Espèces d’arbres introduites au Togo

Pousses de teck de Mango
Pousses de teck de Mango | © Goethe-Institut / Do Kokou

La végétation du Togo a connu une transformation au cours de la période coloniale allemande avec l’introduction de nouveaux types d’arbres. Avant l’époque coloniale il est connu que sur le littoral de la ville de Lomé étaient plantés des cocotiers qui seraient importé au XVIè siècle sur la cote ouest africaine par les Portugais. En effet, le cocotier était la plante qui poussait le mieux sur le cordon littoral situé en face de l’océan. Les populations de la côte du Togo (Lomé, Bè, Aného, Baguida) utilisaient aussi le cocotier pour marquer leurs propriétés. Les premières factoreries commerciales allemandes qui étaient sur la côte togolaise avant 1884 avaient alors planté elles aussi des cocotiers dans le périmètre de leur propriété.

Puisque le cocotier était bien apprécié dans le cercle du gouvernement colonial allemand aussi, l’assistant de douane, fonctionnaire allemand Richard Küas a fondé avec d’autres Allemands la « Société de plantation de Lomé » qui a acquis en 1893 un terrain à Lomé (Amoutivé) où elle a planté 27000 cocotiers. Quelques commerçants africains installés dans les environs de Lomé produisaient par ailleurs le coprah pour l’exportation.
 
Le besoin de l’introduction de nouveaux types d’arbres a commencé avec le tracé des rues dans la colonie en 1889. L’administration coloniale avait décidé de remplacer les cocotiers qui bordaient les premières rues par des arbres d’ombrage pouvant former un épais feuillage au-dessus des rues. Pour étudier les espèces d’arbre qui pouvaient bien croître sur le sol togolais, l’administration a installé un jardin botanique d’essai à Lomé Kodomé. Les essais ont montré que l’amandier indien (Terminalia catappa) était bien adapté à la région côtière. En 1905, cette espèce était essentiellement plantée dans les circonscriptions d’Aného, Misahöhe-Kpalimé, Sokode, Ho et Kpandu (dans l’actuelle Ghana).

Manguier à Naboulgou Manguier à Naboulgou | © Goethe-Institut / Do Kokou Le jardin botanique a fourni des graines de filao (casuarina equisitifolia), une espèce d’arbre qui a été plantée à Lomé et à Aného; en 1907 des graines de teck (Tectona grandis) sont envoyées jusqu’à Mango et Kété-Kratchi. Des plantes à valeur économique telles que les mangues greffées ont été importées de la colonie française du Dahomey suite à une visite effectuée dans cette colonie en 1908 par le gouverneur du Togo Julius von Zech. Des graines d’autres espèces d’arbre comme l’Albizzia lib hec, le Pithecolombium, le Princiana regia et le Tetrepleutetraptera ont été reçues du jardin botanique de Victoria de la colonie allemande du Cameroun.

Les espèces d’arbres issues du jardin botanique de Lomé auraient servi à border les rues dans presque toutes les régions du Togo, certaines espèces auraient servi aussi de plantes d’ornement et commerciales.

Cette habitude du temps colonial a-t-elle inspiré les gouvernements du Togo indépendant dans leurs campagnes de promotion de la journée de l’arbre ?
 
Localisation

  1. Jeune pousse de teck à Mango (DSCN 1980)
  2. Kapokier à Naboulgou (DSCN 2006)        
  3. Manguier à Naboulgou (DSCN 2014)       
  4. Portion de route bordée de Tecks à Naboulgou. (DSCN 2015)