animation Mathias Deve Sitbon et "Nahnous"

Dans des entretiens, les réalisateurs nous parlent du long chemin qui sépare la première idée du film fini et les difficultés à surmonter, et ils tirent un premier bilan de ce que le workshop leur a appris. Ci-après, notre entretien avec Mathias Deve Sitbon qui participera au concours de courts-métrages, le 15 octobre 2015, avec son film « Square ».

Quelle était la source d’inspiration pour votre film?

La source d’inspiration était notre propre vécu, globalement sans rentrer dans les détails. On était tous de nationalités différentes. Au début chacun de nous a pris le temps de raconter son histoire, puis on a retenu quelques thèmes généraux comme le thème du racisme, de la religion et du terrorisme, on a mélangé le tout et on en a fait notre film.
On a d’abord choisi le style graphique selon le thème « Ensemble », on s’est concentré sur les enfants et les mères, on donc a choisi des dessins simples et presque enfantins en ajoutant beaucoup de couleurs. On a également mélangé plusieurs thèmes graphiques, pour le « character design » chacun de nous a ajouté son personnage dans un style qui est à la fois simple à animer et facile à diversifier.

Qu’est-ce qui rend votre film spécialement intéressant ?

Tout dans notre film part de la radio. On écoute nos thèmes principaux à la radio, cela nous permet d’aller plus profondément dans le film et d’y ajouter des informations qui expliquent pourquoi les choses se passent ainsi. On n’a pas vraiment eu de références cinématographiques, on a tout imaginé nous-mêmes lorsqu’on a fait le story-board.

Le court-métrage est une discipline spéciale – on doit simplifier, condenser une histoire en quelques minutes sans que cela ne devienne superficiel : Comment décrivez- vous les spécificités d’un court-métrage – quels sont les points sur lesquels il faut faire attention ?

Il faut imaginer une histoire sans trop de périphéries. Il faut trouver une histoire initiale en fonction du thème choisi. La présentation des personnages est très importante, il faut accrocher le spectateur pour qu’il connaisse bien les personnages dès le début. Le problème du film doit être résolu rapidement, sans que cela ne soit trop simple.

Quel était le plus grand défi pendant la préparation et le tournage du film?

Il existe plusieurs étapes dans notre court-métrage, mais chacun de nous peut aider l’autre. Au début on fait le dessin, puis on y fait les pauses. Dès qu’on a trouvé les pauses clés on fait les pauses intermédiaires. Dans l’animation, il peut y avoir 20 feuilles pour une animation. Une fois que ce papier est validé, on fait le contouring puis le colouring. Afin de sortir nos personnages du décor -puisque ce dernier est aussi très coloré- il fallait choisir des couleurs assez spécifiques et très peu utilisées, et utiliser des contours forts. Une fois qu’on a fait le coloriage, on fait le scan puis le nettoyage, il faut que le contour noir soit bien découpé et que la teinte des couleurs ressorte. Ensuite, il faut traiter le tout en After Effects. Le plus grand problème, c’est qu’on a laissé le traitement avec After Effects et Photoshop pour la fin. Pour le moment, on préfère se concentrer sur les dessins. L’animation sera donc bientôt terminée, mais il y a encore beaucoup de corrections à faire en After Effects. C’est un grand problème de l’animation en général. On a mis deux mois pour la production, mais on prendra encore 2 mois pour le traitement en After Effects. C’est beaucoup en comparaison avec quelqu’un qui filme.

Vous avez déjà passé deux ateliers et vous êtes maintenant au troisième – beaucoup d’input. Quels ont été les conseils qui vous ont fait avancer le plus ?

Pour nous, les conseils les plus utiles étaient par rapport au story-board, quelques plans ont été inversés pour que chaque action ait son image, et pour pouvoir décaler. Nous avons ajouté plusieurs plans additionnels, pour que l’histoire soit plus longue et compréhensible. Au début, il y avait beaucoup de coupages qui ne laissaient pas le temps au spectateur de bien comprendre l’histoire. On a espéré résoudre ce problème en ajoutant des plans additionnels. On a ajouté presque 26 plans, il s’agissait d’animations déjà existantes qu’on a pu ajouter sans faire plus de travail. On a juste changé le décor en utilisant un dessin déjà existant.

Le but avec ce film ?

Je souhaite vraiment que le film soit bien compris par les spectateurs. Une fois qu’il est compris, je rêve de le montrer à un maximum de monde possible. Parce que le thème est d’actualité et il y a des gens qui se reconnaissent là-dedans et qui ont rencontré les mêmes difficultés. Tout ce qu’on veut, c’est le faire ressortir en animation. Personnellement, je me sens le plus lié au personnage du triangle car c’est lui qui fait le premier pas pour que l’histoire prenne vie, et j’aime bien cette initiative.

Que vous a apporté l’atelier?

Dans l’atelier on était dans une situation un peu différente que celle des autres équipes. Pendant les stages, notre cas était un peu particulier. Notre scénario était déjà bien validé, chez nous il n’y avait plus beaucoup de modifications à faire et les stages étaient plus courts pour nous. Au fur et à mesure, on a ramené des plans du décor, le model sheet, ce qui désigne le personnage de dos et de profil. Lors du dernier stage, on a plus parlé du son que de l’image. Pour ce genre de film d’animation, vous avez besoin d’un regard extérieur. Les opinions des autres participants étaient très utiles. On était les seuls à faire une animation, donc on ne pouvait pas trop se comparer aux autres et on ne pouvait malheureusement pas trop s’inspirer de leur façon de faire. Ils ont plus parlé de notre histoire, ils se sont orientés vers le story-board et vers ce qu’on pourrait ajouter à l’histoire, mais ils avaient moins de commentaires côté technique.
Le point positif de ce concours, c’est qu’on est déjà très diversifié dans notre groupe. En plus du thème « Ensemble », c’était une gratification pour toute l’équipe. On a appris comment se comporter dans un projet de travail et en même temps dans un projet d’école. On s’est tous confiés et mis tout ce qu’on pouvait pour faire ce film.