CONCEPT DES COMMISSAIRES

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LE FARDEAU DE LA MÉMOIRE : CONSIDÉRANT L’HISTOIRE COLONIALE ALLEMANDE EN AFRIQUE « La mémoire rejette évidemment l’amnésie...» (Soyinka 1999)

Dans son livre révolutionnaire intitulé The Burden of Memory, the Muse of Forgiveness (1999), Wole Soyinka interroge la manière dont les histoires dévastatrices de l’oppression ont été traitées au moment de l’indépendance. Il questionne : «Une fois l’oppression terminée, la réconciliation entre l’oppresseur et la victime est-elle possible ? Vus les ravages séculaires que l’esclavage, le colonialisme, l’apartheid et les multiples visages du racisme ont fait subir au continent africain et à sa diaspora, quelles formes de réparation pourraient se montrer adéquates ?» Ecrivant sur la manière dont différents Etats ont essayé d’affronter ces atrocités au travers de dispositifs tels que Vérité et Réconciliation pour empêcher que de telles histoires ne surviennent à nouveau dans le monde contemporain et pour que l’on s’achemine vers un point de guérison, Soyinka propose une troisième façon d’aborder ces histoires. Il pose l’art - la poésie, la musique, le théâtre et les arts visuels - comme la possible «semence de réconciliation» en affirmant «l’art comme un généreux réceptacle qui peut contenir et le fardeau de la mémoire et l’espoir du pardon».
Partant de la proposition de Soyinka et la liant à l’histoire du colonialisme allemand en Afrique, ce projet entreprend de mettre en commun certaines créations artistiques produites durant les dix dernières années dans les six pays africains affectés par cette colonisation : Burundi, Rwanda Tanzanie, Namibie, Togo, Cameroun, sans oublier les diasporas africaines en Allemagne. Il propose une concentration de créations artistiques qui montrent la proximité et la distance de ce passé, en même temps que la trame commune des différentes façons par lesquelles opérateurs culturels abordent cette histoire dont l’impact est largement disséminé sur l’ensemble du continent africain. Cette diversité de formes témoigne d’une histoire enchevêtrée entre imaginaire et réalité, en soulignant la puissance et la capacité des expressions artistiques à revisiter l’histoire avec un regard critique. La narration n’est pas contée du seul point de vue des vainqueurs, mais aussi de celui qui exerce un pouvoir de résilience et de résistance contre la colonisation en Afrique. Soyinka décrit cela comme «l’auto-réparation au travers d’une éthique humaniste», en soulignant que cela montre la complexité de la mémoire qui, d’un côté, impose aux Africains de se souvenir ou de ne pas oublier et, de l’autre, suscite le désir de dépasser ce passé et de guérir.
En donnant à ce travail un titre se référant à l’œuvre de  Soyinka, nous contemplons les portes que les praticiens ont ouvertes dans leurs réflexions sur la façon dont les sociétés africaines se reconstruisent dans le contemporain à partir de ce passé colonial.
Princesse Marilyn Douala Manga Bell
Rose Jepkorir Kiptum
Nontobeko Ntombela

PRINCESS MARILYN DOUALA MANGA BELL © Goethe-Institut Kamerun

Princesse Marilyn Douala Manga Bell from Cameroon

Princess Marilyn Douala Manga Bell was born in Cameroon in 1957, into the royal family of the Bell lineage. She runs the Doual'art Contemporary Art Centre, founded in 1991 with the art historian Didier Schaub. It is imperative to them both that new urban identities accompany the construction of a contemporary citizenship through artistic action in the urban social space. Further, they view this kind of practice as crucial to popular education as well as the constant construction and rehabilitation of collective memory. Doual'art's main tool is the international triennial of public art, SUD - Salon Urbain Douala - which, since the first edition in 2007, has offered more than 80 works of art and art events in the city of Douala. Each edition has a specific theme. The next edition, SUD2021, aims to visit the concept of heritage and to challenge the question of the Western museum in Africa. Since 2014, Princess Marilyn Douala Manga Bell has been working on memorial projects about German colonial history in Cameroon.

ROSE JEPKORIR KIPTUM © Goethe-Institut Kamerun

Rose Jepkorir Kiptum from Kenya

Rose Jepkorir Kiptum is a curator working with artists and others from Nairobi. She has developed and participated in a range of collaborative projects and events including exhibitions, texts and readings. Selected work includes; From Here to When(2019), Wanakuboeka Feelharmonic (2018), Naijographia: A play on travelling time and place(2017), and 28 Words in Maputo (2015). Jepkorir participated in Curatorial Program Research residency; We are (not) one - Artists, Curators, Institutions and Diversity in Latin America, the inaugural Goethe-Institut, Nairobi curatorial workshop, and is an alumnus of the Asikó International Art School.

NONTOBEKO NTOMBELA © Goethe-Institut Kamerun

Nontobeko Ntombela from South Africa

Nontobeko Ntombela is a curator based in Johannesburg. She currently works at the Wits School of Arts developing the postgraduate programs in curatorial and exhibition practice.She previously worked as the curator of the contemporary collection at the Johannesburg Art Gallery (2010–12) and the Durban Institute of Technology Art Gallery (2006–10). Some of her curatorial projects include; being a member of the curatorial team of the newly established Stellenbosch Triennale which opens in February 2020; Solo at Cape Town Art Fair (2018); A Fragile Archive at Johannesburg Art Gallery (2012); MTN New Contemporaries (2010) for which she was a guest curator; Layers at the Goodman Gallery project space, Johannesburg (2010); Modern Fabrics at the Bag Factory, Johannesburg (2008); From Here to There at the Association of Visual Arts (AVA), Cape Town (2007), as part of the CAPE 07 fringe. Ntombela is the co-editor (with Reshma Chhiba) of the recently launched book titled The Yoni Book. She has participated in international programs including the Bilateral Exchange Project between Germany and South Africa (2007); Close Connections (Africa Reflected) Curator’s Workshop in Amsterdam (2009); Break the Silence Scotland (2002–3).