Cinéma Numérique Ambulant Le cinéma s’invite à Tignère

Deux soirées durant, le Cinéma Numérique Ambulant a permis aux riverains d’apprendre des autres peuples via la magie de l’image.

À l’heure de rejoindre l’auberge municipale où elle a pris ses quartiers, l’équipe du Cinéma Numérique Ambulant Cameroun (CNA) a le triomphe modeste en ce 23 juin 2015.
Comme souvent. A la satisfaction d’avoir bouclé cette étape enfin, s’ajoute la peine de n’avoir pas rempli son contrat d’avec les populations jusqu’au bout. D’ailleurs dans le ciel en cette heure où la nuit est en son milieu, une giboulée persiste, succédant à l’envahissement de la lune par de gros nuages menaçants quelques heures plus tôt. La deuxième soirée de projection de cette étape de Tignère tire alors à sa fin.

Deuxième soirée? Oui dans la mesure où la première prévue le 22 n’a pas pu se tenir. La faute à dame pluie qui arrosa la ville ce soir-là, assortie de tornade et d’éclairs qui zébrèrent le ciel des heures durant, renvoyant l’équipe à la maison ; elle qui avait pourtant déjà installé le matériel de projection. Avec au bout une conséquence fâcheuse pour Ange, Valérie et Stéphane du CNA qui durent le lendemain faire un détour chez un bricoleur du coin pour remettre en marche le précieux générateur alors enrhumé. D’ailleurs, ce dernier fit quelques misères au lancement de la soirée du lendemain. Mais il en fallait plus pour démonter Stéphane qui usa de sa longue expérience du CNA depuis sa création en 2012 pour trouver la parade salvatrice et ainsi sauver une soirée qui suivait les pas de la précédente.

Ce soir-là, les Tignérois découvrirent avec émerveillement les œuvres cinématographiques au programme. Avec une certaine joie. Surtout pour les enfants qui s’étaient massés devant l’écran mobile avec un empressement qui n’a d’égal que la soif de découvrir. Entre courts et long métrages, films de fiction et documentaires africains, ils furent servis. Avec à chaque fois les interventions de Valérie pour présenter le film, en expliciter les zones d’ombre et inviter, à la fin d’une projection, le public à réagir. Ce qui ne fût guère facile pour cette dernière opération dans la mesure où les thématiques des films croisaient souvent les tabous prégnants ici : mariage précoce, excision, polygamie, révolte des femmes, etc. Durant la projection cependant, les langues, surtout celles des plus jeunes, se déliaient à souhait. Pour s’émouvoir, anticiper la suite où prévoir l’issue de l’intrigue. Ce faisant, ces cinéphiles d’un jour laissaient échapper des soupirs de satisfaction, des cris de joie ou encore l’effroi lié à la tournure des événements prévus par les différents scénarios.

Deux soirées de communion donc. Qui connurent une participation plutôt respectable à défaut d’être honorable. Où des personnalités publiques de premier plan comme le sous-préfet ou d’autres responsables de services administratifs firent le déplacement. Apportant leur caution à cette opération dénommée «Cinéma pour tous» qui se développe dans le cadre du Programme C2D-Culture en partenariat avec le ministère  des Arts et de la Culture. Et qui a pour objectif, comme le soulignait récemment la présidente du CNA Cameroun Stéphanie Dongmo au journal Mosaïques (N0 051), d’«amener le cinéma vers les populations qui n’y ont pas souvent accès». Avant d’ajouter : «Lancé le 30 janvier dernier à Yaoundé, ce projet consiste en l’organisation d’une tournée de 100 projections cinématographiques dans quatre régions du Cameroun que sont le Centre, le Littoral, l’Adamaoua et le Sud-Ouest». Après Tignère donc, l’équipe a pris la direction de Tibati, toujours dans la région de l’Adamaoua.