Amin Un souk digital pour la Tunisie

Le projet Amin, un projet ambitieux destiné à accompagner des jeunes entrepreneurs dans la commercialisation, via internet, des produits du terroir.

Deux éléments l’ont conforté dans ce choix. Le premier est la quasi absence de la Tunisie dans un marché électronique international en pleine croissance. Le deuxième est le potentiel de commercialisation des produits artisanaux et du terroir de producteurs très peu connus, nullement organisés en entreprises, repartis sur toutes les zones rurales, d’une catégorie sociale très modeste et ne disposant d’aucun moyen pour valoriser leurs produits. L’ambition d’Adel Guitouni serait de les découvrir, les inclure dans le circuit économique et les faire connaitre à l’échelle internationale. Un tel projet aura plusieurs impacts. D’abord sur l’économique du pays en termes de rentrées de devises. Ensuite, un impact social susceptible de valoriser le travail des petits producteurs et enfin, un impact culturel puisqu’il s’agit d’apporter une plus-value au patrimoine du pays.

Tout cela ne peut être réalisé qu’au moyen d’un travail de marketing efficace et d’un projet solide destiné à renforcer les capacités des jeunes tunisiens et les aider à créer leur entreprise.

Afin de mener à bien le projet, son initiateur a dû faire appel à un cadre compétent susceptible de le piloter. Un appel à candidature a été lancé et ManelThabet, ingénieure polytechnicienne ayant déjà à son actif cinq années d’expérience dans les études et le conseil des entreprises et quatre années en tant que responsable de recrutement, puis directeur financier, a été recrutée au sein de l’association Amin en qualité de directeur exécutif. Pour elle, cette opportunité représentait la possibilité de contribuer à une entreprise ambitieuse et structurante. Elle s’est tout de suite attelée à la mise en œuvre d’un programme pour former des jeunes entrepreneurs et les accompagner dans toutes les étapes de leurs démarches jusqu’à l’accomplissement de leur ambition.

Le but de cette entreprise consiste donc à commercialiser les meilleurs produits et les services tunisiens à l’échelle mondiale. C’est pourquoi ces jeunes entrepreneurs doivent être formés à penser globalement et à agir localement. L’ambition de l’association consiste à créer une centaine d’entreprises agissant comme un catalyseur qui rassemblerait tous les maillons destinés à valoriser les produits et services de 25 000 producteurs et artisans et à les vendre au moyen du marketing en ligne via les e-plateformes commerciales. Ceci, permettra dans un avenir proche de créer entre 60 000 et 100 000 emplois directs et indirects.

La formation de ces jeunes entrepreneurs consiste à les amener à créer un réseau d’artisans, à valoriser leur savoir-faire et à vendre leur production à un prix plus élevé. La marge bénéficiaire est ensuite redistribuée et ramenée vers l’artisan afin que son produit soit davantage valorisé et qu’il soit lui-même encouragé à produire davantage.

Afin que cette entreprise puisse perdurer, l’effort de l’association doit être conjugué à celui d’autres acteurs dont l’Office de l’artisanat et l’Association de sauvegarde de la Médina. Il s’agit de commencer, avec leur concours, à identifier les produits à commercialiser dans l’immédiat. Ils doivent pouvoir être visualisés. On doit également veiller à la qualité des intrants (les matières premières) pour ne pas nuire à celle des produits finis et veiller à la conformité aux règlements des pays ciblés. Ensuite on doit, tout en maintenant l’aspect authentique du produit, y introduire des innovations où l’ancien se conjugue au moderne.

Ce projet, ô combien utile et innovant, rencontre–t-il des difficultés ? Manel Thabet nous apprend que le donateur promet à l’association une enveloppe de 20 millions de dollars pour cinq ans. Or « nous avons juste un accord de principe et nous ne bénéficions pour l’instant que du financement de la phase pilote. On doit en outre, fournir un apport personnel en faisant appel à l’aide de l’Office du commerce et de l’artisanat, à l’Office de l’emploi et de la formation professionnelle, que cet apport soit en nature ou en argent. Et là, nous n’avons pour l’instant que des accords de principe ».

Quant à la mise en œuvre du projet, elle a commencé en Avril 2015 avec une cohorte de 25 jeunes ingénieurs à travers toute la Tunisie. Esma Zargouna et Firas Karoui ont été choisis comme lauréats et chacun d’eux a lancé sa propre entreprise en septembre 2015. Les autres recevront une formation qui leur permettra de créer à leur tour leur propre entreprise.