Au Coeur de la Littérature Moustapha Diallo : Visionäre Afrikas

Moustapha Diallo
Photo (détail) : Stéphanie Nikolaidis

La salle Weimar a ouvert ses portes ce 29 avril, pour accueillir une rencontre littéraire spéciale. Spéciale d'abord par le nombre de participants, mais aussi parce que l'œuvre qui a été présentée est écrite en allemand. Cette œuvre consacre à travers 42 portraits des figures marquantes de l'histoire africaine, plus de 300 pages dont les auteurs viennent à la fois d'Afrique et de sa diaspora.

Tout a commencé par une brève présentation par Bouya Fall des participants à cette rencontre notamment Moustapha Diallo, le directeur de publication et auteur, Karfa Sira Diallo et Djibril Diallo Falémé, auteurs chacun d'un portrait. Pour ouvrir les hostilités, Kemit a présenté un texte de slam sous les mélodies de Xalam de Doudou Garang. Ce fut ensuite à Moustapha Diallo de prendre la parole pour présenter son œuvre. Bien installé aux côtés des autres auteurs et des modérateurs, Bouya Fall et Oumar Ndiaye, il a commencé en précisant que la rédaction de ce livre est partie d'une frustration, face à une injustice dont son fils a été victime.

Son projet principal a été donc de rassembler des africains, afin qu'ils parlent à travers le portrait de figures marquantes de l'Afrique eux-mêmes de leur continent. A cet effet il précise : «la meilleure manière de présenter l'Afrique, c'est de parler de ses personnages, l'unité est un élément capital pour l'éclosion du continent, une souris ne peut rien dire à un éléphant». Après cette belle présentation, ce fut au tour de Karfa Diallo de prendre la parole, il a salué l'aboutissement de cette œuvre à laquelle il a participé, tout en montrant son rôle capital : «il est très facile de se perdre dans cet univers, face à la violence de la mondialisation, savoir qui on est, permet de retrouver ses repères» ; il a justifié ainsi le choix de son personnage : «je suis un militant, depuis 20 ans que je vis à Bordeaux, je m'intéresse aux questions de mémoires, le personnage que j'ai choisi (Olaudah Equiano) est certes méconnu, mais il a joué un grand rôle dans l'affirmation de l'homme noir, en écrivant en 1789 le premier manifeste littéraire de la libération de l'homme noir». C'était ensuite au tour de Djibril Diallo Falémé de prendre la parole, après avoir remercié le Goethe Institut et présenté son personnage (Babemba Traoré), il précise : «il n'y a en réalité aucune différence entre maliens, nigériens, sénégalais, gambiens, c'est le même peuple qui vit à des endroits différents».

Suite à ces interventions, Moustapha Diallo a présenté les 42 portraits. Karfa Diallo repris la parole en mentionnant que : «l'Allemagne ne s'est pas toujours bien comportée, mais les deux guerres ont été déterminantes pour son changement radical » Ce fut ensuite l'ouverture aux questions du public, une des intervenantes a estimé que «les africains ne doivent pas prospérer ailleurs mais sur le continent», Karfa Diallo répondit par contre : «on prospère là ou l'histoire nous mène » ; Mariama Ndoye qui remercia l'auteur et éditeur pour cette initiative, pense que : «chaque personne a ses ombres et ses lumières» ; Ndéye Codou Fall « je pense que ce livre pourra restaurer la dignité de l'Homme noir». Moustapha Diallo a clôturé la rencontre par ces mots : «l'idée de panafricanisme est encore bien vivante, les auteurs ont mis l'accent sur l'unité africaine, la pluralité culturelle».