Divan historique Alexandra Przyrembel

Couverture du magazine allemand « Spiegel » avec une photo en noir et blanc de Ilse Koch So unaussprechlich unanständig. Niemals besser illustriert – Ilse Koch« [»Si inexplicablement indécente. Jamais mieux illustrée – Ilse Koch«], couverture du SPIEGEL pour l’article »Lady mit Lampenschirm« [»Lady avec abat-jour«], 15/2/1950 (n° 7), , https://www.spiegel-antiquariat.de/media/image/3e/88/1c/sp50_07.jpg.

Lu, 13.11.2023

18h30 - 20h30

Hybride : Institut historique allemand & en ligne

Sous l’emprise du mal. Ilse Koch – un chapitre de l’histoire de la société allemande de 1933 à 1970

Ilse Koch (1906–1967) était l’une des rares délinquantes nazies féminines condamnées après la Seconde Guerre mondiale. Dès 1932, elle devint membre du parti national-socialiste et en 1936, elle épousa Karl Koch, futur commandant du camp de concentration de Buchenwald. En 1947, elle a comparu devant un tribunal américain en Allemagne occupée, et en 1950/51, elle a fait l’objet d’un nouveau procès devant la cour d’assises d’Augsbourg, qui l’a condamnée à la prison à vie. La presse nationale et internationale a abondamment parlé de la « sorcière de Buchenwald », considérée comme particulièrement cruelle.

L’historienne Alexandra Przyrembel esquisse le parcours d’Ilse Koch, de l’époque du national-socialisme à son suicide en 1967 en prison, en passant par le procès, le temps passé dans la prison pour femmes et le soutien apporté par le réseau « Stille Hilfe ».
Przyrembel reconstruit les différents récits sur Ilse Koch et montre quelles représentations de la violence, du genre et de la culpabilité s’y cristallisent. Plus Ilse Koch était décrite de manière cruelle, plus les Allemands en tant qu’individus et les sociétés d’après-guerre dans leur ensemble pouvaient se distancier d’elle et se déculpabiliser en situant le mal personnalisé en dehors de la sphère humaine.

Alexandra Przyrembel est professeure d’histoire contemporaine de l’Europe à l’université de Hagen. Ses recherches portent entre autres sur l’histoire globale du savoir, la richesse dans le cadre d’une histoire globale du capitalisme, la violence et la politique de la mémoire ainsi que l’antisémitisme au XXe siècle. Elle discutera avec Elissa Mailänder, professeure associée au Centre d’histoire de Sciences po. Ses recherches portent sur la Seconde Guerre mondiale et l’Allemagne nazie, sur l’histoire de la violence et de la sexualité. Corine Defrance (CNRS) et Ulrich Pfeil (univ. Lorraine) animeront la discussion.
 
En coopération avec l’Institut historique allemand (IHA), l’Université de Lorraine/Cegil, le LabEx EHNE et le Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'Allemagne (CIERA)
 

Retour