Cinéma GermanOFilms : Le temps des rêves

Le temps des rêves, A. Dresen © Rommel Film/Pandora Film/Peter Hartwig

Sa, 30.11.2019

Cinéma Odyssée

3, rue des Francs Bourgeois
67000 Strasbourg

de Andreas Dresen, Allemagne 2015, 117 min.

Il y a quelques années à peine, Dani, Rico, Paul et Mark étaient encore des écoliers de RDA soumis à des contraintes idéologiques, certes, mais également bien à l'abri dans un train-train quotidien sans surprises. Après la chute du Mur, toutes les règles établies semblent dépassées. Les amis profitent de l'anarchie privée dont ils jouissent désormais, sortent la nuit dans Leipzig, foncent ivres au volant de voitures volées à travers les rues de la ville endormie, consomment des drogues, vandalisent et se réjouissent des destructions dont ils sont les auteurs. Ils montent une boîte de nuit, mais leur projet échoue au bout d'un an face à la violence des néonazis. Rico gâche sa carrière de boxeur, Paul s'essaye dans le commerce de films pornographiques ; Mark perd le contrôle sur sa vie, quant à Dani, il rate le grand amour. Als wir träumten raconte l'histoire d'une génération perdue, victime involontaire de la réunification.
 
Andreas Dresen donne à Als wir träumten un rythme effréné, sonore comme visuel, guidé par les lumières clignotantes (parfois pénibles) des stroboscopes de boîtes de nuit. Tous les actes des protagonistes du film, dont la plupart sont très violents, semblent toujours être motivés par la volonté secrète de s’immuniser contre une déception profonde et inconsciente. On a l’impression que le réalisateur tente lui aussi indirectement de revenir sur ses propres expériences : « D’un point de vue politique surtout, ce fut une période marquée par la désillusion ; je suis d’ailleurs moi-même ressorti assez déçu de la réunification. Nous avions espéré que la réunification serait davantage qu’une simple récupération. Jusqu’à présent, nous avons surtout débattu des questions touchant à la culpabilité et à l’implication, les grands films dramatiques sur fond de Stasi ont déjà été tournés. Mais nous ne nous sommes pas assez penchés sur les immenses possibilités qui se sont offertes à nous au cours de cette période et sur l’incroyable force inhérente à l’anarchie. » (Dresen)
 
 
En partenariat avec le Cinéma Odyssée Strasbourg

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