Malgré les circonstances difficiles liées à la pandémie et les restrictions de déplacement qui en ont découlé, la plupart des résidences prévues ont pu avoir lieu. Une série d'œuvres fantastiques a vu le jour et les échanges avec des créatrices et créateurs d'un autre environnement a enrichi le travail artistique de toutes et tous. Dans cette série de vidéos, les résidentes vous présentent en mots et en images leur travail dans le cadre du projet.
Perspectives circumpolaires
La crise climatique menace toutes les sociétés, en particulier celles qui vivent dans le Nord circumpolaire. Si les connaissances autochtones sont de plus en plus reconnues dans les discours internationaux, c’est parce qu’elles sont surtout considérées comme une réponse au défi du changement climatique. Le programme reconnaît le lien et l'interdépendance entre l'urgence de la crise climatique et la pertinence des droits des peuples autochtones et de l'autodétermination. Le projet est un point de départ pour partager des connaissances et relier les discours du Nord avec ceux du Sud.
Les programmes de résidence existants et nouveaux au Nunavik, en Finlande, en Yakoutie, en Norvège et à Sápmi forment un réseau pour les artistes et les chercheurs dans le cadre de ce projet.
Buts du réseau de résidences:
- Mettre en place un échange entre les différents programmes de résidence dans le Nord circumpolaire.
- Développer une pratique d’échange circulaire entre les résidences en facilitant les interactions entre les artistes et les communautés locales ainsi que le partage de savoir et de connaissances pratiques.
Marie-Andrée Gill
Marije Jenssen
Tanja Maria Koistinen
Tatiana Filippova
Svetlana Romanova
Nancy (Niap) Saunders
¹ Le titre du projet vient de la longue lutte des Inuits pour leurs droits par rapport au changement climatique. Le livre du même titre de Sheila Watt-Cloutier (2015, Allen Lane Publication), témoigne de son travail de pionnière pour lier le changement climatique aux droits de l'homme avec la pétition inuite qu'elle et 62 autres Inuits du Canada et de l'Alaska ont soumise à la Commission interaméricaine des droits de l'homme à Washington DC en 2005. Les représentants des Inuits et les militants du changement climatique utilisent cette phrase dans leur combat dans l'espoir que les dirigeants politiques reconnaissent à quel point leurs communautés sont touchées par le changement climatique. Même si la Commission n'a pas accepté la pétition des Inuits, une audience historique sur les implications juridiques et les liens entre le changement climatique et les droits de l’homme a eu lieu. Okalik Eegeesiak, l'ancienne présidente du Conseil circumpolaire inuit (CCI), a utilisé cette phrase dans son discours à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique COP 21 à Paris le 3 décembre 2015 : « Le changement climatique n'est pas seulement une question environnementale, c'est une question de droits de l'homme, et la fonte de l'Arctique affecte tous les aspects de la vie des Inuits. Par conséquent, le texte final doit faire valoir les droits des peuples autochtones et les maintenir dans l'article 2.2. Nous avons le droit au froid », a soutenu Eegeesiak.
Le Goethe-Institut
Le programme « The Right To Be Cold » a été développé avec les conseils de Tero Mustonen (Snowchange) et d'Elin Már Øyen Vister (Røst AiR). Le Goethe-Intitut tient également à remercier toutes les personnes qui y participent actuellement pour leur contribution : Aka Niviâna, Assinajaq, Institut culturel Avataq, Dáiddadállu, Giovanna Esposito Yussif, Malakta, Patricia Rodas, Sámi Dáiddaguovddáš, Stina Aikio, Sunna Nousuniemi, Musée national d'art de la République de Sakha.
La chaîne de résidences s’inscrit dans le dossier The Right To Be Cold, qui regroupe un nombre croissant de textes de personnes provenant du Nord circumpolaire autour du thème « Justice climatique pour l’Arctique". Ce dernier est à son tour intégré dans le magazine en ligne Ecologues - How We Survive the Human Age, lequel comprend des contributions d’expert.e.s du monde entier.