation et j'ai comparé leur qualité. J'ai visité de nombreux établissements et pris rendez-vous afin de comprendre leurs attentes.
• M-A.Y. W: Qu'apprend-on à l'école et dans la pratique ?
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A.S.: À l'école, nous apprenons l'anatomie, la physiologie et l'hygiène. C'est très important. Nous apprenons comment nous comporter dans une salle d'opération et comment utiliser des instruments stériles. Certains collaborateurs sont stériles, d'autres non. Il faut savoir quelle distance garder et comment éviter toute contamination.
La formation est très théorique. Il faut avoir beaucoup de connaissances sur le corps humain et être capable de reconnaître beaucoup de choses. Dans la pratique, on apprend plutôt à gérer les patients et leurs proches. Même si un cas est difficile, nous ne devons pas montrer notre peur. Nous devons donner de l'espoir et réconforter, de manière professionnelle et calme.
• M-A.Y. W: Quel conseil donneriez-vous aux Ivoiriens ou aux Africains qui souhaitent suivre cette formation ?
• A.S.: Il faut être prêt à apprendre, notamment en raison de la langue. L'allemand n'est pas notre langue maternelle. Il faut accepter les critiques et rester modeste. La formation est difficile, mais avec de la persévérance et de la résilience, on y arrive.
• M-A.Y. W: Quelles sont vos tâches actuelles en tant qu'apprenti ?
• A.S.: Il y a différentes phases au cours des trois années. La première année, on ne va pas directement au bloc opératoire. On apprend plutôt les soins postopératoires. Maintenant, en troisième année, j'assiste à la table d'opération, je prépare les patients et j'informe les médecins si quelque chose ne va pas.
• M-A.Y. W: Quels sont vos projets après votre formation ?
• A.S.: Mon premier objectif est de gagner ma vie. On ne vit pas seulement d'amour. Plus tard, j'aimerais poursuivre mes études et me spécialiser davantage.