D'un autre point de vue Je vois ce que tu ne vois pas de Anna-Maria Fehle

Je vois ce que tu ne vois pas
Photo (détail) : Anna-Maria Fehle

Je vois ce que tu ne vois pas et c'est multicolore. C'est bleu turquoise comme le ciel au-dessus de la ville et blanc comme la mousse qui danse sur les vagues qui s'éclatent sur la plage des Mamelles.

Dorés et noirs comme les nombreux taxis qui vrombissent dans les rues comme des abeilles agitées à la recherche d'un nouveau client. Ambre comme la lumière du soleil couchant, qui ici prend 5 minutes à se coucher. Vert herbe comme les oranges locales dans la saison d'oranges, qui commence vers la fin d'année. Vert émeraude comme les feuilles du fromager pendant l'hivernage et ses fruits qui vont bientôt s'ouvrir et desquels vont sortir des petites boules de coton blanches comme neige. Rouge pourpre comme le bissap, qui te rafraîchit après une journée brûlante sous les rayons du soleil étincelant. Beige comme le sable à la plage de la Voile d'Or, melangé à un peu d'ivoire – des coquillages. Rose vif comme les petites fleurs du Baobab, qui contrastent avec ses fruits verts- jaunes.

Couleur « aigue-marine » comme le minaret de la mosquée la plus proche, duquel en entend l'appel du muezzin cinq fois par jour. Transparent comme un moustique nerveux, qui passe devant mon oreille comme un fantôme sans cesse dans la nuit.

Orange foncé comme le riz du plat national sénégalais – le Thieboudieunne. Moucheté blanc et noir comme les moutons, qui se baladent dans les ruelles, sur les toits et dans les patios juste avant la Tabaski – qui se fête un mois après la fin du Ramadan. Orange comme la couleur de l'opérateur téléphonique prédominant – Orange. Aux couleurs magnifiques comme les pirogues, qui prennent la mer au petit et reviennent dans la matinée avec le contenu de leurs filets au marché de poissons.

Je vois ce qui est merveilleux et c'est Dakar.

Je vois ce que tu ne vois pas - de Anna-Maria Fehle