La nuit est éclairée. Nous traversons des parkings. Un flot d'eau s'écoule des égouts, tout le monde en voiture, les phares éclairent les palmiers.
Orlando est grand, l'université ici est la plus grande du pays. On nous fait visiter les lieux. On est assis dans une voiturette de golf, notre conductrice roule aussi vite que des étudiants en retard. De temps en temps, elle doit klaxonner, car un étudiant saute devant nous et atterrit dans les buissons. Plus loin, des jeunes sautent dans un étang au milieu duquel se trouve un spectacle de fontaines.
Sonali et moi enregistrons un podcast. Je bute parfois sur mon anglais, tandis que Sonali est, une fois de plus, parfaite et plus vive d'esprit que moi. Si seulement je pouvais réfléchir plus vite, me dis-je, mais...
C'est ce qui est génial ici, je pense, maintenant que j'écris ce texte ; que les Américains sont tous si immédiats. Si rapides, si intelligents, si directs et attachants, pas aussi passifs (agressifs) que les Allemands. Ce qui s'explique aussi, je pense, par le fait qu'il faut pouvoir se permettre d'être fatigué ou de céder à la fatigue, ou je ne sais quoi, je pense – et avec le recul et par rapport au présent, tout empire, subjectivement, mais aussi objectivement.
De retour à Berlin, je travaille à nouveau comme journaliste d'information et je n'arrive plus à croire à tout cela. Chaque gros titre est un coup dur et une perte de certitudes. Comment peut-on vivre ainsi ? Cela ne peut pas durer longtemps. Il faut se battre maintenant, se battre.
Avec le temps, les souvenirs ne s'estompent pas, seules les certitudes disparaissent. Je dois absolument écrire à mes amis aux États-Unis. Maintenant que les États-Unis nous méprisent officiellement. Mais on le savait déjà et nous étions quand même là, malgré tout, le temps, le temps.
J'espère que nous avons pu vous montrer que nous sommes plus que Disneyland, nous a dit notre hôte au moment de nous quitter. J'espère que nous avons pu montrer que l'Europe – mais je ne sais pas quoi dire.
Les opinions exprimées dans ce texte sont celles de l'autrice et ne reflètent pas nécessairement les opinions ou les positions du Goethe-Institut.