Journées d’études Peuple(s) en colère

Peuple(s) en colère © Creative Commons

Jeu, 21.11.2019 -
Sa, 23.11.2019

Maison de la Recherche

29 avenue Robert-Schuman
13621 Aix-en-Provence

Peuple(s) en colère

Journées d’études

Il aura suffit d’une « taxe de trop » pour qu’un mouvement inédit, lancé sur les réseaux sociaux, naisse et se développe à la vitesse d’un incendie. En France, de novembre à mai 2019, les « gilets jaunes » ne se sont pas contentés de bloquer routes et ronds-points. Plusieurs samedis de suite, on a vu à Paris et dans des villes de moyenne importance une logique violente à l’œuvre, où il s’agissait de « tout casser pour se faire entendre ». Sous l’œil médusé des médias européens, la France semblait rejouer la révolution. Pendant des mois, chaque samedi, des milliers de personnes se sont rassemblées et ont manifesté. Trop longtemps invisible, inaudible, la  « France périphérique », la « France des ronds-points » - ou tout simplement la France populaire – est enfin réapparue dans le champ de l’attention publique.
 
En Allemagne, une forte culture de la négociation est longtemps parvenue à limiter les confrontations entre classes et groupes sociaux. Les interrogations sur les inégalités, les problèmes sociaux et économiques n’en sont pas moins profonds outre-Rhin. En 2017, 19,2% de la population allemande était menacée par la pauvreté, plus de 20% des enfants sont pauvres, et lors des derniers débats électoraux, tous les partis politiques ou presque étaient à ce point conscients du caractère problématique des réformes Hartz datant de 2005 que tous voulaient les réformer. Plus grave : trente ans après, les tensions s’aggravent, notamment dans l’est du pays, entre « perdants » et « gagnants » de la réunification, et la crise des migrants de 2015 n’est pas la seule responsable d’une poussée de xénophobie. Les mouvements PEGIDA  et les succès du parti AfD sont la preuve qu’en Allemagne aussi, les inégalités sociales sont à l’origine de tensions qui peuvent déboucher sur des affrontements entre groupes.
 
Notre journée d’études interrogera les mouvements sociaux actuels en France et en Allemagne et leurs ressorts, en observant notamment le succès inédit que l’ouvrage (entre témoignage et enquête) du Français Didier Eribon, Retour à Reims, rencontre en Allemagne depuis sa traduction en 2016. Notre manifestation est en effet organisée à l’occasion de la venue au Théâtre National de la Criée de Thomas Ostermeier et de sa mise en scène de la pièce tirée de l’ouvrage de D. Eribon. Le documentaire de Charly Hübner et Sebastian Schultz, Wildes Herz, sorti en salle en Allemagne en avril 2018, un portrait du leader du groupe punk engagé contre les néonazis, montre quant à lui comment agir contre les extrêmes, et nous aidera à porter le regard sur les tensions qui parcourent en ce moment la société allemande.
 

Programme prévisionnel 

Jeudi, 21 novembre 2019 
20h00    "Retour à Reims" - mise en scène de Thomas Ostermeier au Théâtre National de La Criée, bord de plateau avec Nicole Colin avant le spectacle : 19h15.

Vendredi, 22 novembre 2019
14h00     Ouverture et introduction: Regards croisés sur la colère
14h30     Ingrid Holtey (Professeur en Histoire, Universität Bielefeld): Les Gilets Jaunes
15h30     Pause café
16h00     Catherine Teissier (MCF en Etudes germaniques, AMU) : Le retour de la question sociale dans la littérature d’aujourd’hui – une comparaison franco-allemande
17h00     Thibaut Chaix-Bryan (Lyon): Résistances à Chemnitz : des artistes porte-parole de la société civile
18h00     Projection des extraits du film « Wildes Herz » de Charlie Hübner et discussion
 
Samedi, 23 novembre 2019
9h00      Hanna Klimpe (Professeure en Social Medias, HAW Hamburg) : La poussée droitière dans les réseaux sociaux des sites d’actualités français et allemands LE MONDE et SPIEGLE ONLINE
10h00     Thomas Bedorf (Professeur en Philosophie, Universität Hagen, IMéRA) : La rhétorique du ressentiment politique
11h00     Pause-café
11h00     Joachim Umlauf (Directeur du Goethe-Institut Bucarest/Chercheur associé à l’Universeit van Amsterdam) : Un pressentiment littéraire ? Quelque remarque sur un texte de Daniel Kehlmann
12h30     Nicole Colin (Professeure en Etudes germaniques, AMU) «Retour à Reims» : à propos d’un malentendu transculturel 
13h30     Synthèseet clôture

 
Partenaires: Théâtre National de La Criée, Marseille – EA 4236 ECHANGES – IMéRA – Goethe Institut Lyon et Marseille – Centre Franco-Allemand de Provence – Collège Doctoral Franco-Allemand « Conflits de Culture – Cultures de conflit »

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