Séminaire sur la littérature contemporaine allemande avec Jo Lendle

Séminaire sur la littérature contemporaine allemande avec Jo Lendle
Goethe-Institut/ Stéphanie Nikolaïdis

Du 11 au 13 juillet 2016, le Goethe-Institut a organisé dans la salle Weimar dudit institut un séminaire sous le thème la littérature allemande contemporaine. Les travaux de ce séminaire étaient dirigés par Johannes Lendle, actuel directeur de Carl Hanser Verlag (maison d'édition Carl Hanser). Johannes Lendle, plus connu sous le nom de Jo Lendle, est en même temps écrivain ; il est l'auteur de plusieurs livres tels que : Die Kosmonautin (2008) et Was wir Liebe nennen (2013).

C'est sur les mots d'introduction et de bienvenue du directeur du Goethe-Institut, Prof. Dr. Michael Jeismann et de Bouya Fall, directrice du centre d'information et de la bibliothèque, que le séminaire a démarré.

Il y avait en outre autour de la table : Prof. Dr. Amadou Oury Bâ, chef du Département de Langues et Civilisations Germaniques de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, représentant le doyen de la faculté des Lettres et Sciences Humaines, Jo Lendle lui-même et Prof. Dr. Daha Chérif Bâ, directeur de l'enseignement supérieur qui représentait le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui a officiellement déclaré le séminaire ouvert. 

Lors de la première journée de ce séminaire, on notait la présence de professeurs du Département de Langues et Civilisations Germaniques de l'UCAD, des étudiants en master et un doctorant dudit département ainsi qu'un professeur venu de l'université Gaston Berger (UGB) de Saint Louis. Après s'être brièvement présenté, Jo Lendle a laissé la parole aux participants qui, à tour de rôle, se sont présentés.

En reprenant la parole, Lendle apportera des compléments d'informations et annonce par la suite les thèmes qui seront abordés durant ce séminaire. La première question était de demander si ce sont les éditeurs qui décident qu'une œuvre doit être classée comme littérature contemporaine ou non. À cette question, il apportera lui-même la réponse en indiquant qu'il y a en fait plusieurs institutions qui en décident. Dans l'histoire de la littérature, chaque période a ses thèmes et ses formes. Il a ajouté qu'on parle justement de littérature contemporaine parce que l'auteur écrit dans les formes et la langue d'aujourd'hui. Lendle rappellera ensuite qu'il existe en effet un rapport de force entre auteurs, maisons d'édition et les lecteurs et que le rôle de la maison d'édition n'est pas de dire à un auteur d'écrire sur tel ou tel autre thème. Selon Lendle le rôle de l'éditeur consiste plutôt à éditer un livre qui intéresse les lecteurs et d'agir de sorte que la curiosité du lecteur soit éveillée afin que le livre soit bien vendu.

Le chef du Département de Langues et Civilisations Germaniques de L'UCAD, professeur Amadou Bâ, a, dans une de ses interventions, mentionné le rôle important que la critique joue dans la vente des livres. Il a cité l'exemple de Marcel Reich-Ranicki, qui était considéré comme le plus grand critique littéraire de la littérature en langue allemande. Selon professeur Bâ une bonne critique de Marcel Reich-Ranicki était synonyme d'une bonne vente de cette œuvre et sa mauvaise critique signifiait une mauvaise vente.Lendle soulignera par la suite que de nos jours les gens lisent moins qu'auparavant. La plupart d'entre eux préfère, au lieu de lire un livre acheté dans une bibliothèque, lire sur leurs téléphones portables et tablettes les livres électroniques qui représentent aujourd'hui une réelle concurrence pour les livres physiques. Il dira par la suite, en tant qu'expert, que la présentation du livre joue aussi un grand rôle dans son futur succès auprès des lecteurs.  

L'après-midi du 11 juillet et la journée du 12 juillet ont été consacrés à la phase pratique. Des extraits de livres d'auteurs contemporains ont été distribués aux participants. Les auteurs et œuvres choisis étaient les suivants : Clemens Meyer : Als wir träumten (2007) ( un des auteurs contemporains les plus primés), Martin Kluger : Die Gehilfin (2008), Leif Randt : Leuchtspielhaus (2010), Jan Brandt : Gegen die Welt (2011), Thomas Glavinic (un des plus grands auteurs autrichiens contemporains) : Das Größere Wunder (2013), Lutz Seiler : Kruso (2014) (lauréat du prix du livre allemand de la même année), Arno Geiger : Selbstporträt mit Flusspferd (2015), Abbas Khider : Ohrfeige (2016), Ronja von Rönne : Wir kommen (2016), Tilman Rammstedt : Morgen mehr (à paraître).

Ces œuvres sélectionnées se distinguent autant par le choix des thèmes qui y sont traités que par la construction du récit. Le désespoir, la culpabilité, ne plus être soi-même maître de son destin (Geiger), l'opposition présent - passé (Meyer), la difficulté de devenir adulte, la fuite de la réalité et le citoyen face aux règles établies (Ronja von Rönne), l'immigré face à la bureaucratie allemande (Abbas Khider) sont quelques uns des thèmes abordés dans ces œuvres. Le registre de langue (Khider), l'ironie (Rönne), l'usage d'indice avec des fonctions déterminées (Seiler), une narration particulière (Glavinic) sont quelques uns des procédés littéraires caractérisant la littérature contemporaine allemande. Un autre élément important concerne la présence d'auteurs issus de l'immigration qui, au début, n'étaient pas reconnus comme appartenant à la littérature allemande. De nos jours cette situation a changé et on en veut pour preuve, comme l'a d'ailleurs souligné Jo Lendle : « lors du dernier prix Ingeborg Bachmann 10 textes sur 17 étaient d'auteurs issus de l'immigration ».

Les organisateurs, Jo Lendle et tous les participants qui ont avec leurs interventions largement contribué à rehausser le niveau des débats, se sont réjouis de l'organisation et du contenu de ce séminaire.