La patrie des Sámi Une ressource rare

Le vaste paysage du nord devient de plus en plus intéressant pour les parcs éoliens - au grand désarroi de la population indigène.
Le vaste paysage du nord devient de plus en plus intéressant pour les parcs éoliens - au grand désarroi de la population indigène. | Photo (détail) : © Ville-Riiko Fofonoff

La pandémie mondiale oblige tout le monde à se boucler. Mais les soi-disant progrès ne s'arrêtent pas. Ces
entrées de journal intime de Pirita Näkkäläjärvi traitent des moyens novateurs dont disposent les Samis pour se faire entendre.

De Pirita Näkkäläjärvi

Ce journal intime offre un aperçu des maints problèmes auxquels la communauté samie est confrontée. La pandémie mondiale de COVID-19 nous oblige à nous confiner, mais les menaces posées par le soi-disant développement n’arrêtent pas. Les nouveaux empiétements sur les terres mettent en péril les moyens de subsistance traditionnels et nous obligent à trouver des façons innovantes de faire entendre notre voix. Sur le plan individuel, nous profitons du printemps long et ensoleillé avec de la neige jusqu’à la fin mai, mais nos rennes souffrent du long et rude hiver. En outre, il est de plus en plus difficile à la culture samie de s’adapter au changement climatique en raison de l’imprévisibilité des conditions météorologiques. Le journal décrit également les luttes inhérentes aux professionnels samis modernes et bien formés : comment concilier une carrière réussie dans le système occidental et la défense des droits des autochtones, laquelle est motivée par le devoir de redonner à la communauté et d’assurer la survie d’une culture autochtone vieille de plusieurs siècles

Mars : Le printemps du coronavirus commence

15 mars 2020

La pandémie mondiale de COVID-19 a atteint la Finlande et le gouvernement annonce des mesures pour tenter de freiner la propagation du coronavirus. Mon employeur a aussi annoncé une politique, et soudain, nous travaillons tous à la maison. Je travaille à Helsinki, mais je suis toujours inscrite comme membre de la municipalité d’Inari, ma ville natale, et nous rentrons donc chez nous pour le confinement. Je travaille en tant que professionnelle de l’investissement dans une toute nouvelle branche de l’entreprise, et il est possible de faire mon travail, qui implique des analyses stratégiques et financières, de n’importe où dans le monde. Alors que la jeune génération s’adapte au travail à distance, notre priorité ici, dans le Nord, est nos aînés. Ils sont les porteurs de notre culture et de nos langues, et nous ne pouvons pas nous permettre d’en perdre un seul au profit du virus. Trop de connaissances traditionnelles sur nos moyens de subsistance seraient perdues avec eux.

Mai : Groupe de réflexion

14 mai 2020

La première réunion d’un groupe de réflexion UE-Sápmi fondé par le Conseil sami. En raison des restrictions du coronavirus, nous devons nous réunir en ligne au lieu de nous rendre à Tromsø, du côté norvégien, pour nous rencontrer en personne. Il est étrange d’essayer d’avoir une conversation créative sur les possibilités de coopération renforcée entre l’UE et les Samis, mais nous devons nous habituer à cette nouvelle réalité.

Un printemps exceptionnellement long

25 mai 2020

Nous avons connu un printemps exceptionnellement long. Tous les jours, je prends une photo de la fenêtre de notre salon à Inari, face à la forêt, et il y a encore environ 20 centimètres de neige autour de la maison. Nous sommes le 25 mai! Cela me rappelle mon enfance, quand nous faisions du vélo sur des routes couvertes de neige fondante la dernière semaine du mois de mai, avant la fin de l’école. Mais au fil des ans, les hivers sont devenus de plus en plus courts, et tout fond à la mi-mai, parfois même autour de la fête du travail le 1er mai. Cet hiver, en revanche, certaines régions ont vu plus de neige qu’au cours des cent dernières années. Selon la Société finlandaise de radiodiffusion, dans la municipalité voisine de Sodankylä, l’épaisseur de la neige était de 74 centimètres, contre 40 centimètres habituellement.
 
Une neige abondante ne représente pas la même chose pour les gens et les animaux. En matière des joies du printemps, c’était un pur plaisir! Les médias sociaux ont été remplis de photos de personnes faisant du ski, de la pêche sous la glace et de la motoneige. Les nuits de printemps ont également été exceptionnelles. Les nuits de printemps lumineuses qui mènent aux nuits blanches de l’été sont un phénomène familier pour nous qui vivons dans le Nord, mais le fait d’avoir de la neige si tard dans la saison les a rendues encore plus impressionnantes. La couverture de neige reflète la lumière et double, voire quadruple, la quantité de lumière. J’ai passé plusieurs nuits à regarder la danse de la lumière du soleil sur la neige, l’imprégnant de nuances de bleu, de rouge et d’or.
 
Le long printemps a cependant été rude pour nos rennes et nos éleveurs de rennes. En raison des conditions hivernales difficiles, les rennes peinaient à trouver de la nourriture dans les pâturages naturels. L’automne dernier a été froid et il y avait peu de champignons, une source importante de nourriture pour les rennes. La neige est tombée sur le sol plus tôt que d’habitude et, par rapport aux autres années, il y avait plus de neige qu’à la normale. La neige était dure et comportait plusieurs couches — les rennes avaient du mal à creuser pour trouver de la nourriture sur le sol. Une partie du sol sous la neige était aussi gelée ou moisie. Il y avait encore beaucoup de neige lorsque les femelles rennes ont commencé à mettre bas, ce qui compromettait la survie des nouveau-nés.
 
En raison de l’hiver exceptionnel avec une quantité record de neige, beaucoup de rennes sont morts de faim malgré les tentatives des éleveurs de leur fournir une alimentation supplémentaire. La plupart des éleveurs ont dû se rendre chaque jour en motoneige jusqu’à leurs rennes pour les nourrir avec des suppléments, comme du fourrage produit industriellement. Les rennes les plus faibles devaient revenir à la maison pour être surveillés et nourris. Tout cela a coûté très cher aux éleveurs de rennes, car au printemps les rennes trouvent habituellement eux-mêmes la majeure partie de leur nourriture.
 
La première réaction à cet hiver et à ce printemps a été de les qualifier d’extrêmes. Or, nous en sommes probablement qu’au début en matière d’impacts du changement climatique sur l’environnement arctique et les moyens de subsistance traditionnels des Samis. En outre, selon une étude récente du projet SAAMI financé par le gouvernement finlandais, l’adaptation des Samis au changement climatique a commencé dès les années 1960 et a entraîné de profondes transformations dans les modèles de travail des éleveurs de rennes samis. Cela témoigne de la résilience de la culture et de sa capacité à s’adapter à des changements importants. Selon les recherches, la diversité des modèles de travail s’accroîtra à l’avenir. Cependant, les conditions naturelles et météorologiques sont moins faciles à prédire, et l’instabilité et l’anormalité sont la nouvelle norme

Des nouvelles sur une réserve minière nous parviennent

Mi-mai 2020

Les éleveurs de rennes samis n’ont pas la vie facile ce printemps. Au moment où nous poussons un soupir de soulagement, où la neige fond et où les veaux de rennes naissent en toute sécurité, des nouvelles d’une réserve minière dans le « bras de la Finlande » nous parviennent. En fait, les éleveurs de rennes de la région l’ont découvert indirectement et ont été surpris d’apprendre qu’une société d’exploration néerlandaise, Akkerman Finland Oy, a fait une réserve de la taille de la ville d’Helsinki dans le cadre de la coopération d’élevage de rennes de Käsivarsi.
 
Selon des recherches passées, le cuivre, le nickel, l’or, le chrome, le vanadium, le titane, le cobalt, le platine, le palladium, l’osmium, le rhodium, l’iridium et le ruthénium peuvent être trouvés dans la zone. Nombre de ces métaux sont très demandés par les fabricants de batteries pour véhicules électriques. Cela pose un dilemme. D’une part, l’électrification du trafic nécessite de passer des voitures à combustibles fossiles aux voitures électriques, ce qui implique d’extraire ou de garantir l’approvisionnement en métaux comme le nickel, le cuivre, le vanadium et le cobalt. D’autre part, le monde commence seulement à prendre conscience de l’importance des connaissances traditionnelles des peuples autochtones dans la lutte contre le changement climatique. Mais comment peut-on assurer la survie de ces connaissances si les terres essentielles aux moyens de subsistance traditionnels sont données à l’exploitation minière?
 
Nous savons qu’il est impossible que l’élevage de rennes et l’exploitation minière coexistent dans la même région, et il n’est pas juste que les États soient prêts à mettre en danger toute la culture autochtone sur la base de l’industrialisation. Oui, nos sociétés modernes ont besoin de minéraux, mais il n’est pas juste qu’un ancien moyen de subsistance traditionnel d’un peuple autochtone soit tué par un autre moyen de subsistance.

Subventions culturelles

28 mai 2020

Nous pouvons enfin annoncer de bonnes nouvelles en ce dur printemps. Le Parlement finlandais a accordé au Parlement sami ce que l’on pourrait appeler une « prime de Noël », et nous avons pu distribuer 45 000 euros aux artistes, associations et travailleurs culturels samis. Je suis la présidente de la commission culturelle du Parlement sami, et nous avons annoncé aujourd’hui les bénéficiaires de ces subventions. Nous avons essayé de les distribuer le plus largement possible aux trois langues sames, ainsi qu’à toutes les municipalités samies et aux villes ayant des associations samies. Il y a toujours plus de demandes que de subventions, mais j’espère que ces subventions pourront soutenir au moins un peu l’art et la vie culturelle des Samis.

Juin : Le documentaire télévisé est sorti

6 juin 2020

Une période vraiment stressante est terminée. La branche suédophone de la Société de radiodiffusion finlandaise publie enfin son documentaire télévisé « Je suis Sami » . Je suis l’une des personnes qui y figurent et mon rôle y est d’expliquer la situation politique des Samis en Finlande. L’attente des résultats finaux du documentaire a été stressante. J’ai eu peur que mes mots soient déformés ou mal cités, malgré les efforts déployés pour que toutes mes paroles soient basées sur des faits et tiennent la route même lorsque citées hors contexte. Le documentaire final est très bien. Je l’ai regardé plusieurs fois et j’admire la dramaturgie et le message implicite en faveur des Samis créé par le réalisateur.
L'hiver dernier a apporté à la Finlande une quantité record de neige - ce n'est pas seulement une raison de faire la fête. L'hiver dernier a apporté à la Finlande une quantité record de neige - ce n'est pas seulement une raison de faire la fête. | Photo (détail) : © Ville-Riiko Fofonoff

Coiffure corona!

11 juin 2020

Ça y est, j’ai officiellement une « coiffure corona ». Ma frange est trop longue et mes longs cheveux n’ont pas été coupés depuis un bon moment. Une amie vient à la rescousse. Elle est artisane et m’a fabriqué un bandeau corona avec une décoration samie dans mes couleurs et mes rubans samis préférés!

La terre des Samis : une ressource rare

13 juin 2020

Je travaille sur une chronique concernant la réserve minière dans le « bras de la Finlande ». Nous, les Samis, avons souvent du mal à expliquer notre vision du monde et notre façon de penser au monde occidental. Non pas parce que nous n’avons pas l’éducation, les arguments factuels et la capacité d’expliquer notre point de vue, mais parce que la population générale ne sait tout simplement rien de nous. Le système scolaire finlandais est très prisé et offre des chances égales pour tous, mais il n’enseigne pratiquement rien sur les Samis.
 
Donc, encore une fois, j’essaie de trouver des moyens d’élargir le cadre de référence que les gens utilisent pour analyser le monde qui les entoure : comment expliquer pourquoi la terre des Samis n’accueille pas toutes les activités industrielles, et pourquoi les moyens de subsistance traditionnels des Samis doivent être une priorité.
 
J’ai une chronique dans un site web anglophone, News Now Finland. Je tente d’écrire des chroniques qui apportent de la valeur à long terme. Cette fois-ci, j’ai décidé d’utiliser un terme connu en économie et d’intituler ma rubrique « La terre des Samis : une ressource rare ». L’idée fondamentale est que la terre des Samis est une ressource rare pour notre subsistance et, alors que de nouvelles formes d’exploitation des terres tentent de pénétrer sur le territoire sami, il n’est même pas possible, même en vertu de la loi, de déplacer nos rennes vers une autre région, que ce soit une coopérative d’élevage de rennes ou un pays voisin. Les frontières de l’État ont été fermées au mode de vie nomade des Samis à la fin du XIXe siècle, et nos rennes ne sont pas autorisés à passer du côté norvégien, suédois ou russe. Vous pouvez lire la chronique ici!

La pétition est lancée

Midsummer

C’est une longue histoire, mais en raison de la loi actuelle sur l’exploitation minière en Finlande, le tribunal administratif risque de ne pas examiner les plaintes déposées par les éleveurs de rennes samis et le Parlement sami concernant la réserve minière dans le « bras de la Finlande ». Selon la législation, les éleveurs de rennes samis et le Parlement sami n’ont pas le droit de se plaindre à ce stade d’un projet minier. Nous avons du mal à comprendre pourquoi les détenteurs de droits autochtones et leur représentant officiel n’ont pas leur mot à dire à ce stade du processus. L’Agence finlandaise de sécurité et de produits chimiques n’est même pas obligée de nous informer d’une réserve.
 
Pour faire entendre notre voix, une pétition en ligne contre toutes les activités minières dans le bras de la Finlande a été lancée juste avant le milieu de l’été. J’étais la deuxième signataire après Mme Minna Näkkäläjärvi, une éleveuse de rennes de l’Ergon siida qui serait la plus touchée si une mine devait être établie dans la zone de la réserve. Un groupe d’entre nous soutient Minna dans cet effort. En raison du coronavirus, nous ne pouvons pas nous rencontrer en personne, c’est pourquoi nous utilisons les médias sociaux et la vidéoconférence pour travailler ensemble. Je suis fière du groupe qui travaille autour de Sápmi et de la Finlande, qui utilise son temps libre et prête son expertise — de l’élevage de rennes aux communications — pour la cause.
 
La pétition a attiré plus de 5 000 signatures au cours de la première semaine suivant le lancement. Ce nombre nous a pris par surprise, car il est énorme pour la communauté samie de 10 000 personnes du côté finlandais. Peut-être y a-t-il un élan pour une pétition comme celle-ci. La période exceptionnelle du coronavirus a permis aux gens de toute la Finlande de renouer avec la nature, de passer plus de temps à l’extérieur et de constater l’intérêt d’avoir des zones non touchées par le développement industriel.

Plénum à distance

26 juin 2020

La période exceptionnelle du coronavirus a également mené à des mesures exceptionnelles au Parlement sami de Finlande. Au lieu d’avoir notre séance plénière dans la salle du Parlement Sajos à Inari sous les feuilles d’or et d’argent de l’énorme œuvre d’art Eatnu, Eadni, Eana (« courant, mère, terre »), nous nous sommes réunis devant nos écrans pour tenir une séance plénière à distance. L’ordre du jour comprenait surtout des points d’importance technique, comme l’approbation des états financiers de 2019. Les prochaines séances plénières de l’automne porteront sur la modification en cours de la loi sur les mines et sur le développement de la politique climatique des Samis. Le Parlement sami fonctionne avec un budget très limité, c’est pourquoi nous, les 21 membres du Parlement, ne nous réunissons en plénière que quatre ou cinq fois par an.

Comme d’habitude, le temps est compté pour les discussions importantes et il semble que nous ayons à peine eu la chance d’aborder les nombreux points de l’ordre du jour.

Connexion avec le réseau antimine du lac Saimaa dans le sud-est de la Finlande

Juin


La modification en cours de la loi sur les mines a augmenté le nombre de réserves émises dans toute la Finlande. La législation actuelle permet de faire très facilement des réserves sans avoir à obtenir le consentement des communautés locales ou de la population autochtone samie. Par conséquent, la terre des Samis n’est pas la seule région qui a dû accueillir une réserve et une menace de futures mines.
 
Helsingin Sanomat, le plus grand journal de Finlande, parle des réserves dans la région du plus grand lac de Finlande, le Saimaa. On y rencontre Mme Miisa Mink et un réseau antimine qu’elle a mis en place fin mai, tout comme Minna Näkkäläjärvi l’a fait à Sápmi! Le groupe Facebook de Miisa Mink compte plus de 15 000 membres, et ils partagent les mêmes préoccupations que nous : pourquoi l’État finlandais a-t-il fait en sorte qu’il est si facile pour les sociétés internationales d’exploration et d’exploitation minières de venir en Finlande, d’établir des sociétés minières qui ne paient pratiquement pas d’impôts, de laisser les déchets miniers à nettoyer par les contribuables finlandais, et de causer potentiellement des dommages irréparables à la nature?
 
Notre petit groupe a rejoint le réseau de Miisa Mink. Nous sommes heureux de pouvoir soutenir notre cause et d’avoir l’occasion de partager des informations et d’apprendre les uns des autres. Nous savons tous qu’une réserve n’est que le début du processus d’établissement d’une mine, mais d’un autre côté, les gens de notre région et de Saimaa disent que la simple menace d’une future exploitation minière déstabilise l’avenir des jeunes éleveurs de rennes, des propriétaires de terres et des opérateurs touristiques. Oserez-vous investir dans l’avenir de cette région, si une mine peut tout effacer?

Juillet : Le froid par défaut

Juin/juillet

L’été a été chaud jusqu’à présent. En juin, dans environ la moitié du pays, les températures ont atteint de nouveaux sommets historiques. Je ne crois pas que j’apprécierais la chaleur à Inari. Passer tout le « printemps corona » ici à Inari au lieu d’Helsinki m’a fait beaucoup réfléchir sur mon enfance. Quelque part, j’ai réalisé que j’ai toujours considéré le froid comme étant la norme. Le froid, l’hiver et la neige sont l’idéal. La saison de la bonne vie, du bonheur. Auparavant, on pouvait toujours compter sur l’hiver, toujours plus ou moins de la même façon. Plus nous voyons l’impact du changement climatique, plus nous craignons de perdre nos hivers. Notre culture samie est adaptée à l’hiver de bien des façons. Nos rennes sont adaptés aux hivers (pour autant qu’ils ne soient pas extrêmes) et souffrent de la chaleur excessive de l’été. Les dernières années ont été vraiment effrayantes, car tout est si imprévisible. L’hiver réel est plus court, les conditions météorologiques hivernales changent d’un extrême à l’autre et la neige et la glace fondent plus tôt. On a l’impression que les principes fondamentaux de notre mode de vie sont faussés pour de bon.

Nouveau poste de confiance 

6 juillet 2020

Le bureau exécutif du Parlement sami en Finlande me nomme à une commission qui commencera à rédiger un amendement à la loi actuelle sur le Parlement sami. C’est un grand honneur! Mon objectif le plus important est la modification de la définition de ce qu’on appelle les Samis. La Finlande est obligée par le Comité des droits de l’homme des Nations unies de revoir la définition des Samis d’une manière qui respecte l’autodétermination du peuple sami. Les travaux de ce comité commenceront à l’automne.

Le froid par défaut : l'hiver et la neige sont idéals pour Pirita Näkkäläjärvi Le froid par défaut : l'hiver et la neige sont idéals pour Pirita Näkkäläjärvi | Photo (détail) : © Ville-Riiko Fofonoff

L’énergie éolienne

Mi-juillet 2020

C’est ma dernière tâche politique avant de prendre une pause estivale. Le président du Parlement sami en Finlande, M. Tuomas Aslak Juuso, et moi-même sommes envoyés par le Parlement sami pour visiter un rassemblement estival de mouvement contre les parcs éoliens du côté norvégien, très proche de la frontière finlandaise. Nous nous trouvons dans la région d’une communauté samie d’éleveurs de rennes, Lágesduottar, menacée par un grand parc éolien de 100 à 267 éoliennes, appelé de mouvement contre les parcs éoliens du côté norvégien, très proche de la frontière finlandaise. Nous nous trouvons dans la région d’une communauté samie d’éleveurs de rennes, Lágesduottar, menacée par un grand parc éolien de 100 à 267 éoliennes, appelé parc de Davvi, construit par les sociétés norvégiennes et finlandaises Vindkraft Nord AS, Ny Energi AS et ST1. Le parc éolien ne sera pas situé n'importe où : il est prévu dans la région de la montagne sacrée Sami Rastigaisa, qui compte au moins deux anciens lieux de sacrifice des Samis.

Au cours du rassemblement, nous apprenons beaucoup de choses, par exemple sur la nidification du renard arctique, une espèce menacée dans la région, et nous entendons parler du stress énorme que subit toute la communauté des éleveurs de rennes en raison des plans du parc éolien. Le grand public perçoit l’énergie éolienne de façon positive, mais ici, les parcs éoliens ne sont pas les bienvenus. Pour les éleveurs de rennes samis, ils représentent une autre forme d’empiétement sur les terres qui entraînerait la perte de zones de pâturage et l’interdiction des routes de migration, non seulement par la surface nécessaire aux éoliennes, mais aussi par les infrastructures électriques et les routes qui les soutiennent. Il est assez impressionnant de constater que la communauté samie d’éleveurs de rennes en question s’est vue offrir 123 millions de NOK, soit environ 12 millions d’euros, pour donner son accord à l’exploitation éolienne, mais qu’elle a refusé l’argent. Le mouvement contre les éoliennes a publié tout un rapport sur l’impact négatif de l’énergie éolienne sur l’élevage des rennes. Je travaille dans une société d’énergie, qui est également active dans le domaine de l’énergie éolienne. Est-ce que je me sens déchirée entre ma carrière dans le secteur de l’énergie et mon activisme dans la défense des droits des autochtones, qui est très important pour l’énergie éolienne? Non. Mon travail et ma politique sont tous deux fondés sur les mêmes valeurs de durabilité, d’inclusion et d’égalité des droits. Si l’on prend l’énergie éolienne comme étude de cas, il est évident que la production d’énergie doit être débarrassée du carbone et que l’énergie éolienne est l’une des plus importantes sources d’électricité futures dans le monde. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il faille en établir partout. En Finlande, par exemple, plusieurs municipalités souhaitent construire des parcs éoliens, mais il y a aussi des régions où ils ne sont pas les bienvenus, car ils détruiraient toute une culture autochtone. Grâce à ma connaissance de ces deux mondes, j’ai la possibilité d’être une force du bien à plusieurs égards. Ma communauté a besoin de plus d’informations sur l’énergie éolienne, et l’industrie de l’énergie a besoin de plus d’informations sur les droits des autochtones.

Vacances en Norvège

Deuxième quinzaine de juillet

Comme tout le monde en Finlande, nous avons passé nos vacances d’été en Norvège. En raison des restrictions liées au coronavirus, il n’est pas possible de se rendre en Europe continentale, par exemple, pour les vacances d’été. Nous sommes donc très chanceux de vivre si près de ces endroits incroyables! Près de Vardø, la ville la plus à l’est de la Norvège, nous avons même vu une baleine depuis le rivage. C’est si précieux

Août : Le colonialisme vert

1er août 2020

Al Jazeera a publié un article sur le colonialisme vert à Sápmi, en utilisant le projet éolien Öyfjellet à Jillen Njaarke dans le sud de Sápmi comme étude de cas.

La pétition se termine avec plus de 37 000 signatures!

29 août 2020

C’est le dernier jour de la pétition et nous n’en croyons pas nos yeux! À minuit, lorsque nous avons fermé la pétition en ligne, le décompte final était de 37 200 signatures! Des personnes de tout le pays et même de l’étranger ont signé la pétition. Lorsque nous avons atteint la barre des 5 000 signatures, je me souviens avoir écrit sur notre surprise. Nous sommes restés bouche bée tout au long de l’été, car le nombre de signatures n’a cessé d’augmenter.

Nous avons bien sûr été aidés par des célébrités qui ont apporté leur soutien et leurs visages à notre cause, et nous ont aidés à attirer l’attention des médias à la Société de radiodiffusion finlandaise. Néanmoins, la majorité des personnes qui ont signé sont des Finlandais ordinaires. Tout ce soutien nous touche profondément.

Septembre : Nous touchons environ un million de Finlandais par le biais des médias

2 septembre 2020

C’est le jour de la remise de la pétition à la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Mme Krista Mikkonen. Lorsqu’elles ont été imprimées, les 37 200 signatures représentaient une pile de papier de dix centimètres d’épaisseur! Tout à fait impressionnant. Notre délégation est à Helsinki depuis quelques jours. Je suis toujours à Inari, où je coordonne l’effort médiatique et social à partir d’ici. (Je suis retournée à Helsinki pendant une semaine en août pour quelques réunions de travail avant que notre entreprise ne réintroduise la politique de travail à distance). Au cours des deux jours qui ont précédé ce jour, nous avons touché environ un million de Finlandais par le biais du journal provincial Lapin Kansa (en première page!), des chaînes de radio et de télévision de la Société de radiodiffusion finlandaise, de la plus grande chaîne de télévision commerciale, MTV, et bien sûr des photos et des vidéos des médias sociaux. Je suis très heureuse de cette portée, mais ce qui me rend encore plus fière, ce sont les interviews que Minna donne à l’antenne en période de pointe. Elle est tellement professionnelle, elle parle couramment et elle est très à l’aise, tout en restant si authentique et sincère!
 
Profitons maintenant de ce sentiment d’euphorie, car le travail ne s’arrête pas à la remise de la pétition. La prochaine étape consiste à essayer d’influencer la modification en cours de la loi sur les mines qui doit être finalisée cet automne.

Sauveurs

4 septembre 2020
 
Le Barents Observer écrit que l’été nord-norvégien a été sauvé par les touristes finlandais.

Discours au ministère des Affaires étrangères

10 septembre 2020

Je donne un discours par vidéoconférence lors de l’audition du rapport du gouvernement sur la politique des droits de l’homme. Mes sujets sont les besoins d’amendement de la loi sur le Parlement sami, en particulier à la lumière des solutions de 2019 du Comité des droits de l’homme des Nations Unies. L’audition coïncide avec la journée semestrielle de la tenue vestimentaire des Samis; je suis donc habillée dans ma toute nouvelle robe samie.

Un autre groupe de réflexion

11 septembre 2020

La première réunion d’un groupe de réflexion pour le domaine culturel sami initié par le Conseil sami. Nos tâches consistent notamment à relever les défis immédiats créés par la pandémie de COVID-19, et aussi à dresser un bilan décennal de la vie culturelle samie. Ce groupe de réflexion est encore plus important que le groupe de réflexion UE-Sápmi, et ce qui est formidable, c’est que nous comptons également des membres du côté russe du Sápmi. Il est vraiment important d’entendre parler de leurs réalités, car la frontière et la barrière linguistique nous séparent et nous n’avons pas assez d’occasions d’interagir. Nous avons entendu dire que leur vie culturelle a également été durement touchée par la pandémie de COVID-19. 

Préparation d’un discours au ministère des Affaires économiques et de l’Emploi

14 septembre 2020

C’est le dernier jour de mon journal. Je reste tard pour finir mon discours pour demain. Notre groupe de pétition a reçu un appel dans la matinée indiquant que quatre d’entre nous ont la possibilité de s’exprimer lors d’une audition sur la modification de la loi sur les mines.

Comme nous n’avons que trois minutes chacun, nous avons réparti les sujets. Je parlerai des droits autochtones des Samis, et du droit au consentement libre, préalable et informé qui devrait être inclus dans la loi modifiée. Il y a 900 personnes inscrites à l’événement et nous ne nous attendions pas à gagner la « loterie » du discours, donc la préparation est un peu de dernière minute! Mais, c’est la vie d’une politicienne samie.