Un/Controlled Gestures ?
Questionner la « kafala » (كفالة) aujourd’hui dans la région MENA

« Kafala » (كفالة) © Goethe-Institut Rabat

UN PROJET DU GOETHE-INSTITUT-INSTITUT EN SOUTIEN À LA CRÉATION CHORÉGRAPHIQUE EN AFRIQUE DU NORD ET AU MOYEN ORIENT (2019-2020)


Découvrez des extraits des 8 works in progress issus du projet "Un/Controlled Gestures ? sur notre chaine You Tube". videos ici

Le projet “Un/Controlled Gestures ?” offre l’opportunité à de jeunes danseurs-chorégraphes de la région MENA de créer et de présenter de nouvelles performances. Celles-ci reflètent leur réflexion sur l’autonomie du corps et sur le contrôle social exercé sur les corps, dans ses dimensions politiques, économiques et interpersonnelles. Le point de départ du projet est un questionnement sur la kafala, un concept qui correspond à des pratiques différentes dans la région, mais qui inclut dans tous les cas une dimension de protection et de contrôle du corps.

Huit danseuses et danseurs-chorégraphes issu.e.s de la région MENA ont été sélectionné.e.s sur une trentaine de candidatures. Chacun.e a développé une nouvelle pièce autour de la question du contrôle du corps (titres provisoires):

Amar Al Qady (Alexandrie) – I I I I Displacement
Eslam Elnebishy (Le Caire) – „Go back to your seat please!”(solo)
Manal Tass (Casablanca) - „Koboul” (solo)
Mohammed Issaoui (Tunis) - „Steps” (solo)
Salma Salem (Le Caire) - „Anchoring” (solo)
Sahar Damoni (Shefa-'Amr) - „Eat Banana & Drink pills" (solo)
Said El Haddaji (Rabat-Kenitra) - „Sorakhe” (quatuor)
Samaa Wakeem (Mi'ilya ) - „I’m losing it” (solo)

L’un des principaux objectifs du projet est de permettre à ces artistes issus.e.s de quatre différents pays de comparer leurs expériences dans leurs contextes sociaux et politiques spécifiques et d’échanger sur leurs pratiques artistiques. Le Goethe-Institut a décidé d’organiser les trois rencontres du projet dans la région même, afin d’encourager la mobilité régionale, souvent freinée par le manque d’opportunités ou la politique des visas. Dans chaque lieu, des rencontres et des visites permettent aux artistes de découvrir la scène artistique locale et d’étendre leur réseau et leurs contacts.

En juin 2019 à Rabat (Maroc), un séminaire de réflexion réunissant des théologiens, des sociologues et des artistes a apporté un éclairage sur ce qu’est la kafala aujourd’hui. Les participants ont discuté plus largement de la problématique du contrôle du corps dans la région. Cette première rencontre était l’occasion pour les chorégraphes sélectionné.es de travailler sur le concept de leurs futures pièces.


Manal Tass – Un-controlled Gestures © Goethe-Institut-Sabry Khaled
Après cette phase de réflexion, une première résidence de création de deux semaines a réuni en septembre 2019 au Caire (Egypte) les chorégraphes. Les artistes ont présenté au Goethe-Institut du Caire un Work in Progressde leurs futures performances.

Une dernière résidence s'est tenue fin janvier 2020 à Tunis (Tunisie)  au cours de laquelle des chorégraphes et des dramaturges ont appuyé les artistes émergents à finaliser leurs créations. 6 des 8 projets ont pu être présentés à la Cité de la Culture à Tunis le 1er février 2020, avec la participation cette fois-ci des collaborateurs et danseurs des différentes compagnies. Le Goethe-Institut essaiera par la suite de faciliter la diffusion de ces pièces dans la région MENA, mais aussi en Allemagne et en Europe.

Un/Controlled Gestures ? © Goethe-Institut-Sabry Khaled
Pendant la crise liée au virus du Covid-19, le Goethe-Institut a offert la possibilité aux 8 artistes de "Un/Controlled Gestures de présenter leur travail à travers une série de Talks en live sur facebook.



Tout au long du processus de création, les artistes sont accompagné.e.s par des commissaires sélectionnées par le Goethe-Institut. Grâce à leur expertise et aux rencontres programmées dans le cadre des trois ateliers, les jeunes chorégraphes acquièrent de nouvelles compétences et apprennent à s’évaluer mutuellement dans un environnement critique et constructif :

Nedjma Hadj Benchelabi, commissaire en arts performatifs et dramaturge. Suit l’ensemble du projet, depuis la sélection des artistes jusqu’à la présentation des pièces. Née à Alger, Nedjma Hadj travaille à Bruxelles. Elle a collaboré au projet artistique du Théâtre de la ville de Bruxelles, le KVS. Jusqu’à 2013 elle est programmatrice aux Halles de Schaerbeek et dès lors contribue activement à la visibilité et au soutien des artistes contemporains du monde arabe. Elle est en 2012 programmatrice de la saison artistique marocaine en Belgique. Depuis 2014, elle est programmatrice au festival de danse contemporaine de Marrakech, « On Marche ». En 2017, elle est associée au « D-CAF », Festival multidisciplinaire au Caire et au ‘Arab Art Focus -Show Case à Edinbourg. Récemment, elle a été curatrice au festival multidisciplinaire « Tashweesh » pour le Goethe-Institut au Caire et à Bruxelles. N. Hadj Benchelabi accompagne par ailleurs en dramaturgie des projets de performance scénique. Elle publie et donne régulièrement des conférences sur ce domaine en tant que dramaturge et programmatrice en danse contemporaine.

Anna Mülter, commissaire en danse et en théâtre, a co-encadré le projet en 2019. Programmatrice aux « Sophiensaele » à Berlin, elle dirige le festival « Tanztage Berlin » qui présente les œuvres de chorégraphes berlinois émergents. De 2016 à 2019, elle été dramaturge au « tanzhaus nrw » à Düsseldorf. Après avoir travaillé pendant 9 ans au HAU Berlin, elle a également été en 2014 la collaboratrice artistique du festival international des arts de la scène « Theater der Welt » à Mannheim. Elle est en 2016 la co-commissaire du festival "Europoly" pour le Kammerspiele München et le Goethe-Institut et co-dirige en 2015 le projet "X appartements" à Athènes.

Anna Wagner, dramaturge et commissaire. Après des études en art dramatique à Berlin et Paris, Anna Wagner a travaillé comme assistante à la programmation danse du théâtre Hebbel am Ufer (HAU) à Berlin, avant de diriger le département de danse du théâtre de Fribourg. Elle a encadré de jeunes artistes dans différentes régions du monde, notamment dans le cadre de la „Colombo Dance Platform“ en 2014. Depuis, elle travaille au centre artistique Mousonturm à Francfort-sur-le-Main où elle accompagne en tant que chargée de production différents artistes comme Daniel Cremer, Eisa Jocson, Paula Rosolen ou Bruno Beltrao. Par ailleurs A. Wagner est à l’initiative de projets qui s’efforcent d’élargir le concept des arts de la scène et du travail de dramaturge projets, comme le premier festival dédié à Offenbach et « The Greatest Show on Earth - Une performance internationale de cirque pour le 21ème