D'un autre point de vue Je vois ce que tu ne vois pas de Lynn Gommes

Je vois ce que tu ne vois pas
Photo (détail) : Lynn Gommes

En tant que touriste dans un autre pays, le regard est attiré par des choses auxquelles les habitants ne font plus attention. Surtout pendant les premières semaines, on est complètement dépassé par toutes ces nouvelles impressions. On ne sait où et quoi regarder, il y a plein d’inconnu et de beau à découvrir. La plupart des choses qui frappe l’étranger, ne sont même plus remarquées par les sénégalais. Ainsi il arrive que je pose des questions à mes collègues auxquelles eux-mêmes ne connaissent pas la réponse. L’origine et la signification de certaines choses m’étonnent, tandis qu’eux les perçoivent comme évidentes depuis l’enfance, raison pour laquelle ils ne les mettent pas en question.

Un des symboles du Sénégal est entre autres le « Car rapide » ; ce minibus peint de toutes les couleurs qui amènent les gens avec leurs biens et avoirs, de quartier en quartier, de rue en rue. La diversité des décorations et des petits détails se retrouvent de façon presque identique sur chaque exemplaire. Une minorité connait cependant la signification de chacun de ces symboles.

Pendant mes premières semaines, j'apprends beaucoup sur la culture quotidienne sénégalaise en observant et en me renseignant. « Sothiou », des branches fines provenant de différents arbres sont utilisées comme soins dentaires ; des petits arrosoirs colorés remplacent le papier-toilette ; des bracelets en argent chassent les mauvais esprits dès la naissance. Beaucoup de choses me sautent aux yeux parce qu'elles sont nouvelles pour moi. D'autres me frappent puisqu'elles sont différentes, et puisque l'homme perçoit son environnement en comparaison au connu et ainsi se rend compte des manques et des différences. La vie se déroule dans les rues de Dakar ; on boit du thé, mange ensemble, s'assoit ensemble – il règne en générale une ambiance ouverte. Des salutations de bienvenue te sont adressées de partout, de sorte que la sensation d'étranger disparait rapidement et on commence soi-même à demander des nouvelles de tout le monde.

Il y a tellement de choses à vivre et à ressentir dans cette culture captivante que chaque jour se transforme en une petite aventure. La fierté des Sénégalais, la « Teranga » (l'hospitalité) se ressent partout et à tout moment. Les connaissances faites dans la rue deviennent des amitiés et les invitations spontanées chez la famille sont des signes d'une ouverture d'esprit et d'une hospitalité qui de temps en temps peuvent être surmenants. La règle d'or en toute situation reste l'amabilité et le calme.

Après quelques semaines cette habitude naît aussi en moi et ce qui a attiré mon attention au début, me paraît évident. Je le comprends comme un signe de mon intégration sociale réussie et de mon bien-être au cœur du quotidien sénégalais. Des choses qui m'ont étonné au début, font naître un sourire au coin de mes lèvres.

Je vois ce que tu ne vois pas