L'Allemagne n'est pas vraiment réputée pour ses comédies romantiques ridicules, mais cette série originale d'Amazon Prime fait fondre les spectateurs du monde entier devant l'histoire de deux amants maudits qui fréquentent une école britannique prestigieuse. En y regardant de plus près, on comprend pourquoi « Maxton Hall » est une série aussi captivante et agréable à regarder.
Le principe est aussi simple qu'efficace : Ruby Bell, 17 ans, une passionnée de lecture aussi séduisante qu'ambitieuse, a besoin d'une dernière lettre de recommandation pour postuler à l'université de ses rêves : l'université d'Oxford. C'est son billet de sortie de Gormsy, la petite ville britannique située juste à la périphérie de Londres où elle vit avec une sœur extrêmement excentrique et ses parents, propriétaires d'une petite boulangerie qui ont du mal à joindre les deux bouts.Son plan jusqu'à l'obtention de son diplôme : faire profil bas à l'école, la prestigieuse Maxton Hall, où elle ne peut étudier que grâce à une bourse. Cela ne devrait pas être trop difficile : sans fortune familiale, Ruby passe déjà inaperçue aux yeux de la plupart de ses camarades de classe. Cependant, lorsqu'elle surprend son professeur préféré en train d'embrasser une camarade de classe, elle devient la cible de l'une des familles les plus riches et les plus puissantes du pays : les Beaufort, propriétaires d'un empire de la mode de luxe.
James, le fils aîné, un joueur de crosse blond, doté d'un fonds fiduciaire à la place d'une personnalité, et des abdos les plus sculptés vus à l'écran depuis le six-pack de Ryan Gosling dans Un amour fou, tente bientôt d'acheter son silence. Lorsqu’il met sérieusement en péril ses chances d’entrer à Oxford, Ruby lui tient tête, et la série se lance alors dans les clichés les plus gratifiants et les plus savoureux que l’on puisse trouver dans les récits romantiques : la proximité forcée de deux personnes qui se détestent profondément et qui doivent désormais passer beaucoup de temps ensemble dans un espace confiné.
C'est la porte d'entrée vers douze épisodes riches en amour, en rebondissements et en émotions encore plus intenses. Maxton Hall se situe à mi-chemin entre le conte de fées et le feuilleton télévisé : un mélange de Cendrillon et de Gossip Girl : L’Élite de New York, avec une touche de Bridgerton – et la série est devenue un succès international sur Amazon Prime.
C'est surprenant, mais pourquoi les gens du monde entier rêvent-ils d'une histoire d'amour « made in Germany » ?
L'Allemagne n'est pas vraiment réputée pour ses dramédies romantiques légères et sentimentales. Mais Maxton Hall s'inscrit dans une tendance culturelle qui voit un public majoritairement féminin, âgé de 13 à 39 ans environ, se laisser séduire par la littérature romantique. Des histoires qui mettent en scène de jeunes femmes sous-estimées qui se surpassent et trouvent le véritable amour grâce à leur intégrité et à leurs talents – tout en sauvant dans bien des cas leur famille et leur communauté au passage.
Ce secteur connaît une croissance exponentielle, en grande partie grâce à TikTok, où les utilisateurs notent leurs livres préférés et s'extasient devant des couples fictifs. Amazon Prime s'est fortement engagé dans ce genre, en s'appropriant des œuvres plébiscitées tant au niveau local qu'international. La plateforme de streaming vient tout juste de connaître le succès avec L’Été où je suis devenue jolie, une autre histoire d'amour pour jeunes adultes mettant en scène une jeune fille qui doit choisir entre deux frères. Cette adaptation en trois saisons d'un livre a attiré des foules à des soirées de visionnage organisées partout dans le monde – un atout majeur à l'ère du streaming. Amazon adapte également le phénomène mondial Fourth Wing, l'un des plus grands succès de « romantasy » de ces dernières années.
Dans un monde devenu une immense zone grise, la série aborde des thèmes tels que le passage à l’âge adulte, les classes sociales, les inégalités et l’intégrité, tout en restant dans le cadre rassurant d’un univers fermé, semblable à un château fort. C’est le combat entre les riches et les pauvres, entre le bien et le mal, l’histoire du lion qui tombe amoureux de l’agneau. Et tout cela s’accompagne d’une foi inébranlable en l’amour véritable, généralement réservée à ceux qui sont trop jeunes pour comprendre.
C'est un peu ridicule, certes, mais aussi très divertissant si l'on met son incrédulité de côté et que l'on accepte les codes du genre. Alors que les deux protagonistes passent du statut d'ennemis à celui d'amoureux, la série joue toutes ses cartes. Ruby et James, obligés d'essayer des costumes de bal victoriens pour une collecte de fonds ? C'est ridicule. La scène inévitable où l'on découvre la robe, en revanche, est un grand classique du genre. James sauvant Ruby de la piscine lors d'une fête ? C'est exagéré. Le fait qu'elle se confie plus tard dans la voiture sur un souvenir d'enfance traumatisant : un véritable moment de développement de personnage.
L'école, les uniformes, les fêtes, les règles absurdes
Maxton Hall, c'est un univers fantastique sans dragons. C'est un cadre bien défini qui offre une échappatoire, et c'est précisément pour cela que la série fonctionne, même dans un contexte international. Elle est suffisamment accessible pour captiver le public, et assez neutre pour servir de toile de fond à une projection universelle.Mais surtout : Maxton Hall sait parfaitement ce qu’elle est. Elle prend son public au sérieux autant que ses jeunes protagonistes. Elle ne cherche pas à réinventer les histoires d’amour, mais se délecte des clichés tant appréciés dans les romans et les films. L'écriture et la performance des acteurs témoignent souvent d'une sincérité qui rend bien compte de la vie d'adolescent – où chaque émotion est exacerbée et où tout semble toujours en jeu.
« Partons ensemble. »
– « Où ça ? »
« Où tu veux. Viens au café à cinq heures, on discutera de tout. »
« Maxton Hall »
Deux saisons de six épisodes chacune (2024-2025) ; la troisième et dernière saison sera diffusée fin 2026.
Distribution: Damian Hardung, Harriet Herbig-Matten, Ben Felipe, Fedja van Huêt, Runa Greiner, Justus Riesner, Andrea Guo
Réalisation: Martin Schreier
Production: Markus Brunnemann, Ceylan Yildirim, Valentin Debler (UFA Fiction)