La route, puis l'attente, puis le lit, sans jamais vraiment arriver.
Cinq cents, et un barrage pour un agent secret. On te tiendra au courant si quelque chose de saisissant nous frappe. Pas d’eau là-bas – à la place, tu peux y jeter quelque chose si tu oses ; si tu préfères, tu peux aussi regarder en bas et te sentir attiré par le fond. Un oiseau s’y arrête un instant, un oiseau belge fait courir les nuages plus vite, et on passe devant – enfin, on parie sur le rouge, les rochers, l’argent. Nous roulons dans un champ à perte de vue, si rouge puis si vert, vert comme la vallée pour tous ceux qui attendent déjà depuis bien trop longtemps.Trois cents, et dire « vallée » en le pensant vraiment – alors, des joueurs d’échecs ou Las Vegas, au moins agréable à regarder, et cinq mille fois la vallée, en tout cas pas trop peu, et puis ici, de superbes vues et cette eau verte, ce souffle, je veux dire, ces superbes pierres. Deux cents, et c’est probablement du sel puisque c’est blanc. On y plonge les mains et les pieds quand on rêve, et tout est d’un blanc cristallin, je veux dire, c’est sûrement comme ça que ça a dû être pour Jésus H. Christ aussi.
Le virage, je l’ai presque raté, mais je l’ai pris de justesse, le virage et une route sans fin, d’abord cent cinquante, puis cent, un virage et rien d’autre, une route sans fin, quatre-vingts, soixante, l’horloge n’indique pas encore la nuit, l’horloge suggère maintenant des exercices de respiration, et cinquante et quarante et aucun signal, le virage encore réussi, une station-service, enfin arrivés.
Des yeux et des bouches fatigués, qui ne voient plus, qui ne crachent plus, dîner et restaurant, pouvons-nous avoir l’addition s’il vous plaît, des mamies et un groupe paroissial, quand pouvons-nous avoir l’addition s’il vous plaît, des enfants et des machines à sous, pourquoi n’avons-nous pas encore l’addition.
Au comptoir alors, attendre trois fois et se déconnecter. Un bourdonnement, ça doit être les toilettes. Va-t’en au lit maintenant, et demande-toi si ça pique. Peut-être.
Les opinions exprimées dans ce texte sont celles de l'autrice et ne reflètent pas nécessairement les opinions ou les positions du Goethe-Institut.