Jusqu'au 25 février, du coucher de soleil à minuit
Présentée sur les fenêtres du Goethe-Institut sur le boulevard Saint-Laurent et la rue Ontario
Originaire de Berlin, Bettina Hoffmann est une figure marquante du milieu artistique montréalais depuis les années 2000. Que ce soit dans les domaines de la photographie, des installations ou de la vidéo, elle émane de ses oeuvres une puissance fascinante et énigmatique provenant en partie des images à la composition précise, des mouvements chorégraphiés et son recours à des interactions humaines ambiguës, dénuées de toute psychologie. Son travail se situe au carrefour de la photographie, du cinéma, de la sculpture et de la danse, avec une attention particulière, au cours des dernières années, à la chorégraphie. Le Goethe-Institut est heureux de présenter trois de ses oeuvres les plus récentes liées à la danse: Drain (2012), Hold-On (2015) et Silent Office (2016/2018).
Bettina Hoffmann a reçu de nombreux prix et bourses, et son travail a fait l’objet de nombreuses expositions internationales. Au Canada, on a pu voir ses oeuvres dans le cadre d’expositions solos ou de groupe à Occurrence (Montréal, 2016), Oboro (Montréal, 2014), l’Art Gallery of Ontario (Toronto, 2009), Dazibao (2007) et au Prefix Institute of Contemporary Art (Toronto, 2008). Ses oeuvres font partie de plusieurs collections privées et publiques en Amérique du Nord et en Europe, dont le Musée de la photographie contemporaine de Chicago, la Audrey et Sydney Irmas Collection, Los Angeles, le Musée d'art contemporain de Montréal, le Musée national des beaux-arts de Québec et la Berlinische Galerie de Berlin.
Pour plus d'informations sur Bettina Hoffmann:http://www.bettinahoffmann.net
Quatre personnes sont rassemblées dans une vaste pièce. Soudain, l’une d’elles devient faible et sur le point de s'effondrer. Les autres essayent de la garder debout, bien que deux d'entre elles ne puissent pas utiliser leurs mains et leurs bras, alors que la troisième ne peut utiliser que ses mains et rien d'autre. Leurs mouvements entraînent une lutte chaotique et intime, parfois violente, parfois sensuelle. Tous les quatre bougent comme un organisme, une entité avec un membre malade, essayant de retrouver sa fonctionnalité. Les restrictions corporelles imposées créent une situation très fragile dans laquelle le mouvement qui n'est pas coordonné avec les autres peut mener à la chute et à l'échec. Leurs vêtements suggèrent un environnement de bureau dans lequel leurs gestes d'aide extrêmement empressés, mais indifférents semblent être une obligation plutôt qu'une réaction altruiste et humaine.
Alors que trois femmes se poussent, se tirent et s'entrelacent dans une lente danse ou lutte, le spectateur les regarde d'en bas, comme s'il était au sol. Une femme est poussée vers le bas et pendant qu’elle est relevée, de l'eau tombe de ses cheveux et fait onduler la surface d'un plan d'eau, qui se trouve entre les danseurs et la caméra. L'acte cruel de pousser quelqu'un dans l'eau contraste avec l'effet esthétique de la distorsion de l'image et crée une frontière supplémentaire entre la caméra et les interprètes, les spectateurs et la performance.