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Utopie dans ma ville

3 heures // 
Carte mentale // planche de tendance (moodboard)
Société // communauté // citoyenneté active // design // esprit d’utopie // L’Homme nou-veau // le Bauhaus dans ma ville

Matériel nécessaire: Utopie in meiner Stadt Silke Wittig | CC BY-NC-SA 4.0

  • Post-it ou cartes de modération de forme ronde
  • de différentes couleurs et dimensions
  • feuilles de paperboard
  • marqueurs
  • feuilles A3
  • stylos
  • bâtons de colle et morceaux de tissu de différentes couleurs et struc-tures
  • magazines à découper
  • herbes et feuillages

Instructions

Dans ce module, les participants s'intéresseront aux aspects socio-politiques du Bauhaus et à l’utopie. Que contenait l’idée d’ « Homme nouveau ? » Que signifiait concrètement cette utopie qui consistait à modifier les habitudes de vie en leur donnant une forme esthétique et ainsi la société dans son ensemble ? Après avoir évoquer le contexte historique, on examinera de manière critique quelques exemples de projets d’habitation réalisés. Quels objectifs, quelles idées et quelles utopies purent être réalisés ? Quelles utopies demeurèrent à l’état d'utopie à la suite d'un échec lors de la phase de réalisation ? Après avoir reçu quelques informations sur le sujet, les participants sont invités à appliquer les idées concernant un espace d’habitation et de vie optimisé dans la vie quotidienne d’aujourd’hui et dans leur propre ville. Qu’est-ce que je voudrais changer dans ma ville, dans mon environnement ? Qu’est-ce que je peux changer en donnant moi-même une forme à mon environnement ? Quels effets peuvent avoir les couleurs, les formes et les matériaux ? Quels types d’atmosphère peuvent-ils créer ?

Étape 1 : Les participants reçoivent tout d’abord des informations sur la création du Bauhaus, sur le contexte historique et les influences de la Première Guerre mondiale ainsi que sur les idées de Walter Gropius au sujet de l’éducation artistique.

Étape 2 : Ensuite, le concept d’ « Homme nouveau » sera expliqué de façon critique ainsi que les buts et les principes de l’éducation expérimentale au Bauhaus ; puis on examinera quelques exemples concrets (fauteuils de Marcel Breuer, cités d’habitation de Walter Gropius). Est-ce que les objets et les bâtiments correspondent aux idées relevant de l’utopie de l’Homme nouveau ?

Étape 3 : On demande aux participants d’analyser en détail, en petits groupes, leur environnement quotidien et d’enquêter sur des lieux ou des espaces précis qu’ils concevraient autrement pour réaliser leur idée de la vie idéale. Cela peut être un lieu public, la cour de l’école, un endroit du voisinage, une cour utilisée collectivement dans le bâtiment où ils habitent, un terrain de sport, une aire de jeu, un lieu d’habitation précis ou la salle de classe.

Étape 4 : Une fois qu'on a déterminé un lieu, on établit une carte mentale. Pour cela, chaque groupe prend une grande feuille de paperboard et quelques post-it ou cartes de médiation en couleur, de forme ronde. Il faut d’abord donner un nom à l’endroit choisi. Le nom est écrit sur une carte en couleur et collé au centre de la feuille.

Étape 5 : On note alors sur des cartes de plus petites dimensions des aspects descriptifs de ce lieu idéal et qui seraient particulièrement importants. Il peut s’agir de concepts particuliers, de mots-clés ou de descriptions détaillées. On doit noter ici, pour le moment, toutes les idées, tous les rêves qui surgissent, de manière complètement libre et sans limites. On prend en compte autant les aspects liés à la société, à la communauté, à l’écologie que les intérêts personnels. Peu importe à ce stade que les idées restent ensuite à l’état d’utopie ou qu’elles aient une chance d’être réalisées. Les post-it sont collés en cercle autour du nom du lieu et reliés à celui-ci par des traits.

Étape 6 : Les participants examinent ensemble leur carte mentale. Quels sentiments attachent-ils à leur lieu utopique ? Quelles couleurs et quelles images lui associent-ils ? Comment veulent-ils le concevoir ?

Étape 7 : Pour exprimer leurs idées, les participants élaborent ensuite leur propre planche de tendance. Pour cela, ils auront recours à différents matériaux et à plusieurs couleurs qu’ils vont assembler collectivement, sous forme de collages avec des dessins, des mots-clés ou des images, des informations découpées dans des magazines. Avant de les choisir et de les combiner aux couleurs, les matériaux devront être testés au toucher afin d’évaluer leur effet.

Étape 8 : Les cartes mentales et les planches de tendance seront affichées dans la classe ou dans la pièce où a lieu l’atelier, puis les participants se présenteront leurs idées entre eux. Que transmettent les couleurs, les matériaux, les images et les descriptions ?

Étape 9 (facultative) : Pour faire un pas de plus, il est possible de se demander si les idées sont réalisables ou non. Quels aspects pourraient être concrétisés ? Que devrait-on faire pour y arriver effectivement ? Quels problèmes pourraient survenir ? Comment peut-on les résoudre ? De quelle réglementation a-t-on besoin pour que le lieu fonctionne au quotidien ? Quelle serait la prochaine étape concrète ? Qui pourrait m'aider à réaliser mes idées ?
Dès le début, le Bauhaus a promu un style minimaliste, sans ornements et très simple, qui se référait aux formes géométriques de base. Même si les professeurs pouvaient avoir des positions différentes, la fonction, la production, la pertinence de l'utilisation et du choix des matériaux ainsi que la visibilité de la structure demeuraient des priorités. Ces aspects sont pris en compte tant pour de grands projets architecturaux que pour des immeubles particuliers ou du mobilier fonctionnel, des appareils utilitaires pratiques ou des objets insignifiants de la vie quotidienne. Walter Gropius fonda l'école avec la volonté de créer des ponts entre l'art et l'artisanat. Le but était de former une nouvelle catégorie d'artistes qui associerait les domaines de la décoration et de l'architecture, et créerait des produits adaptés à la production industrielle de masse.

À l’époque de la création du Bauhaus, le souvenir des horreurs de la Première Guerre mondiale était encore vif et engendrait un profond malaise. Beaucoup d’enseignants avaient vécu la guerre et la puissance dévastatrice des nouvelles techniques militaires. Pourtant, ils misaient sur le progrès technique qui constituait un véritable espoir pour une vie meilleure. Au moyen d'approches expérimentales, on reconsidéra radicalement les différentes options de mouvement et de perception de l'individu afin de définir "l'Homme nouveau". On aspirait vivement à de nouvelles formes de vie, on rêvait d'un "Homme nouveau" évoluant dans une société conçue autrement.

Le Bauhaus entendait améliorer les pratiques de la vie quotidienne et structurer la société comme un tout. En créant l'école, Walter Gropius avait en tête une vaste utopie dans laquelle tous les arts, libéraux et appliqués, seraient unis au service de l'Homme nouveau et prendraient part à son éducation. L'utopie créatrice du Bauhaus consistait à chercher résolument la réalisation des choses, à concrétiser des découvertes estimées justes par le biais d'un travail collectif. À travers leur travail de création, les professeurs et les étudiants du Bauhaus voulaient gommer les différences sociales et contribuer à l'entente des peuples.

Suivant la devise "Les besoins du peuple plutôt que les besoins de luxe", on devait produire des objets modèles pour la société à venir. Dans leur forme simple et sobre, les produits du Bauhaus représentent une révolution conceptuelle. La forme se soumet entièrement à la fonctionnalité, ou plutôt : "la forme vient après la fonction". De nombreux produits conçus par le Bauhaus sont encore aujourdhui connus dans le monde entier ; par exemple, la chaise Freischwinger, la lampe Wagenfeld ou les papiers peints du Bauhaus. Toutefois, ils ne répondent pas à la volonté de satisfaire les "besoins du peuple" car ce sont souvent des objets design coûteux.

Comme pour d'autres mouvements qui ont précédé le Bauhaus, il s'agissait de trouver une réponse à l'industrialisation et à ses conséquences. L'avant-garde qui se retrouvait au Bauhaus avait l'ambition de devenir une force capable de changer la société, en créant un individu moderne, en donnant une forme à son environnement. La "construction de l'avenir" devait être pensée et créée par une communauté transdisciplinaire. Le défi consistait à canaliser ces grandes idées utopiques dans un cursus de formation bien réel. Leur engagement était lié à une forte exigence sociale, mais on retrouvait dans la création et dans la pensée du Bauhaus de nombreuses ambivalences entre idéaux et réalité. Gropius développait l'idée de la compatibilité entre l'individualisation et la standardisation, qui n'était pas seulement irréaliste d'un point de vue architectural. La concomitance de l'individualisation et de la standardisation rencontra rapidement ses limites dans la construction d'habitations. Néanmoins, les influences du Bauhaus sont encore présentes aujourd'hui, notamment cette posture idéaliste et cette volonté de repenser les choses de fond en comble.

Citation de Lothar Schreyer :

« Le mot 'utopie' hante depuis quelque temps le Bauhaus et tous ceux qui sont en contact avec le Bauhaus à Weimar, ce qui a conduit les gens à s'inquiéter : dans quelle mesure le Bauhaus pourrait-il devenir réalité ou bien devrait-il rester à l'état d'utopie? In fine, l'utopie est une idée dont la réalisation paraît d'emblée impossible aux yeux de tierces personnes ».

Angela Pfotenhauer écrivit pour monumente-online.de en juin 2009 dans son essai „Fasse Dich kurz!“ (Résume !) Il y a 90 ans, le Bauhaus réclamait la révolution plutôt que la décoration :

« [...] Avec la "Construction nouvelle" ("Neues Bauen"), on voulait créer des espaces pour l'Homme nouveau ("Neuer Mensch"). Et cet Homme nouveau était le citoyen souverain d'une société démocratique dans laquelle ouvriers et employés avaient les mêmes droits et les mêmes devoirs que les industriels et les représentants de la grande bourgeoisie. Pour le Bauhaus, il en allait de la révolution, pas de la décoration. Mais la révolution ne fonctionne pas avec des pièces uniques exclusives vendues à des prix exhorbitants et destinées à une petite élite esthète. C'est la raison pour laquelle le programme prévoit une observation de tous les processus de production afin de simplifier ceux-ci et de produire à moindre coût, plus rapidement et en grandes quantités.

Les architectes qui travaillaient au niveau communal dans les années 1920 pouvaient constater tous les jours, que ce soit à Berlin, Dessau ou Francfort-sur-le-Main, la grande pauvreté et les conséquences des maladies, comme la tuberculose, qui se propageaient sous forme d'épidémies à cause du manque d'hygiène dans les habitations et de pièces mal chauffées, mal aérées. Hier comme aujourd'hui, le défi reste le même : comment peut-on assurer pour le futur à un nombre croissant de gens un logement propre, sain et abordable au plan financier ? Cela n'est possible que si l'on analyse soi-même tout le processus de construction et qu'on le rationalise, qu'on standardise les dimensions autant que possible, qu'on produise les éléments de construction indépendamment des conditions météorologiques et des saisons et qu'on puisse finalement assembler ceux-ci rapidement sur un chantier prêt à les accueillir. Les élèves et les enseignants avaient déjà pris en compte ces aspects dans plusieurs expérimentations ; Ernst May montra par la suite, avec le plan général de la ville de Francfort-sur-le-Main, comment il est possible de développer ce concept dans la réalité et à grande échelle [...] ».

Source :

https://www.monumente-online.de/de/ausgaben/2009/3/fasse-dich-kurz.php

VOM BAUEN DER ZUKUNFT– 100 JAHRE BAUHAUS, (Construire l’avenir : les 100 ans du Bauhaus), Niels Bolbrinker, Thomas Tielsch, All 2018 | 90 minutes

http://icarusfilms.com/if-bau

bauhaus utopien. Arbeiten auf Papier, (Utopies du Bauhaus. Travaux sur papier), Herzogenrath, Wulf (sous la direction de), Éditions Cantz, Stuttgart 1988, broché, ISBN: 3922608973

https://www.abebooks.com/9783922608974/Bauhaus-Utopien-Arbeiten-Papier-3922608973/plp

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